Fantasy

La Tour de Garde – Capitale du Nord, tome 1 : Citadins de demain

La tour de garde - Capitale du nord - Citadins de demain

Titre : Citadins de demain
Cycle/Série : Capitale du Nord, tome 1 (La Tour de Garde)
Auteur : Claire Duviivier
Éditeur : Aux Forges de Vulcain (Fiction) [site officiel]
Date de publication : 8 octobre 2021
Récompenses : Prix Christine-Rabin 2022 (prix Imaginaire de La 25e Heure du Livre)

Synopsis : Amalia Van Esqwill est une jeune aristocrate de Dehaven, issue d’une puissante famille : son père possède une compagnie commerciale et sa mère tient un siège au Haut Conseil. Progressistes, ils lui ont offert, à elle et à d’autres enfants de la Citadelle, une instruction basée sur les sciences et les humanités. Jusqu’au jour où le fiancé d’Amalia se met en tête de reproduire un sortilège ancien dont il a appris l’existence dans un livre. Au moment précis où la tension accumulée dans les Faubourgs explose et où une guerre semble prête à éclater dans les colonies d’outre-mer, la magie refait son apparition dans la ville si rationnelle de Dehaven. Et malgré toute son éducation, Amalia ne pourra rien pour empêcher le sort de frapper sa famille et ses amis.

Coup de coeur

Ce n’est pas votre esprit qui s’engourdit, c’est le monde autour de vous qui vous apparaît progressivement dans toute sa complexité ; un processus qui ne cessera qu’à votre mort. S’en inquiéter est plutôt sain, mais cela ne doit pas vous paralyser.

Après Un long voyage, Claire Duvivier propose en octobre 2021 un projet d’écriture et d’édition peu commun avec Citadins de demain le premier tome d’une nouvelle trilogie de fantasy chez Aux Forges de Vulcain en parallèle d’une autre.

L’autre versant de La Tour de Garde

Citadins de demain est le 1er tome de la trilogie Capitale du Nord, centrée sur Dehaven, métropole fictive ressemblant à l’Amsterdam du siècle d’or néerlandais (en parallèle de Capitale du Sud, trilogie de Guillaume Chamanadjian se déroulant à Gemina). Nous y suivons Amalia, aristocrate bien née censée être une « citadine de demain », c’est-à-dire ayant reçu par ses parents et quelques amis d’ancienne noblesse une éducation plus progressiste, fondée sur la Raison et portée sur les sciences. Jeune femme conditionnée, Amalia a pourtant tout loisir de découvrir sa cité et de peaufiner sa connaissance du port où ses parents dirigent une grande compagnie de fret vers les colonies : elle doit comprendre son monde dans ses contradictions et déjouer ses propres clichés de genre et de classe. Cette histoire est le pendant féminin et septentrional de l’autre roman de cet univers partagé de La Tour de Garde, Le Sang de la Cité qui a un protagoniste masculin et un lieu méridional comme sujets.

Lutte des classes au pays du Progrès

Amalia est confrontée aux paradoxes du régime qui soutient le pouvoir aristocratique. Ce sont les anciens nobles qui monopolisent les places au Conseil. Si les femmes ont du pouvoir, Amalia doit encore s’affranchir des codes conjugaux quand le mariage s’annonce. La relation entre Dehaven et ses colonies se tend aussi à mesure que les intérêts commerciaux augmentent. Ces paradoxes culminent dans la relation qu’elle a avec ses proches amis : l’aristocrate Hirion issu d’une famille marquée par les tragédies et le roturier Yonas dont la famille prospère avec une écluse rentable. Ce tome reste encore assez calme, mais dépeint une cité pleine de promesses qui tend à l’action, voire à la folie de ses personnages quand survient un élément surnaturel : un miroir montrant une cité parallèle, vide mais flamboyante.

Un brin de fantasy

Le double avantage de ce roman de fantasy de Claire Duvivier est que son écriture légère (malgré quelques particularités comme l’usage bienvenu du passé simple dans les dialogues) et l’introduction fine d’éléments magiques. Cela rend le monde de Citadins de demain finalement extrêmement abordable : les événements s’y succèdent avec une certaine joie de vivre jusqu’à la fin et les artefacts que découvrent les trois protagonistes servent avant tout à découvrir, très parcimonieusement, le revers du succès de Dehaven, cité de commerce et d’intrigue. L’ensemble reste un premier tome, donc introductif, car les mystères ne font qu’être esquissés, nous laissant un bon gros suspens à la toute fin.

Ces Citadins de demain sont donc des personnages attachants car humains, profonds et servis par une écriture de qualité. Hâte d’en lire la suite !

Voir aussi :
Capitale du Sud, tome 1

Autres critiques :
Allan Dujipérou (Fantastinet)
Boudicca (Le Bibliocosme)
Célinedanaë (Au Pays des Cave Trolls)
Marc Ang-Cho (Les Chroniques du Chroniqueur)
Le Nocher des livres
Noni (Carnets lunaires)
Tampopo (Les Blablas de Tachan)
Zoé (Zoé prend la plume)

Kaamelotien de souche et apprenti médiéviste, tentant de naviguer entre bandes dessinées, essais historiques, littératures de l’imaginaire et quelques incursions vers de la littérature plus contemporaine. Membre fondateur du Bibliocosme.

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