Gagner la guerre (BD), tome 2 : Le royaume de Ressine

2 octobre 2019 2 Par Dionysos
Gagner la guerre 2 Royaume de Ressine

Titre : Le Royaume de Ressine
Cycle/Série : Gagner la guerre, tome 2
Auteur : Frédéric Genêt (d’après Jean-Philippe Jaworski)
Éditeur : Le Lombard
Date de publication : 20 septembre 2019

Synopsis : Benvenuto Gesufal est un tueur à gages très compétent. Il réserve dorénavant ses services au seigneur Ducatore, l’homme politique le plus retors de tout l’empire de Ciudalia. Et ce dernier a confié à Benvenuto la plus périlleuse des missions : un assassinat à accomplir en plein cœur d’une bataille navale.

Citoyens ! Trois bâtards de Ressine nous talonnent. Parce qu’ils sont plus nombreux, ils se croient les plus forts.
Il va falloir leur rappeler qu’au cap Scibylos, nous avons engagé la bataillé à six contre cent. Il va falloir leur rappeler la férocité de l’escadre Mastiggia.
Il va falloir leur enfoncer dans le crâne que nous sommes les maîtres des mers ! La bataille sera rude. Il y aura des morts.
Mais suivez mes ordres sans flancher… et je vous jure qu’on enverra ces toquards par le fond.
Et après-demain, quand vous poserez le pied sur les quais de Ciudalia… vous serez tous des héros !
Mastigiaaaa !

L’adaptation du roman Gagner la guerre, de Jean-Philippe Jaworski, par Frédéric Genêt se poursuit chez Le Lombard avec ce deuxième tome centré sur le royaume de Ressine.

Complots politiques et manœuvres militaires

Après un premier tome très introductif aux cercles de pouvoir de Ciudalia, nous suivons désormais la mise en place méthodique et réfléchie d’une guerre de long terme entre Ciudalia et son voisin oriental, le royaume de Ressine. Benvenuto Gesufal, mercenaire au service de Don Ducatore, est l’instrument de cette stratégie puisqu’il va devoir encourager et régler certains aspects de cet affrontement qui est censé permettre à son commanditaire de se maintenir au pouvoir. Or, évidemment, les missions sont multiples, enchevêtrées parfois et se déroulent rarement comme prévu. À bord d’un vaisseau de combat ciudalien, en course-poursuite sur les mers, en négociations chez les adversaires ressiniens, les occasions ne manquent pour Benvenuto de se mettre en lumière, mais aussi en mauvaise posture, d’autant que la magie commence à pointer le bout de son sortilège. Tout l’enjeu de cet opus est alors de saisir si sa vie vaudra quelque chose face aux projets démesurés de son commanditaire si ambitieux…

Retour dans le Vieux Royaume

Alors que le premier tome adaptait en fait la nouvelle « Mauvaise donne » parue dans Janua vera, Frédéric Genêt se lance là véritablement dans l’adaptation de Gagner la guerre, roman fleuve sur les conspirations au sein d’une république ressemblant fort à la Florence de la Renaissance. Léonide Ducatore est podestat et compte bien garder la main sur le palais curial. Or, il a besoin d’effectuer un retournement d’alliance. Particulièrement opportuniste, il mise tout sur le lancement d’expéditions punitives contre l’archipel de Ressine, groupe d’îles voisines de la République de Ciudalia dirigé par le Shah. Dans ce tome, les tractations se font en extérieur, si on peut dire, car entre les difficultés de commandement en pleine bataille navale et les coulisses des discussions diplomatiques sur une île ensoleillée de Ressine, le voyage n’est pas de tout repos.

Adapter, c’est faire des choix.

Pour reprendre à son compte Gagner la guerre, Frédric Genêt a dû opter pour un cadre très méditerranéen et les paysages sont plutôt variés : île ressinienne inondée de soleil, palais de Ciudalia dans un style XVe siècle et nefs au large. Le style se veut plutôt réaliste, davantage porté sur les détails liés à l’action (impacts de traits d’arbalètes, chocs des navires, expressions soudaines) que sur la profondeur des paysages ou la beauté des visages des personnages secondaires. Corroborant ce choix, le découpage se fait plus dynamique dans ces moments d’action et donc plus intéressant à suivre, et ce d’autant plus quand l’action est une bataille navale où l’auteur réussit à rendre deux champs différents : à vue d’hommes pour les ordres et les faits d’armes et en vue aérienne pour les mouvements stratégiques des navires. Le déchirement de certaines cases sert également à marquer l’extrême violence subie par un personnage ou la magie qui intervient dans le récit. Le début de Gagner la guerre comporte déjà quelques tournants fatidiques et ils sont heureusement bien placés dans l’enchaînement des cases et surtout des pages, afin de les découvrir dans le bon timing.

En somme, l’album passe décidément trop vite qu’on voudrait la suite illico !

Voir aussi :
Tome 1

Autres critiques :

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