Les rois navigateurs 1

Titre : Le manteau des étoiles
Cycle : Les rois navigateurs, tome 1
Auteur : Garry Kilworth
Éditeur : Mnémos (Icares) / Le livre de poche
Date de publication : 2006 / 2008

Synopsis : Les hommes du Peuple du Vent, habiles navigateurs et farouches guerriers, vivent aux confins de l’océan, dans les îles du bout du monde. Un jour, lors d’une chasse en mer, un équipage est entraîné loin des îles paradisiaques et découvre dans le Nord un étrange archipel. Un pays perpétuellement couvert de brouillard où vivent des hommes à la peau trop blanche et aux cheveux couleur de feu… De retour sur leur île avec deux hommes du Nord, les navigateurs découvrent que le roi est mort… La lutte pour la succession au trône oppose les deux fils du défunt. Accompagné d’une partie de la population et de Seuma, l’un des hommes blancs qui détient le secret du fer, Tangiia, le cadet, choisit l’exil et part pour un dangereux voyage, à la recherche d’une nouvelle île.

Note 4.0

Les eaux du lagon étaient d’une pure beauté, animées de centaines d’anémones et de gracieux poissons des rochers aux couleurs chatoyantes dont les nageoires ressemblaient à des écharpes de dentelle. Il y avait cependant un aspect plus sinistre. A l’extérieur, l’océan était peuplé de monstres ; requins capables d’avaler un bateau, calamars géants qui réduisaient les pirogues en échardes, nuées de méduses translucides à la piqûre mortelle plus nombreuses que des guêpes, baleines tueuses, serpents de mer plus venimeux encore que n’importe quel confrère terrestre… Avait-il vraiment envie de voyager sur leur territoire et prendre le risque de croiser une telle compagnie ?

 

Marre des romans d’histoire ou de fantasy inspirés des civilisations occidentales dites « traditionnelles » ? Alors plongez-vous sans tarder dans la trilogie de Garry Kilworth qui se penche dans ses « Rois navigateurs » sur la culture polynésienne antique. Le résultat ? Une sacrée bouffée d’air frais et un dépaysement total. L’auteur se consacre pour ce premier volume à la rivalité opposant deux frères, tous deux fils du roi de la belle et prospère île de Raiatea. Tutapu est l’aîné, donc destiné à régner, et est bien décidé à se débarrasser de la menace que représente son frère, malgré l’affection qui les unit depuis l’enfance. Tangiia, le plus jeune, prend vite conscience du danger et décide alors de quitter son île natale afin d’en trouver une nouvelle, encore inhabitée, sur laquelle il pourrait exercer son pouvoir et créer une nouvelle nation. Accompagné d’une partie des habitants de Raitea, le jeune prince s’embarque alors dans un voyage périlleux et semé d’embûches sur l’océan Pacifique. Un voyage captivant dont le lecteur suit la progression avec un intérêt d’autant plus grand qu’il n’a qu’une vague idée des dangers que sont susceptibles de rencontrer les habitants de cette partie du monde…

Le roman fait quelque peu penser, par certains aspects, à l’ « Odyssée » d’Ulysse : nos héros voguent en effet sur l’océan en quête de leur terre mais se voient régulièrement forcés de faire halte sur des îles où diverses menaces les attendent : géant cracheur de feu, rapace immense ne faisant qu’une bouchée d’un homme, femmes tentatrices et splendides aspirants l’énergie vitale de ceux qu’elles parviennent à prendre au piège… Beaucoup de ces rencontres sont intimement liées aux croyances et à la mythologie polynésienne dont Garry Kilworth nous donne un bel aperçu, n’hésitant pas à parsemer son récit de légendes relatées par les protagonistes et impliquant dieux, héros et créatures surnaturelles. L’idée d’intégrer à cet univers polynésien deux étrangers capturés lors d’un précédent voyage sur une île inconnue (l’Angleterre) est certes peu originale mais permet à l’auteur d’expliquer un certain nombre d’éléments propres à la culture locale sans pour autant donner l’impression d’effectuer un cour magistral. Le lecteur se familiarise ainsi peu à peu avec les mots du vocabulaires empruntés par l’auteur aux langues maoris ou tahitiennes, ainsi qu’aux us et coutumes de ce peuple des îles.

Les rois navigateurs 1 bis

Un premier tome passionnant dans lequel Garry Kilworth lève le voile sur les mythes, traditions et modes de vie des habitants des îles d’Océanie lors de l’Antiquité. A travers ce voyage semé de périples, l’auteur nous fait découvrir un monde peuplé de créatures surnaturelles merveilleuses ou terribles, de divinités susceptibles et rancunières, d’explorateurs se repérant à la forme des vagues et à la température de l’eau, et d’hommes et femmes à la beauté exotique et à l’intelligence aiguisée. Nul doute que le second tome sera du même acabit.

Voir aussi : Tome 2 ; Tome 3