Comme des garçons

Comme des garçons

1 mai 2018 0 Par Dionysos
Comme des garçons affiche

Titre : Comme des garçons
Réalisateur : Julien Hallard
Actrices / Acteurs : Max Boublil, Vanessa Guide, Bruno Lochet, Solène Rigot, Carole Franck, Delphine Baril, Zoé Héran, Julie Moulier, Sarah Suco, Mona Walravens, Luca Zingaretti
Date de sortie : 25 avril 2018

Synopsis : Reims, 1969. Paul Coutard, séducteur invétéré et journaliste sportif au quotidien Le Champenois, décide d’organiser un match de football féminin pour défier son directeur lors de la kermesse annuelle du journal. Sa meilleure ennemie, Emmanuelle Bruno, secrétaire de direction, se retrouve obligée de l’assister. Sans le savoir, ils vont se lancer ensemble dans la création de la première équipe féminine de football de France.

Bibliocosme Note 2.5

On va changer les mentalités !

Voir un film avec Max Boublil à l’affiche et voir un film sur un événement féministe très intéressant ne provoquent pas forcément les mêmes réactions. Le mélange est intéressant mais perfectible.

Fin des années 1960, alors que plusieurs pays ont déjà passé le cap du football féminin, l’idée d’une équipe de femmes jouant au football à Reims, alors capitale du ballon rond, semble loin d’être acquise et n’est utilisée que pour servir d’attraction de kermesse. Pourtant, un journaliste sportif se lance dans l’aventure en compagnie d’une secrétaire de son journal, elle-même passionnée de ce sport. L’aventure est censée mener à la construction d’une véritable équipe de football féminin, construction forcément semée d’embûches. Féminisme militant à ses tout débuts, conséquences de mai 1968 dans une ville moyenne de France, les liens ténus entre journalisme sportif et football, les thèmes ne manquaient pas dans cet événement tout à fait historique que la constitution de la fameuse équipe des « Filles de Reims », cependant Comme des garçons s’attache surtout à s’amuser de cet avatar en train de se constituer, « une équipe de filles ». Il est clair que ce n’est pas là un moment de référence pour le patriarcat qui montre ici tout un panel de réactions très conservatrices ; le film n’est fait pas trop quand même (pas constamment en tout cas) et montre aussi quelques aspects plus positifs.

À travers cet événement historique peut-être méconnu (sûrement trop peu connu en tout cas), Julien Hallard a misé sur une comédie, voire une comédie romantique. Ce choix peut paraître étonnant, car ce n’est pas le plus évident (la fiction épique comme on est dans le sport, ou bien l’évocation historique auraient bien fonctionné). Pour autant, cela se tente et on imagine que Max Boublil et Bruno Lochet ont été choisis pour accentuer les aspects épiques. Le gros de la réalisation est centré sur le premier, alors que le deuxième a un jeu bien plus subtil. Même en étant fan, il est difficile d’apprécier Max Boublil dans ce film tant il en fait des tonnes (son personnage semble écrit ainsi, donc il fait ce qu’on lui demande) : un loveur raté mais sans complexe qui est censé illustrer la période fin des années 1960 – début des années 1970. L’évocation est sûrement bonne (difficile d’affirmer sur ce seul cliché), mais l’interprétation est (très) lourde pour autant. C’est vraiment dommage de centrer l’intrigue sur ce personnage, car une fois les héroïnes campées, il y avait de quoi parler de plein de choses, mais chaque mini-thématique n’est souvent qu’évoquer à la marge : une footballeuse est homosexuelle et l’affirme, l’autre est mannequin et veut en jouer, encore une autre veut juste faire autre chose que le ménage, etc. ; on les comprend toutes au fond, mais la caméra passe vite à autre chose.

Pour autant, il est agréable de voir qu’on ne se focalise pas uniquement sur des événements renforçant l’ordre établi. Même si la fibre sociale n’est pas très portée durant cette heure et demie, il y a quelques choix sympathiques dans ce long-métrage, notamment le duo de footballeuse.eur.s Vanessa Guide-Luca Zingaretti qui fonctionne très bien, l’une en réservée qui s’affirme (c’est le cliché de la timide qui ignore qu’elle est sexy quand elle se « relooke » mais bon…) et l’autre en vétéran qui joue son rôle de guide (re-cliché de l’Italien « pater familias » mais qui se repent quand même). De plus, c’est l’occasion de retrouver quelques morceaux musicaux attendus dans ce genre de circonstances, ainsi que d’avoir le plaisir de regarder du football certes cinématographique donc très synthétisé mais au moins réalisé pour le plaisir du jeu, c’est l’essentiel.

Certains critiques parlent de feel good movie, ce n’est pas faux : même s’il pêche par plusieurs défauts, Comme des garçons est intéressants et cela vaut le coup d’aller passer un moment agréable.

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