Zombillénium 2 Ressources humaines

Titre : Ressources humaines
Série : Zombillénium, tome 2
Scénariste et Dessinateur : Arthur de Pins
Éditeur : Dupuis (Tous Publics) (fiche officielle)
Date de publication : 26 août 2011
Récompenses : Prix Fauve Jeunesse d’Angoulême 2012

Synopsis : Tags sur les murs, avertissement du curé du coin : visiblement les esprits s’échauffent autour de Zombillénium. Quand on n’embauche que des morts (ou des sorcières !) dans une région où le taux de chômage est à 25%, il faut bien s’attendre à quelques frictions.
Si l’on ajoute à ça des visiteurs une miette pénibles et des employés qui, pour être morts, n’en aimeraient pas moins prendre des vacances, on comprend que ce n’est pas trop le moment de venir parler revendications salariales à Francis Von Bloodt.
Un deuxième tome qui vient étoffer le casting de Zombillénium avec Astaroth, le démon adolescent, et qui confirme, s’il en était besoin, le talent tout particulier d’Arthur de Pins à manier un humour noir totalement jubilatoire.

Note 4.0

– Toujours ces lettres d’adolescents qui veulent devenir des vampires.
– La réponse habituelle, Miranda : dites-leur d’oublier les romans à l’eau de rose et la chasteté. Qu’ils s’amusent et révisent leur bac.
– Certains menacent de se suicider…
– Si c’est le cas, on les recontactera.
Ah cette mode des vampires… C’est bon pour le business, mais qu’est-ce que ça me gonfle !

Du grand Arthur de Pins que ce deuxième tome de Zombillénium ! Au milieu des morts-vivants, vampires, sorcières et autres lycanthropes, il se permet d’étudier les « Ressources humaines » aussi naturellement que s’il s’agissait de l’entreprise familiale de la supérette au coin de la rue.


Pour notre plus grand plaisir de simples mortels, le rapport entre le monde crépusculaire de la fête foraine et le monde des gens vraiment vivants s’intensifie. Et cela donne des gags bien plus croustillants encore ! D’autant qu’Arthur de Pins tente d’utiliser le plus grand nombre possible de genres d’humour : du comique de situation au quiproquo en passant par l’humour bien noir, par les disputes quotidiennes entre différentes créatures et par les soucis très matériels qu’un squelette peut ressentir quand son intégrité physique est menacée…

La trame narrative principale va également plus loin dans l’extrême, puisqu’elle arrive à allier le grandiose du monde démonique à l’aspect simplissime de l’adoption et de la pauvreté. On a beau sentir le mot de la fin à l’avance, on se prend au jeu avec une facilité déconcertante et c’est cette facilité d’engagement dans une histoire toute simple mais rondement menée, qui me fait dire qu’Arthur de Pins est certainement très doué. Mention spéciale, cerise sur la baguette magique, aux coupures de journaux relatant les événements de ce tome, c’est vraiment de l’humour croustillant ! Tout comme l’est son interprétation libre du Ghost Rider !…

Pour autant, il y a pas mal de défauts facilement décelables dans cette bande dessinée. Le plus gros pour moi : le fait de ne pas utiliser (du tout, du tout !) le cliffhanger de fin du précédent tome… ça sent la série prévue sur le long terme, ce qui n’est pas un mal non plus, c’est certain, mais ça m’a un peu déstabilisé au départ tout de même. De plus, certaines planches peuvent parfois laisser à désirer, mais bon c’est assez secondaire vu comment l’ensemble est parfaitement construit et lisible dans bien des sens et des contresens… (vous sentez tous les sous-entendus dans les nombreux points de suspension de cette critique ?)

Un très bon deuxième tome donc, qui vaut son pesant de cacahuètes à manger dans le train fantôme, mais qui, pour autant, nous laisse beaucoup moins de ficelles pour envisager l’épisode suivant.

Voir aussi : Tome 1 ; Tome 3

Autres critiques : Yaneck (Chroniques de l’Invisible)