Téméraire 6b

Titre : Langues de serpents
Cycle : Téméraire, tome 6
Auteur : Naomi Novik
Éditeur : Le Pré-aux-clercs / Pocket
Date de publication : 2011 / 2013

Synopsis : Convaincus de trahison malgré leur héroïsme lors de l’invasion de l’Angleterre par Napoléon, le dragon Téméraire et son capitaine Laurence sont déportés dans la colonie pénitentiaire de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie. Trois œufs de dragons voyagent en leur compagnie, en vue de l’installation d’une base aérienne. Laurence et Téméraire débarquent au milieu d’un véritable nid de vipères : la Nouvelle-Galles du Sud est en proie au chaos après le renversement du gouverneur militaire. Pour s’arracher à ce bourbier politique, ils partent à la recherche d’un passage à travers les Montagnes bleues, réputées infranchissables, pour gagner l’intérieur de l’Australie. Mais quand on leur vole l’un des œufs de dragons, leur mission d’exploration se mue en une traque désespérée pour le récupérer — traque qui amène nos héros à une découverte stupéfiante, ainsi qu’à un nouvel obstacle redoutable dans la guerre qui fait rage entre la Grande-Bretagne et Napoléon.

Note 3.0

 

Après la Chine, la Turquie ou encore l’Afrique, Naomi Novik entraîne cette fois nos deux héros en Australie, où ils sont censés purger leur peine jusqu’à ce que leur fameux coup d’éclat du tome précédent se soit fait oublier. L’expédition lancée par Laurence et Téméraire à travers le pays est, pour nous lecteur, l’occasion de se familiariser avec ce nouveau territoire inquiétant, colonisé depuis peu et donc encore méconnu. En cela le roman est intéressant et l’on retrouve avec plaisir notre duo de choc ainsi qu’un certain nombre de personnages que l’on avait déjà eu l’occasion de croiser, comme Tharkay ou encore Granby et sa capricieuse dragonne Iskierka. L’auteur prend également beaucoup le temps de nous exposer le conflit intérieur de Laurence, tiraillé entre son amour pour son pays et son éducation d’une part, et de l’autre par son sens de la justice et sa relation avec Téméraire, avec toutes les réflexions que cela implique concernant les relations entre les hommes et les dragons.

Ce tome semble toutefois faire figure de temps mort, et l’auteur reconnaît d’ailleurs elle-même qu’il s’agit là davantage d’une transition en vue de la dernière trilogie qui bouclera les aventures de Téméraire et Laurence (ce sixième tome est par conséquent le dernier de la deuxième des trois trilogies). Avec « Langues de serpents » nous n’avons donc droit qu’à de faibles échos de l’avancée du conflit en Europe qui semble stagner depuis maintenant quelque temps. De même il nous tarde de retrouver les personnages que l’on a découvert dans les précédents volumes et que l’on a perdu de vue depuis quelque temps comme Catherine Harcourt et sa dragonne, Maximus et Berckley ou encore Ferris et Jane Roland. Espérons que le tome suivant, censé nous entraîner cette fois de l’autre côté du Pacifique à la découverte de la civilisation inca, rectifiera un peu le tir.

Un sixième tome en demi-teinte qui témoigne d’un léger essoufflement de la série malgré l’affection que l’on continue d’éprouver pour les deux têtes d’affiches du roman. Quelques indices disséminés ici et là laissent malgré tout bon espoir en ce qui concerne la suite des événements qui devraient à présent s’enchaîner plus rapidement et basculer un peu plus dans l’uchronie.

Voir aussi : Tome 1 ; Tome 2 ; Tome 3 ; Tome 4 ; Tome 5 ; Tome 7 ; Tome 8 ; Tome 9