Super-Héros

Rai, Intégrale 1

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Titre : Rai, Intégrale 1
Cycle/Série : Rai, cycle 1 : épisodes #1-12
Scénariste : Matt Kindt
Dessinateur : Clayton Crain
Éditeur : Bliss Comics [site officiel]
Date de publication : 10 novembre 2016 (2015 en VO chez Valiant Comics)

Synopsis : Nous sommes en l’an 4001. Le Japon, par la volonté de son leader, l’intelligence artificielle nommée Père, est désormais une station orbitale gigantesque surplombant une Terre ravagée. Les millions d’habitants du Néo-Japon sont protégés par un gardien solitaire : Rai. On dit qu’il peut apparaître instantanément. On dit de lui qu’il est un esprit… le fantôme du Japon millénaire. Mais lorsque le premier meurtre commis en mille ans menace de déstabiliser l’omnipotence de Père, Rai est confronté au véritable visage de la nation qu’il défend… et à sa propre humanité perdue…
Voyagez dans le futur lointain de l’univers Valiant, dans un récit de science-fiction à couper le souffle imaginé par Matt Kindt (Divinity, The Valiant, Ninjak) et l’artiste star Clayton Crain (X-Force, Ghost Rider, Carnage).
Ce volume rassemble le premier cycle de la saga du protecteur du Néo-Japon, contenant les douze premiers chapitres ainsi que des histoires courtes et des bonus inédits.

Ces Luddes ont tué quelqu’un. Pour la première fois depuis mille ans. C’est mal, je sais. Mais… ça signifiait aussi que j’allais réaliser l’un de mes objectifs de vie : voir Rai en vrai.

Après s’être lancé avec des séries comme Divinity, The Valiant ou Bloodshot Reborn, Bliss Comics est passé fin 2016 à la vitesse supérieure en publiant certaines séries sous la forme d’épaisses intégrales soignées éditorialement. Rai est un bon exemple du rattrapage effectué vis-à-vis de ce qu’avait publié Panini Comics de façon anarchique.


Rai, c’est l’univers Valiant en 4001

Rai est le gardien ancestral du Néo-Japon. En effet, depuis que ce pays s’est concrètement élevé au-dessus des territoires purement terrestres, il est sous la coupe/protection de Père, entité omnipotente qui intervient dans les différentes strates de la mégapole par l’intermédiaire de sa création, Rai. En cette année 4001, Rai veille donc au grain ; pourtant, un meurtre vient d’être commis au moment où vous ouvrez ces pages. Et de cet événement, va découler une prise de conscience violente de la part de Rai sur son environnement. Puisqu’il peut se déplacer où il veut quand il veut dans Néo-Japon, Rai est le justicier parfait. Toutefois, il est l’héritier d’une longue lignée de Rai, car son créateur, dirigeant de Néo Japon, « Père », semble avoir déjà dû affronter la prise de conscience de son gardien suprême.

Entre Minority Report et Matrix

Matt Kindt tisse une histoire un brin cyberpunk dans un monde très futuriste : deux mille ans dans le futur, il prend de l’avance sur les autres séries de l’univers Valiant Comics, mais dans une optique liée au volume suivant qui est très englobant. Ici, le récit s’emballe assez vite, d’autant qu’il est construit à la fois sur la prise de conscience de Rai sur sa condition et sur le drame imposé à la jeune héroïne. C’est le parallèle entre les deux qui permet au lecteur de s’immerger dans l’histoire qui peut paraître au départ un brin convenu. La quête de vérité n’est pas forcément neuve, mais le rythme est soutenu et ne laisse pas de répit dans la découverte des différents personnages.

Des dessins qui claquent !

Le très gros plus est à trouver du côté des dessins. En effet, Clayton Crain dépeint une ambiance sombre à souhait. Classiquement, mettre en scène un récit noir peut être assez difficile si les ombres et les lumières sont mal gérées. De deux choses l’une, soit il faut renforcer le côté « darkness » du récit en accentuant ombres et mystères (Frank Miller l’a fait comme personne dans Sin City), soit il faut pouvoir donner de la grandiloquence à l’environnement pour compenser tous les aspects sombres. Ici, c’est cette deuxième possibilité qu’utilise Clayton Crain et il le fait d’une façon tellement belle que les décors, normalement très moches dans la réalité, deviennent magnifiques sous ses outils. Le lecteur pourra passer de longues minutes à détailler sa manière de souligner la plastique de Rai grâce à la pluie qui ruisselle ou aux rayons créés par ses déplacements dimensionnels au sein de Néo-Japon.

Même si l’histoire n’est sûrement pas totalement neuve, Rai est un comics qui brasse beaucoup de thèmes cruciaux et qui bénéfice surtout de visuels magnifiques.

Voir aussi : Intégrale 2

Autres critiques :

Kaamelotien de souche et apprenti médiéviste, tentant de naviguer entre bandes dessinées, essais historiques, littératures de l’imaginaire et quelques incursions vers de la littérature plus contemporaine. Membre fondateur du Bibliocosme.

5 commentaires

  • lutin82

    Je suis tout à fait d’accord avec toi. Et comme toi les dessins sont un des énormes points forts. D’ialluers, c’est la raison initiale qui m’a fait opté pour cette BD.
    Bref, je suis 100% d’accord.

    • Dionysos

      L’avantage de Valiant, c’est que chaque histoire peut se lire indépendamment (ou alors il y a peu d’exceptions, Book of Death peut-être, et encore). Mieux vaut commencer par une série qui semble attirante par son thème ou ses dessins et découvrir d’autres séries de proche en proche. Le catalogue de Bliss Comics est plutôt bien fait de ce point de vue, pour inciter à passer d’une série à la suivante. 😉

    • Dionysos

      Personnellement, j’y suis revenu par l’album The Valiant, crossover sur un événement particulier où on plonge direct dans l’action sans se poser de questions et où les personnages sont tout à fait compréhensibles. À mon avis, Rai et Infinity sont de bons exemples de ce que Valiant peut proposer d’original.

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