Les rois navigateurs 2

Titre : Le temps des guerriers
Cycle : Les rois navigateurs, tome 2
Auteur : Garry Kilworth
Éditeur : Mnémos (Icarès) / Le livre de poche
Date de publication : 2007 / 2008

Synopsis : Le destin de Kieto est inscrit dans les étoiles : il doit conquérir Albainn, la Terre de brumes où vivent les mystérieux hommes blancs. Mais pour les vaincre, il doit apprendre l’art de la guerre car ces derniers possèdent deux avantages redoutable : le fer et les chevaux. Une légende du Peuple du Vent parle d’une tribu de guerriers magnifiques, les Maori ; mais la porte qui mène à leur monde est située sur une île de géants, perdue dans l’océan… Kieto et ses compagnons HommeFemme, Seumas et Dorcha, Kikemana la Vierge aux yeux lointains quittent alors la sécurité de leur île de Rarotonga et embarquent pour un long voyage à bord de La Fleur princière…

Note 3.0

La prodigieuse capacité des Océaniens à retenir le menu détail faisait d’eux les plus grands navigateurs de tous les temps, les plaçant également parmi les meilleurs conteurs que le monde eût jamais connus ; ils avaient reçu le don de transmettre l’Histoire, personnelle ou nationale, talent qui n’était égalé par aucun autre peuple.

 

Après un premier tome complètement dépaysant consacré au « peuple des vents » résidant sur la multitude d’îles que comporte l’Océanie, Garry Kilworth nous propose de vivre une nouvelle aventure dans ce monde exotique et étranger aux lecteurs occidentaux. On retrouve ici certains des protagonistes du premier volume, à commencer évidemment par les deux Celtes Seumas et Dorcha, capturés lors d’une expédition organisée vers les Terres de brume il y a plusieurs décennies et désormais complètement intégrés à la société océanienne. Les événements se situent cependant bien après ceux relatés précédemment et se focalisent cette fois sur une nouvelle expédition, toute aussi périlleuse mais menée par un équipage différent et voguant vers une autre destination : l’île abritant les redoutables combattants mahoris. Ce n’est pas pour rien que ce second tome s’intitule « Le temps des guerriers ». L’auteur choisit d’utiliser les mêmes ficelles scénaristiques que dans le tome précédent ce qui rend ce roman un peu moins captivant : les personnages prennent la mer mais sont rapidement déviés de leur cap par les dieux ou la magie qui les entraînent sur diverses îles peuplées de créatures merveilleuses ou terrifiantes qui vont retarder leur périple.

De nouvelles découvertes concernant le peuple océanien et ses mœurs et coutumes viennent cela dit agrémenter le récit. Le roman dévoile notamment l’existence d’une communauté d’artistes (chanteurs, danseurs, musiciens, conteurs…) voyageant à bord d’une véritable flotte d’île en île pour distraire leurs habitants dans toute l’Océanie par des chants, des cabrioles… L’auteur prend également le temps de faire narrer par ses personnages quelques légendes polynésiennes mettant en scène divinités rusées ou rancunières jouant des tours aux mortels et expliquant certaines des traditions océaniennes. On sent cependant bien qu’il s’agit d’un tome transitoire visant à faire le lien entre l’aventure relatée dans le premier tome et la fameuse expédition guerrière menée sur les Terres de brume dont les Océaniens rêvent depuis leur rencontre avec les Celtes et qui sera l’objet du troisième et dernier opus de cette trilogie. L’expédition semble en effet n’être qu’un prétexte pour justifier le report de la conquête des Terres de brume à plus tard et ainsi permettre de développer davantage la psychologie des personnages, et notamment des Celtes, partagés entre deux loyautés.

 

« Le temps des guerriers » apparaît essentiellement comme un tome de transition même si on retrouve avec plaisir les protagonistes et le cadre polynésien dévoilés précédemment. Garry Kilworth parvient malgré tout à complètement nous immerger dans cette civilisation d’une grande richesse dont on découvre les mœurs et croyances avec beaucoup de curiosité. Direction le troisième et dernier tome.

Voir aussi : Tome 1 ; Tome 3