Cette année encore, les membres du Bibliocosme étaient à Saint-Malo pour la 37ème édition du festival de la bande dessinée et de l’image projetée. Si Dionysos, Carre et moi-même ne sommes resté que le temps d’une journée, notre super reporter BD, Casper, y a carrément passé trois jours. Et pour quelle moisson !

Saint-Malo, sa plage, ses remparts, ses bateaux…

Si le festival Quai des bulles est moins éclaté dans la ville et propose moins de rencontres et conférences que celui des Étonnants Voyageurs (qui a lieu au même endroit mais à quelques mois d’intervalle), le cadre malouin est évidemment un énorme avantage pour cette manifestation qui a réuni cette année encore plus de 40 000 visiteurs. Et parmi ce décor magnifique, il y a toujours quelques incontournables que l’on retrouve avec joie d’année en année : la frégate « L’étoile du roi », la plage, le fort, le palais du grand large…

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… et Astérix !

Les expositions organisées au Palais du Grand large étaient encore une fois nombreuses, de celle rendant hommage à Michel Plessix à celle consacrée à Gérard Lauzier, en passant par celle mettant en scène l’univers de « The Grocery » d’Aurélien Ducoudray et Guillaume Singelin. Mais s’il y en avait bien une à ne pas louper, c’était bien sûr celle consacrée à Astérix dont le 36ème album vient tout juste de paraître. Grande statue d’Obélix, reconstitution du village des Gaulois, expositions d’originaux, mises en scène, jeux avec les sons… : les organisateurs ont mis le paquet et le public était bien au rendez-vous. Un régal pour les petits comme pour les grands ! A noter d’ailleurs que le festival envisage pour l’année prochaine de rendre hommage à une autre figure incontournable de la BD : le personnage de Spirou, qui fêtera en 2018 ses 80 ans.

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Le plein de dédicaces : Les aventures de Casper à Quai des bulles

Si la perspective de faire la queue pendant des heures ne nous enchantaient guère Dionysos et moi, ce ne fut pas le cas de Casper qui est reparti de ces trois jours avec une dizaine de dédicaces (contre une seulement pour nous). La parole est donc à lui pour cette partie !

Quai des bulles 2017 11

Gagnant un peu plus en efficacité dans la chasse à la dédicace au fil des festivals, il faut cependant être prêt à sacrifier partie de ses nuits pour accéder aux précieuses illustrations. Arrivé dans la file d’attente à l’extérieur à 7h30 le vendredi, je faisais bien pâle figure devant ceux qui étaient la depuis des heures déjà, voire pour quelques-uns depuis la veille 21h30… pour voir un Tarquin (Lanfeust de Troy) qui n’est jamais venu. Il faut bien être conscient que certains auteurs sont pris d’assaut, et les premiers de la file d’attente essaient de savoir qui va voir qui pour estimer s’il sera possible d’accéder à tel ou tel auteur. En tout cas, pour m’assurer le succès dans ce sport méconnu, les deux jours suivants, j’arrivai tout fringant (mais de moins en moins) à 5h dans la file, dans le vent ou la pluie, pour quatre heures trente d’attente. Et toujours, au mieux, 20 festivaliers plus fous encore devant moi ! Que voulez-vous, quand on aime on ne compte pas. Il est loin le temps de mon premier festival, à Saint-Malo d’ailleurs, en 2015, où j’arrivai comme une fleur pensant pouvoir faire des dédicaces tranquillement. Non, la dédicace est bien souvent un exercice d’une difficulté que l’on imagine pas. S’il y a bien une constante toutefois dans ces festivals, c’est bien l’extrême sympathie de tous les auteurs que l’on y rencontre, qui prennent un plaisir parfois inégal à cet exercice. On les comprend et on ne les en remerciera jamais assez.

Ce premier jour fut le moins productif, le temps de se familiariser à l’organisation du salon et à l’emplacement des stands. A peine les portes franchies, la course est lancée. C’est un peu comme le premier matin des soldes, certains se lancent dans un sprint effréné pour atteindre le premier la file pour un auteur qui n’arrive parfois qu’une heure après, voire bien plus. Chaque éditeur procède à sa façon ou presque dans l’organisation des dédicaces. Dargaud a privilégié largement cette année un système de tirage au sort pour les auteurs phares (Lauffray, Etien, Homs, Vallée, Caneschi, Labiano et Reynes). Là aussi, c’est la course, il faut se précipiter pour obtenir un ticket et s’inscrire en espérant être tiré au sort. J’ai été particulièrement verni cette année ainsi que je vous le conterai plus avant. Chez Delcourt-Soleil, ou Delsol comme certains disent, rien d’autre que la bonne vieille file d’attente à rallonge dans un espace un peu étriqué. Il en est de même pour l’autre mastodonte Glénat, que j’ai assez peu fréquenté pour cette cuvée 2017. Je fus ensuite un client passager chez Futuropolis et Rue de Sèvres chez qui il fallait courir se procurer l’un des rares tickets autorisant la dédicace. Très limitatifs, ces systèmes de tirage au sort et de remise de tickets n’en permettent pas moins d’alléger le temps d’attente. Mais bon, attendre, ça fait aussi partie du charme du festival (c’est dire si je suis fou).

