Le Projet Marvels

Titre : Le Projet Marvels
Scénariste : Ed Brubaker
Dessinateur : Steve Epting
Éditeur : Panini Comics (Marvel Select)
Date de publication : 13 novembre 2013 (2010 en VO chez Marvel Comics)

Synopsis : Voici enfin révélées les véritables origines de l’univers Marvel mais aussi les relations secrètes entre les super-héros. Découvrez notamment Captain America, la première Torche Humaine et Namor comme vous ne les avez jamais vus. Le Projet Marvels : la naissance des super-héros est une histoire incontournable pour tous les passionnés du monde Marvel. Une aventure relatée par l’équipe artistique qui a orchestré la mort de Captain America : Ed Brubaker (Secret Avengers, Daredevil) et Steve Epting (Captain America)

Note 3.5

Le 7 décembre 1941 a donc commencé par deux assauts simultanés. L’un mené au grand jour par des soldats et des bombardiers… un drame national… l’autre livré en secret par des hommes masqués aux étranges pouvoirs… et ces guerriers d’un autre monde… qui resterait caché.

Le Projet Marvels est une mini-série issue du catalogue Marvel Comics qui a deux objectifs principaux : reformer le duo artistique Ed Brubaker – Steve Epting qui a fait fureur sur les aventures de Captain America, mais également redonner goût à la vie super-héroïque pendant la Deuxième Guerre mondiale, quelque peu mise de côté par rapport aux multiples aventures contemporaines.


Le Projet Marvels est l’avènement du scientisme au service des armées et des services secrets. À l’aube des années 1940, les Nazis multiplient les recherches, tandis que les Américains, pas encore officiellement en guerre, réalisent également de nombreux projets visant à créer des méta-humains. Nous suivons alors la chronique du docteur Thomas Halloway qui, inspiré par un patient en fin de vie, revêt sa première cape et son premier masque alors qu’une Torche humaine est synthétisée, qu’un Super-Soldat est créé de part et d’autre de l’Atlantique et que des hommes bleus plutôt hostiles font surface depuis les abysses sous-marines. Devant les événements tragiques en Europe entre 1939 et 1941, l’Amérique réagit de loin, mais à marche forcée.

Ed Brubaker doit faire face à un entre-deux intéressant : il doit évidemment intégrer des personnages comme Captain America, Crâne Rouge, Bucky Barnes, Nick Fury, les Howling Commandos, les Invaders, la première Torche humaine, Namor et quelques autres, mais d’un autre côté il bénéficie du peu de renouvellements récents sur cette période chez Marvel Comics pour être suffisamment libre dans ses choix. Et il décide de viser, dans son intrigue, la concurrence et l’émulation entre les programmes méta-humains des États-Unis et de l’Allemagne nazie. Chaque côté s’espionne, et chacun complote pour devancer son adversaire ; il reprend là les ingrédients que nous lui connaissons bien dans d’autres séries autour, notamment, de Captain America, qu’il a depuis longtemps cerné comme il fallait. Et c’est ainsi sous la forme d’une chronique très narrative des années 1939 à 1941 que ces super-héros prennent vie devant nos yeux. Heureusement pour nous et pour l’histoire, le scénariste ne se focalise pas sur les origines éculées de Captain America, mais cherche à imbriquer toutes ces petites histoires pour en créer une cohérente autour de l’entrée en guerre des États-Unis.

L’aspect graphique est, quant à lui, assuré par Steve Epting, son compagnon d’écriture sur plusieurs autres séries. En négligeant un peu les détails faciaux, il privilégie les postures iconiques et les personnifications répétées. Ainsi, dans les organisations des cases, nous retrouvons notamment des planches elles aussi très narratives comportant une case ronde centrale autour de laquelle les autres s’organisent comme une réflexion du personnage mis en valeur. Contre-plongée, art du mouvement et dynamique de groupe établie au fur et à mesure, il faut reconnaître que sans sortir du lot, le dessin de Steve Epting est très efficace et correspond à l’ambiance « comics d’époque » auquel est destinée depuis le départ cette mini-série ; la couverture fait bien plus « old school » que ne l’est finalement le graphisme de ce comics. Enfin, l’aspect très monotone des différents laboratoires que nous visitons est légèrement rébarbatif, mais sert à mettre encore un peu plus en valeur ces « merveilles » (« Marvels ») qui y sont créées.

Ces « Marvels » sont évidemment un des étendards de la firme du même nom et servent ici à refondre les origines de la fameuse « Maison des Idées ». Cela fait plaisir de le voir profiter de la collection Marvel Select chez Panini Comics, même s’il a du même coup les défauts de ses qualités. En effet, pour un prix relativement sympathique, nous avons une mini-série de huit épisodes, mais sans aucun contenu éditorial et également plusieurs fautes de frappes dans le texte. C’est minime sur ce volume, heureusement.

Ed Brubaker et Steve Epting nous livrent une saga captivante parce qu’elle redéfinit des événements trop peu utilisés dans la continuité de Marvel Comics. Dans ce champ fertile, ils insèrent ce qu’ils connaissent de mieux dans l’espionnage industriel, la lutte guerrière et la posture super-héroïque. Même si quelques passages paraîtront simples, la lecture est fluide et agréable.