Sin City 2

Titre : J’ai tué pour Elle (A Dame to Kill for)
Série : Sin City, tome 2
Auteur : Frank Miller
Éditeur : Rackham
Date de publication : 23 septembre 2013
(2e édition VF, et 1994 en VO chez Dark Horse Comics)

Synopsis : Une femme, forcément fatale, rôde dans Sin City, la ville du péché, et elle a choisi sa proie, un homme, forcément crédule, car après le corps à corps brûlant, la mante religieuse se débarrasse toujours du mâle. Avec « J’ai Tué pour Elle », second volet du cycle de Sin City, Miller poursuit l’exploration de sa ville en noir et blanc : le noir de la mort et le blanc du dernier instant.

Note 3.5

Encore une de ces nuits brûlantes et sèches. Une nuit sans vent. Une de ces nuits qui fait faire aux gens des trucs secrets et bien moites.

Et voici J’ai tué pour elle, deuxième tome de la série à succès d’un Frank Miller sombre à souhait qui poursuit son exploration dantesque de l’univers terriblement glauque de Sin City.

Disons-le tout de suite, cet opus est largement moins survolté que son prédécesseur. À les comparer (c’est inévitable), cette histoire fait un peu copiée-collée de la précédente, surtout quand on enchaîne la lecture des deux premiers tomes. On retrouve Marv, mais en tant que simple guest, sorte de side-kick d’un Dwight tenant le haut du pavé dans le rôle du brutal amoureux transi. Le recoupement de certaines scènes selon des angles de vue différents est intéressant, dans une idée de cohérence d’univers, mais cela renforce parfois l’aspect répétitif.

Pour illustrer ce déchaînement de passions vengeresses et vénales, les dessins de l’auteur se veulent tous aussi énigmatiques et violents dans le geste comme dans le contenu. Quelques effets par-ci par-là, une très bonne utilisation du noir et blanc : Frank Miller connaît son sujet et se passe admirablement de toute coloration en jouant sur les contrastes et la lumière. S’il y avait un bémol à formuler dans le graphisme, il serait à l’encontre de certaines chorégraphies de combat, trop spectaculaires pour être réalistes, mais c’est minime. De plus, notons que nous avons là une bien meilleure place des femmes, tantôt salvatrices, tantôt manipulatrices, et cela transparaît jusque dans la nouvelle couverture signée Frank Miller.

Il faut signaler également, puisque c’est une réédition, que nous avons entre les mains un bel objet : d’un blanc légèrement maculé de sang et entaché uniquement de l’essentiel. Quand ce volume vient rejoindre son grand frère, le premier opus, cela fait son petit effet dans la bibliothèque… vivement les autres !

Un deuxième tome moins captivant donc, de mon point de vue, et qui surtout colle trop au précédent sans s’en affranchir, ce qui déprécie l’ensemble pourtant bien agréable en tant que tel. Au point de susciter à lui tout seul une deuxième adaptation de la série Sin City au cinéma avec, notamment, Eva Green en Ava… ça promet !

Voir aussi : Tome 1 ; Tome 3 ; Tome 4 ; Tome 5 ; Tome 6 ; Tome 7