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Titre : All-Star Superman
Scénariste : Grant Morrison
Dessinateur : Frank Quitely
Éditeur : Urban Comics (DC Essentiels)
Date de publication : 7 juin 2013 (2005-2008 en VO chez DC Comics)

Synopsis : Lex Luthor a commis l’impensable : condamner à mort Superman, via un empoisonnement. Avec à peine quelques semaines à vivre, le héros décide de consacrer le temps qui lui reste à la réalisation de douze travaux surhumains, et de laisser un legs inédit à sa planète d’adoption.

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Attila le Hun. Gengis Khan. Al Capone. Adolf Hitler. Lex Luthor…

Est-il possible de zapper la lecture d’All-Star Superman ? Clairement, non. Avec cet album All-Star, DC Comics voulait rameuter de grands noms sur un Superman bien souvent malmené, le pari semble bien réussi, car avec Grant Morrison et Frank Quitely nous avons là un duo chic et choc !

 

All-Star Superman se veut la quintessence du symbole « Superman » par un duo Grant Morrison – Frank Quitely particulièrement au top, et tout est là ! Tel le Dark Knight Returns de Frank Miller pour Batman, on nous narre ici l’ultime aventure de l’Homme d’Acier. Habilement empoisonné par Lex Luthor, Superman n’a plus qu’un an à vivre. De ce point de départ, Grant Morrison tire deux avantages : non seulement il se libère d’une continuité future, puisque ce sera une aventure ultime et donc sans suite (en revanche, comme nous allons le voir Grant Morrison adore rappeler la continuité passée par moult détails et références tordues), mais en plus, il peut se permettre de pousser la réflexion sur la mort du plus grand des super-héros au maximum.

Dans cette optique, Superman accomplit là douze travaux, tel l’Hercule antique. L’astuce de Grant Morrison est alors de ne pas faire correspondre un de ces travaux avec chaque épisode, mais il cherche plutôt à les noyer dans une trame terriblement logique et implacable, humaine en somme. Vraiment, même avec ses gadgets, ses connaissances et ses aventures surréalistes, Superman est si humain ; il suffit de regarder les postures que lui fait prendre Frank Quitely pour s’en convaincre. Las, rêveur ou passionné, l’aspect « Clark Kent » est loin d’être négligé (contrairement au premier film Man of Steel, d’ailleurs) et sert même davantage à montrer combien la vie de Superman est complexe et constamment animée : à nous, lecteurs, de déceler tous les actes d’héroïsme au quotidien que les auteurs ont dissimulé à chaque apparition de Clark. Même mourant, Superman est plus étincelant que jamais.

Bien sûr, nous pouvons nous sentir parfois perdus devant l’amoncellement de références au passé de l’Homme de Demain, notamment des éléments de l’Âge d’Or des comics (années 1940-1950) comme un Lex Luthor bien plus scientifique fou que milliardaire irascible, et bien d’autres loufoqueries que Grant Morrison réutilise à merveille. Toutefois, l’ensemble est tellement bien enrobé scénaristiquement et graphiquement que cela se lit d’une traite, au risque peut-être de louper quelques menus détails, tant ce volume est riche. Pour une fois, Superman n’est pas uniquement narré par le biais de ses pouvoirs hors-normes, et pourtant ils sont plus incommensurables ici que n’importe quelle autre histoire.

L’édition d’Urban Comics met ainsi en valeur cette puissance avec un volume qui ne l’est pas moins : une belle préface et une vingtaine de pages de bonus qui se lisent avec curiosité mais demandent pas mal de temps supplémentaire de lecture. Ils agrémentent également la première édition d’un DVD/Blu-Ray toujours bien sympathique à posséder.

C’est donc sûrement dans ce roman graphique, qui joue sur les contrastes, que se trouve la quintessence de Superman, avec un but « simple » pour lui : être humain avec des pouvoirs surhumains, être l’Hercule des temps modernes. Un but servi par un duo des plus complémentaires. À ne surtout pas laisser passer !