La Machine de Léandre, suivi de La Chasseuse de livres

5 février 2020 0 Par Dionysos
Machine de Léandre

Titre : La Machine de Léandre, suivi de La Chasseuse de livres
Auteur : Alex Evans
Éditeur : ActuSF (Bad Wolf) [site officiel]
Date de publication : 6 septembre 2019

Synopsis : Constance Agdal, excentrique professeur de sciences magiques, n’aspire qu’à une chose : se consacrer à ses recherches et oublier son passé. Malheureusement, son collègue disparaît alors qu’il travaillait sur une machine légendaire. La jeune femme le remplace au pied levé et fait la connaissance de Philidor Magnus, un inventeur aussi séduisant qu’énigmatique. Bientôt, une redoutable tueuse et un excentrique et un richissime industriel s’intéressent à ses travaux, sans oublier son assistant qui multiplie les maladresses et un incube envahissant…

Je ne voulais pas être enfermée, je voulais être sur le terrain. Je voulais être chasseuse de livres. J’aime chasser.
Pas un métier pour une femme, disait-on. Mais je n’ai jamais rien fait comme tout le monde.

Les éditions ActuSF poursuivent la réédition de récits d’Alex Evans déjà parus soit en numérique soit en autoédition. Dans cet ouvrage, il s’agit de deux textes courts : une novella, La Machine de Léandre, et une nouvelle, La Chasseuse de livres.

La magie de retour

Dans le monde de Sorcières Associées, on se fonde sur le fait que la magie avait disparu pendant quelques siècles, rendant obsolètes certaines parties de la société ; son retour est ensuite assimilé et incorporé à une société type « XIXe siècle » donnant à l’ensemble un aspect bien steampunk. Or, dans La Machine de Léandre, on explore plutôt le moment où cette magie vient tout juste de refaire son apparition et on ne sait pas encore quoi en penser ni en comprendre les limites. Ainsi, ici, ce ne sont pas des détectives privées de la magie qui opèrent, mais plutôt une « professeure de sciences magiques », c’est-à-dire une chercheuse qui use de protocoles scientifiques pour comprendre cette nouvelle force qui émane de la Nature et qui apparaît avant tout comme légendaire au plus grand nombre. Constance Agdal, l’héroïne en question, fait partie de l’élite intellectuelle académique à la Faculté de Tourmayeur qui tente plus ou moins adroitement de condenser les ondes du Pouvoir en des appareils rationnels. Or, l’un de ces spécialistes, le professeur Dowell, a disparu et ses recherches s’avèrent être à la fois potentiellement dangereuses et assurément délictueuses : les intérêts s’aiguisent…

Fun et rythme

Comme souvent avec les romans d’Alex Evans, le personnage principal est embringué dans une aventure qui le dépasse et dont les péripéties sont là pour multiplier les voies narratives, d’autant plus que ce sont souvent des enquêtes à rebondissements. La Machine de Léandre ne fait pas exception. Un démon effraie tout le monde par-ci, une créature exotique s’est échappée par-là, bref au départ ce sont des événements épars sans lien apparent, puis la toile se tisse tranquillement. Enfin, « tranquillement », ici le récit est plutôt court pour un roman, donc cela se déroule à un bon rythme tout de même ! C’est également l’occasion de toucher aux différentes possibilités que peut renfermer un roman de steampunk magique, puisqu’on croise notamment des créatures délurées comme un incube un brin « encombrant » et un inventeur de génie dont les créations sont légèrement déroutantes, le savant fou n’est jamais dans le steampunk.

Un recueil d’héroïnes

Puisque La Machine de Léandre met en scène une chercheuse en Sciences magiques, les éditions ActuSF ont fait coupler cette novella avec une autre nouvelle de l’autrice qui aborde une époque et une thématique très approchantes : La Chasseuse de livres met en scène une princesse-étudiante au moment où le Pouvoir (la magie) semble réapparaître. Avec des références à Indiana Jones et au mythe de Cthulhu, les allusions bibliophiles sont nombreuses. La dimension féministe est également appuyée, cela donne d’autres exemples d’héroïnes agréables à suivre (la base donc !) avec cette « princesse » (statut finalement peu abordé dans le récit, mais contraignant pour elle et son côté bourgeois, semble-t-il) qui s’échine à se faire archéologue en débusquant un artefact livresque très convoité.

Même si certains aspects peuvent sembler faciles ou trop rapidement ébauchés, La Machine de Léandre, accompagnée de la nouvelle qui lui est associée, constitue un bon moment de lecture fun et agréable.

Voir aussi :
Sorcières associéesL’Échiquier de jade

Autres critiques :
Aelinel (La Bibliothèque d’Aelinel)
OmbreBones
Pause Earl Grey
Strega (Le Livropathe)

The Maki Project

Cette critique est la 3e de ma participation au Projet Maki 2020.

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