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Titre : Année Un
Série : Wonder Woman Rebirth, tome 1
Auteur : Greg Rucka
Dessinateur : Nicola Scott
Éditeur : Urban Comics
Date de publication : 2017 (juin)

Synopsis : Il y a cinq ans, le monde a découvert les premiers super-héros avec Batman et Superman, mais rien ne les préparait à l’arrivée de Diana, la princesse amazone de Themyscira ! Ayant accompagné l’agent de l’A.R.G.U.S. Steve Trevor dans ce qu’elle appelle « le monde des hommes », elle se voit attribuée le pseudonyme de Wonder Woman et rencontre ses premiers ennemis

Le lieutenant commandant Michaelis a partagé votre debriefing, il a parlé d’une île de femmes sorties d’un film de gladiateurs dotées d’une technologie qu’on verrait dans une série de science-fiction

Ce n’est un secret pour personne, Wonder Woman est actuellement plus sous le feu des projecteurs que jamais avec la sortie du film éponyme, nouvelle étape dans le DC Comics Cinematographic Universe. Le choix de rebooter à nouveau l’univers DC avec le calendrier des sorties cinéma de la firme n’est évidemment pas une coïncidence. Mais n’y a-t-il pas un risque à vouloir trop en faire en même temps ? J’ai l’avantage de me lancer dans Wonder Woman avec un oeil profane. Je ne me suis que très rarement frotté aux aventures de la princesse des Amazones. C’est ainsi l’occasion de s’assurer que Rebirth s’adresse autant aux débutants qu’aux lecteurs chevronnés. On peut le dire tout de go, Wonder Woman est de ce point de vue une réussite. Nul besoin de connaître la mythologie façon DC, pas plus que la mythologie grecque d’ailleurs.

Peuple légendaire de l’Antiquité grecque, le peuple amazone, composé exclusivement de femmes terriblement guerrières, s’est réfugié sur une île dissimulée aux yeux du commun des mortels grâce aux bons soins des dieux de l’Olympe. Vivant depuis des siècles séparées du monde des hommes, ces derniers en sont venus à oublier leur existence tandis que les Amazones s’efforcent quant à elles de les ôter de leurs souvenirs. La princesse Diana, cependant, montre pourtant une insatiable curiosité à leur égard, scrutant, non pas la voûte céleste comme ses sœurs, mais l’horizon. Peut-être cette curiosité sera-t-elle enfin comblée quand un avion de l’armée (américaine, cela va sans dire) s’écrase sur les rivages de l’île, dont un seul homme sort vivant, le beau Steve Trevor ?

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L’histoire de fond de Wonder Woman n’est pas sans charme. Ce premier volume raconte avant tout la rencontre entre deux mondes qui se sont longtemps ignorés. C’est un peu le choc des civilisations de Samuel Huntington. D’un côté, l’île amazone avec ces femmes taillées comme des blocs de glace, avec leur culture encore empreinte de magie et de mysticisme mais non pas dénuée d’un savoir profond, de l’autre le monde des hommes baignant dans la consommation et marquée par le fléau du terrorisme. Le chapitre inaugural de ce Wonder Woman met d’ailleurs en miroir la vie dans ces deux mondes, alternant les cases des vies parallèles de Steve Trevor et de Diana. Ce chapitre se termine un peu en queue de poisson néanmoins. La construction de ce chapitre est plutôt une réussite et aboutit forcément à la rencontre des deux principaux personnages. La dimension pseudo historique est amenée de façon agréable par le personnage de Barbara Ann Minerva (celle-là, son nom ne la prédestine pas du tout à un rôle particulier dans le futur, j’en mettrais ma tête au feu). Archéologue de formation, celle-ci a voué sa (jeune) vie à l’étude des amazones et elle est apparemment la seule à pouvoir, de prime abord, converser avec notre héroïne. Diana fait, pendant une bonne partie du récit, figure d’ambassadrice des Amazones dans le monde des hommes avant de trouver progressivement ses pouvoirs de manière plus ou moins convaincante, lui permettant de faire face à un étrange groupe de terroristes, le Sear. Mine de rien, cette histoire, si elle ne brille guère par son originalité (la situation d’Aquaman est assez similaire), se laisse suivre agréablement.

