Titre : Le Fils de Superman
Série : Superman Rebirth, tome 1
Scénaristes : Patrick Gleason, Peter Tomasi
Dessinateurs : Patrick Gleason, Doug Mahnke
Éditeur : Urban Comics
Date de publication : 7 juillet 2017

Synopsis : À la mort du Superman de la Renaissance, l’esprit de vérité et de justice qu’il représentait a semblé disparaître avec lui. Mais un Homme d’Acier bien plus aguerri restait à l’affût, opérant dans l’ombre. Et il est grand temps pour ce protecteur d’une Metropolis parallèle de reprendre le flambeau, car l’Eradicator est en route pour la Terre, et aucune forme de vie ne semble pouvoir lui résister…

– Mais c’est quoi ce tee-shirt?
– Cool non? Je l’ai trouvé dans une friperie de la ville avec maman. Y a le « S » et tout dessus.
– Je vois ça. Tu portes l’emblème pour être qui? Superboy ?
– Non. Des tas de gens portent le symbole de Wonder Woman, voire de Batman…
– Je voulais simplement me sentir « super », comme toi.

Parmi toute la pléiade de Comics DC qui ont commencé à rejoindre les étals de nos librairies préférées, il est à mon sens un point positif commun sur lequel on peut s’accorder: tous ont la bonne idée de nous attirer par de superbes couvertures. Tous? Non, parce que Superman Rebirth, si l’on se fie à ce seul premier aperçu, déçoit. Urban Comics a décidé d’y mettre en avant un personnage que nul ne connaît, même si l’on comprend évidemment au premier coup d’oeil de qui il va s’agir par la suite. Bref, l’attrait n’est pas si fort que pour les autres héros de Rebirth. C’est dommage, d’autant plus que ce premier volume des nouvelles aventures de Superman est de loin le meilleur de ce nouveau reboot jusqu’ici. Ce n’était pourtant pas gagné d’avance.


A Force de reboot et de films de qualité mitigée sur grand écran, les scenarii de DC n’ont guère de quoi me rassurer. Et à première vue, Superman ne fait pas exception à cette règle: l’Homme d’Acier du New 52 (le précédent reboot) est mort. Heureusement, un autre superman, un autre Clark Kent vit déjà sur Terre en prenant bien garde de cacher son existence. Mieux encore, celui-ci est marié à Lois Lane, mais surtout, ils ont un fils, Jon. Tout trois sont arrivés après avoir fuit leur monde,l’une des Terres parallèles de l’univers DC Comics. Rien que ça, me direz-vous? Ce n’est pas rien effectivement. Ce Superman, fort de son expérience d’une autre Terre, révèle son existence à la Justice League à la mort du précédent Superman avant de se retirer. Les membres de la Ligue , Batman en tête, hésitent à lui faire confiance. Les événements poussent néanmoins cet autre homme d’acier à agir. Le récit s’ouvre sur la rencontre entre Lana Lang et cet autre Clark Kent (Smith en fait, puisqu’il se cache) sur le tombeau de Superman, tué en sauvant la planète de Doomsday. Le lien avec le film Batman V Superman est évident. Son objectif ici? Rien de moins qu’emporter la dépouille de feu Superman pour réaliser sa résurrection à l’aide d’un artefact kryptonien entreposé dans la Forteresse de solitude… qui a permis, dans son monde, sa propre résurrection. Mais d’artefact, cette fois, point. Un seul choix possible, Superman avait choisi de protéger la Terre, Superman protégera à nouveau la Terre. L’Homme d’Acier est de retour, sans slip, et s’évertue à mener dans le même temps sa petite vie de famille, voyant son fils développer ses pouvoirs.

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A première vue le scénario de Superman Rebirth est fort alambiqué, et d’aucun trouveront que c’est peut-être trop capillotracté. L’écriture de Patrick Gleason (Batman & Robin précédemment) est cependant une vraie réussite dans ce premier volume. L’on y retrouve des références appuyées à des aventures plus anciennes de l’Homme d’Acier, La Mort de Superman en tête (Dan Jurgens, 1992), qui est loin d’être la plus mauvaise des références. C’est dans ce récit qu’apparaissent en effet les personnages de Jon, alors clone adolescent de Superman et de l’Eradicator, que l’on retrouve dans ce nouveau volume. De même, c’est là que l’on trouve les éléments principaux menant à la résurrection de Superman. L’influence de cet opus est donc très forte dans ce premier volume. Néanmoins c’est de mon côté l’autre partie du récit qui me séduit surtout dans Superman Rebirth. Ce nouveau Superman est longtemps resté terré dans sa petite campagne, y menant une vie tranquille de père de famille. Le personnage de Clark est lui-même bien écrit, pétri des craintes de voir son identité divulguée et par conséquent de voir sa famille prise pour cible. Il n’est en somme, malgré ces pouvoirs immenses, qu’un père de famille qui cherche d’abord à protéger les siens. L’influence d’Identité Secrète, une autre histoire de Superman que j’apprécie particulièrement, se fait sentir ici. Un grand bravo, aussi, pour l’écriture de Lois Lane, qui n’est plus une journaliste potiche, mais une auteure sous pseudonyme et une mère de famille au caractère bien trempé qui protège son fils à tout prix. Le fils, Jon, est l’ultime personnage du trio Smith/Kent. Plus classique, le jeune garçon est en construction, à la recherche de sa propre identité, à moitié humaine, à moitié kryptonienne, alliant à la fois pouvoirs en devenirs et vulnérabilité toute humaine. Il est un héros en devenir, affublé de son sweatshirt superman acheté à la boutique du coin, mais son père entend bien le préparer à prendre, un jour la relève. Arrivé au terme du récit, le lecteur peut toutefois se demander légitimement si les volumes à venir se concentreront davantage sur ce petit Superboy que sur Superman. Un équilibre justement trouvé dans ce premier volume, que l’on espère voir préserver pour la suite.

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Aux illustrations, Patrick Gleason (ah oui, parce qu’il dessine aussi) et Doug Mahnke font eux aussi du très beau boulot. L’inspiration de La Mort de Superman est aussi bien présente avec quelques cases qui sont comme des réactualisations et un hommage à cette histoire. Le visage de Superman n’est parfois pas sans rappeler non plus celui de All-Star Superman. Les visages sont d’ailleurs en règle une générale une belle réussite, de même que les environnements, et plus particulièrement lors des scènes nocturnes. Lorsque les personnages sont plus éloignés, le niveau de détail s’amenuise logiquement, avec parfois un petit effet de flou. L’alternance des scènes superhéroïques et des scènes plus familiales est une franche réussite. Les scènes d’actions, enfin, sont quant à elles construites avec efficacité et dynamisme. L’impression de grandiose de ces scènes est judicieusement mis en scène par de superbes planches en double page. Mention spéciale au méchant de ce premier volume, plutôt charismatique et badass. Pourvu que les crayons ne changent pas de mains!

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Enfin le DC Rebirth prend son envol et rassure. Le fils de Superman est un premier volume qui se lit sans faim, bien écrit, bien illustré, autant sensible que dynamique. Parmi cette série de reboot, il est le premier dont j’attends impatiemment la suite. Même si Superman est dépourvu de slip.

Autres critiques : Batman Rebirth ; Justice League Rebirth ; Suicide Squad Rebirth ; Wonder Woman Rebirth