Stoner Road

11 avril 2018 2 Par Dionysos
Stoner Road

Titre : Stoner Road
Auteur : Julien Heylbroeck
Éditeur : ActuSF (Les Trois Souhaits)
Date de publication : juin 2014

Synopsis : Josh Gallows, alias Doc Défonce, file au volant de sa Pontiac sur les routes désertiques de Californie. Direction la prochaine generator party illégale où il compte bien reconquérir Ofelia, sa jolie chica mexicaine. Sauf que, arrivé sur place, le junkie constate que la fête a salement dégénéré et que sa nana pointe aux abonnés absents. Sa seule piste : retrouver les groupes qui ont joué ce soir-là. Mais lesdits rockers se révèlent peu coopératifs et le laissent pour mort en plein soleil. Il ne doit son salut qu’à Luke Lee, un redneck pur jus qui, lui, recherche sa soeur… Ainsi démarre la quête de cet improbable duo lancé sur les traces d’un mystérieux groupe de stoner rock mexicain.
Julien Heylbroeck, co-fondateur des Éditions TRASH, livre un récit nerveux et halluciné à la rencontre des freaks américains. Un road book innervé de riffs lourds, d’accents fantastiques et d’amour sous acides.

Bibliocosme Note 3.5

L’infirmier poursuivit sa route, indifférent. Josh allait poser une question quand quelqu’un le tira violemment en arrière. Il fut forcé de se retourner et fit face à une femme squelettique, au visage chevalin et aux dents proéminentes. Des touffes de cheveux manquaient sur son crâne à vif. Elle le fixait de ses grands yeux bleus délavés, complètement à poil, ses seins longs et fins pendant sur son buste rachitique et incliné. Josh resta scotché sans oser la quitter des yeux.
— Mon anus a cessé de fonctionner, aujourd’hui, à 08 h 37.

Quand il rejoint l’écurie ActuSF avec Stoner Road, Julien Heylbroeck est déjà l’auteur de plusieurs nouvelles et fascicules dans des thématiques aussi variées que l’aventure spatiale russe à partir des années 1930, le monde du catch mexicain et le gore trasheux à l’ancienne. Avec Stoner Road, il ajoute à ces passions le rock sous acide en plein désert !

Stoner Road est une odyssée. Tel Ulysse cherchant son Ithaque, Josh Gallows, alias Doc Défonce, est en quête de sa petite amie avec laquelle il s’est encore disputé. Préparez-vous à le suivre dans cette recherche à travers des lieux et des actions franchement « en marge ». De bars louches en salles de concert cradingues, en passant par un asile psychiatrique perdu au fin fon de nulle part, Josh et les acolytes qu’il peut rencontrer au hasard de son aventure ne rôdent pas dans des endroits très bien famés. Mais vu que sa copine semble avoir disparue contre son gré, c’est qu’il va falloir aller creuser la fange pour la retrouver.

C’est une lecture qui se lit à fond la caisse, une lecture très positive, mais notamment positive aux amphétamines et aux acides, car on côtoie constamment les démons de la drogue et les affres des « bad trips » : ce n’est pas pour faire un côté trash, cela justifie aussi l’apparition du fantastique dans ce récit. L’aventure se révèle alors rythmée et enlevée ; l’auteur réussit à surprendre, non seulement par quelques moments d’épouvante, au départ passagers, mais ensuite avec un humour caustique en décalage avec les horreurs rencontrées au fur et à mesure de notre route.

Julien Heylbroeck teinte son « road movie » de bariolés trash en toute fin de parcours quand il s’agit de plonger dans des rêves très orientés vers le « fantastique d’horreur », divinités des abysses et morts-vivants en appétit à l’appui. En effet, il convoque un semblant de mythologie mexicaine entre démiurge tout-puissant et populasse de possédés qui se sont laissés prendre à ses pièges. Cette montée en puissance est soulignée par la bande son proposée directement par l’auteur qui semble avoir fait du stoner rock un fil rouge.

Stoner Road est une réussite et tout à fait dans la veine éditoriale d’ActuSF : enlevé, un peu fou-fou et volontairement sur les marges des littératures de l’imaginaire. C’est plaisant !

Autres critiques : Joyeux Drille (Appuyez sur la touche Lecture !) ; Xapur (Les Lectures de Xapur)

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