Saga, tome 1

11 août 2014 6 Par Dionysos

Saga, tome 1

Titre : Saga, tome 1
Série : Saga, tome 1
Scénariste : Brian K. Vaughan
Dessinateur : Fiona Staples
Éditeur : Urban Comics (Urban Indies)
Date de publication : 15 mars 2013 (2012 en VO chez Image Comics)

Synopsis : Un univers sans limite, peuplé de tous les possibles. Une planète, Clivage, perdue dans la lumière froide d’une galaxie mourante. Sur ce monde en guerre, la vie vient d’éclore. Deux amants que tout oppose, Alana et Marko, donnent naissance à Hazel, un symbole d’espoir pour leurs peuples respectifs. L’espoir, une idée fragile qui devra s’extraire du chaos de Clivage pour grandir, s’épanouir et conquérir l’immensité du cosmos.

Note 4.0

Pour un couple, le contraire d’une lune de miel doit ressembler à la semaine qui suit la naissance d’un premier enfant. Peu importe leurs efforts et la pureté de leurs intentions… tout tourne toujours mal.
Et, en général, c’est à ce moment précis que les visiteurs se pointent. Venus de loin pour inspecter les nouveaux parents désespérés. Ceux qui sont sympas apportent de quoi manger…

Tout frais dédicacé par Brian K. Vaughan et Fiona Staples au Salon du Livre de Paris 2013, il ne me restait plus qu’à découvrir ce « chef-d’œuvre de l’année comics 2012 » comme tout le monde, ou presque, me vantait ce premier tome de Saga !

Dans un système solaire éloigné du nôtre, deux races se livrent une guerre sans merci. Marko et Alana, chacun soldat dans un des deux camps, tombent amoureux et donnent naissance dès les premières cases à Hazel, qui sera notre guide tout au long de l’aventure de Saga, car c’est elle la narratrice ! Entre la gravité de la situation, le recul pris par cet enfant qui nous parle depuis un futur non situé mais où elle semble en vie, et enfin un humour décalé, mais qui prend de plus en plus au récit au fur et à mesure des chapitres, ce premier tome de cette série au nom en forme de programme éditorial ravit par son côté éclectique.

Brian K. Vaughan n’hésite pas ici à mélanger toutes les inspirations possibles et imaginables : un peu de fantasy dans les races utilisées et dans la possibilité de faire appel à la magie, de la pure science-fiction dans son traitement personnel du space opera, à la fois épique et intimiste, et enfin du fantastique en proportion raisonnable avec le rôle donné à des fantômes incompris. Bref, résumons un peu le bestiaire présent : des fantômes plus gentils qu’on ne le pense, des robots à tête en forme de télévision, mais qui ont l’air plus humains que nous-mêmes, des chats détecteurs de mensonges, des chasseurs de primes plutôt velues (dans tous les sens du terme), des bêtes à cornes, des bêtes à ailes, des bêtes à cornes et à ailes… une vraie ménagerie donc, qui prouve surtout toute l’étendue de l’imagination de Brian K. Vaughan et de Fiona Staples. Fiona Staples, justement, nourrit toute cette imagination de dessins simples et directs, qui collent plutôt bien à l’intrigue. Sans être révolutionnaire ni singulière, elle rend parfaitement vivant ce monde si éloigné du nôtre en bien des points (à noter qu’elle est également coloriste sur cette série).

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Enfin, et surtout, c’est une œuvre portée sur la paternité, événement qui déclencha chez l’auteur principal la création de cette série. Les angoisses parentales, les disputes de couples, la destinée de l’enfant, telles sont les problématiques de départ sur lesquelles se focaliser (il suffit de lire les pensées d’Hazel séparément des autres bulles), malgré la forte optique « SFFF » (science-fiction ; fantasy ; fantastique) choisie comme toile de fond. En dépit de cela, c’est donc une œuvre vraiment parlante au quotidien quand on se permet de passer outre les éléments du décor. Or, suivant sa familiarité avec le monde télévisuel (notamment scénariste pour la série Lost, et bientôt producteur pour l’adaptation du roman Dôme de Stephen King), Brian K. Vaughan sait aussi jouer avec ces éléments pour adopter une intrigue principale très linéaire et multiplier les cliffhangers à chaque fin de chapitre, voire en plein milieu.

Si ces deux auteurs ne tombent pas dans la démesure, dans la facilité, en multipliant les rebondissements exceptionnels à outrance, suivre cette histoire sera, j’en suis sûr, très agréable, et ce pour longtemps.

Voir aussi : Tome 2 ; Tome 3 ; Tome 4

Autres critiques : Célindanaé (Au pays des cave trolls) ; Boudicca (Le Bibliocosme), Karine (Mon Coin Lecture) et PoisonFanny (Comics pour Noob)

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