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Malheureusement, cette histoire est aussi trop rapidement éclipsée au second plan. Vite, beaucoup trop vite, l’on prend conscience que Wonder Woman Rebirth va largement se construire assez largement autour de la relation amoureuse naissante entre Wonder Woman et Steve Trevor. Au cas où le lecteur lambda serait trop bête pour s’en rendre compte, il a été jugé bon d’entourer dans une case le visage de Steve de petits cœurs quand celui-ci admire la donzelle d’un mètre quatre-vingt cinq sans talons (nous dit-on). Parce que oui, Wonder Woman risque bien d’être une histoire fortement à l’eau de rose, c’est déjà un peu trop évident. Clairement, avec son héroïne, DC escompte attirer un public féminin nombreux. Cela ne me gêne absolument pas. Bien au contraire, les festivals et salons en sont la preuve, les femmes sont trop rares, tant dans le public que de l’autre côté du livre. Mais les ficelles sont trop évidentes, et doublées lors de quelques scènes peu utiles (une scène avec la fille de feu le comparse de Steve). L’on peut y ajouter les contours esquissés d’une possible relation amoureuse entre deux personnages féminins au détour d’une conversation portant sur la poésie de Sappho (comme par hasard). Enfin, peut-être m’avance-je trop, mais je décèle aussi une petite orientation politique derrière Wonder Woman. La mère de la petite susmentionnée ne souhaite-t-elle pas par dessus tout que Steve, mène à bien la mission qui a coûté la vie à son mari ? Ne voit-on pas Steve, le sourire aux lèvres, canarder en tous sens (sur on ne sait pas trop quoi d’ailleurs) ? Steve n’a-t-il pas une coiffure blonde étrange comme… ? Non, non, là je m’égare, et je plaisante. Ces deux petits éléments m’ont néanmoins étrangement marqués.

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Cette volonté de séduire un public plus féminin qu’a l’accoutumée n’est peut-être pas innocent quant aux choix de confier les crayons de ce reboot à une dessinatrice, Nicola Scott, en grande partie du moins. J’ai l’impression que cette petite patte féminine se ressent nettement dans le dessin, les formes, les couleurs aussi, plutôt très vives, lumineuses. Mais peut-être est-ce moi qui fait une fixation. Reste que Steve Trevor passe quand même le plus clair de son temps torse nu, exhibant ainsi fièrement son impressionnante musculature. Tout est bon. Un homme blessé et hop j’enlève ma chemise et la déchire pour en faire des bandages. Je me moque un peu, mais après tout, c’est très bien et pour une fois, ce n’est pas une femme qui se retrouve à moitié nue pour des prétextes pas plus intéressants. Cela n’en reste pas moins surprenant tant c’est peu habituel. Pour ce qui est du coup de crayon de la dessinatrice en lui-même, je n’en suis pas fou. J’ai un véritable problème avec quelques visages et surtout quelques regards qui ont tendance à loucher un peu. Ou alors il est volontaire d’avoir voulu donner un regard de truite à Wonder Woman. Ce n’est quand même pas très gentil pour elle, ni très charismatique. Certains de ses sourires ou de ses expressions béates ne sont pas particulièrement réussies non plus. La tristesse est en revanche bien mieux rendue. Sont enfin à noter, de ce que j’ai pu percevoir, quelques petits soucis de proportion, dont un m’a semblé flagrant.

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Le premier volume des aventures Rebirth de Wonder Woman laisse un avis mitigé, voire un peu plus que cela. L’histoire laisse espérer des aventures avec un beau potentiel, mais il ne faudrait pas que les relations entre les personnages prennent le dessus. Pas si vite. DC nous y a trop habitué avec ses séries TV (Arrow, Flash…), mais pitié, pas dans les comics ! Tentons d’y croire…

Voir aussi : Tome 2