Pour ma part, je tentai le vendredi à l’ouverture la file d’attente pour L’homme qui n’aimait pas les armes à feu (Salomone et Lupano). Quinzième, je finis par changer mon fusil d’épaule et avec ma petite valise à roulettes (équipé le gars, on apprend en observant), rejoignis la courte file attendant la venue de Lereculey (Wollodrin), annoncé deux heures plus tard sans être encore affiché. Au détour d’une petite balade en ayant laissé ma valise en observation (confiée à la personne qui me précédait dans la file), je passai par hasard devant le stand Rue de Sèvres où un petit panneau informait que 15 tickets pour Alex Alice (Le château des étoiles), qui n’était pas prévu ce jour-là, et Benoît Sokal (Aquarica) allaient être donnés à 11h. J’eus le grand plaisir de pouvoir en obtenir un de chaque, sachant qu’Alex Alice était sans doute l’un des plus courus du week-end. Sauf que le vendredi, sur mon planning perso (si si je vous jure, longuement et précisément élaboré), il ne devait pas se montrer avant le samedi. Et effectivement, la raison fut de mon côté, d’où certains des heureux élus qui s’insurgent. On nous rassure, aucun ticket ne sera donc donné le lendemain, c’est nous qui passerons. C’est le samedi que les déçus furent nombreux quand on leur appris qu’il n’y aurait pas de ticket. Au terme de ce premier jour, quatre dédicaces : Lereculey pour Wollodrin, Benoît Sokal pour Aquarica, Julien Telo pour Elric in-extremis (je fus le dernier et le généreux bonhomme a en fin de compte fait une heure de rab !),et enfin, in-extremis aussi, Relom et Lupano pour le tordant Traquemage.

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Le samedi avait dans mon emploi du temps un caractère exceptionnel puisqu’a dix heures, j’avais la chance d’interviewer grâce à mon badge presse l’illustrateur américain Sean Murphy, l’un des plus en vogue du moment et en plein dans son premier Batman, White knight. Je le retrouvai donc à l’hôtel en face du festival après avoir été accueilli par Urban Comics, que je remercie encore, pour une interview en anglais d’une petite vingtaine de minutes, avec à la clé une discussion intéressante avec un auteur sympathique et la signature de trois de ses albums dont un petit dessin sur l’un deux. Ô joie. C’était sans compter sur le fait que j’étais rentré au préalable dans le festival pour me placer dans la file d’attente de l’auteur Eric Henninot afin d’obtenir la dédicace du tout neuf premier album de l’adaptation du génial roman d’Alain Damasio, La horde du contrevent. J’expliquai ma situation avec l’interview à la dame devant moi qui accepta, de bonne grâce, de me garder ma valise et donc ma précieuse place dans la file. C’est qu’il y a des gens charmants dans les festivals. Pas que, c’est vrai, mais la très grande majorité. Des passionnés tout simplement. Et me voilà donc peu de temps après, avec le joli dessin et de sympathiques palabres à propos du roman. Ah oui, j’ai oublié de vous dire. J’eus également le temps de m’inscrire aux tirages au sort pour quatre auteurs, chez Dargaud, avant de filer à l’interview, et j’ai reçu pendant cette dernière un sms m’apprenant ma chance. Mon ticket m’attendait sur le stand pour Shi, dessiné par Homs! Après ça, je fis le choix de la plus longue attente de ce week-end intra-festival. Pour être parfaitement à l’heure à la dédicace du Château des étoiles à 16h30, je lançai chez Delcourt la file pour la dédicace de Relom (pour mon second tome de Traquemage donc) à 13h15 pour une arrivée à 16h30. Signe de ralliement, j’arborai en étendard dans la foule d’attente, tantôt sur l’épaule, tantôt sur la tête, mon album, pour être sûr qu’une deuxième file ne se constituât pas à mon insu. Trois heures plus tard, toujours pas assis depuis 5h du matin, je fus le premier devant Relom. S’ensuivit le précieux rendez-vous avec Alex Alice et Le château des Etoiles, pour lequel je parvins donc à être tout à fait à l’heure, ticket à la main, pour une superbe dédicace, non sans faire auprès de lui la publicité de votre site préféré. Une file d’attente assez courte qui me permis de « filouter » un peu. L’oreille à l’affût, j’appris (cinq personnes sont devant moi), que Lauffray, qui dédicaçait sur tirage au sort son Valerian (à retrouver bientôt chroniqué sur le site), n’avait pas vu tous les tirés au sort et qu’il lui restait du temps. Je filai tenter le coup, lui demandai s’il acceptait de dédicacer mon album malgré mon non-ticket. Et jackpot, un sympathique Shingouz. Retour chez Alex Alice pour une sympathique discussion entre ses géniaux coups de crayon bleu. Une journée déjà bien remplie, mais pas terminée pour autant, car la fin de la soirée est souvent l’occasion de faire quelques affaires! Toujours pas tiré au sort, j’aperçus qu’il n’y avait plus guère de monde dans la file du convoité David Etien pour la reprise de La quête de l’oiseau du temps, et que du temps, il lui en restait justement : 12 sur les 20 tirés au sort vinrent à lui. Un tirage trop tardif sans doute ! Je me plaçai derrière les deux derniers et lui demandai s’il m’accepterait lui aussi et hop, gagné ! Trois personnes en firent de même à ma suite. Le temps de faire enfin une dernière dédicace pour le second tome de Le règne, pour laquelle deux stylos Bic noirs rendirent l’âme.

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Dernier jour enfin, attente sous une pluie fine mais irritante pendant près de trois heures, entremêlée de conversations ininterrompues avec des festivaliers du Nord encore plus fous que moi (les primo arrivants de 21h30 le jeudi soir). J’envisageai de retourner voir Alex Alice, il ne faisait que 10 personnes ce dernier jour. Dans la file, 20 personnes devant moi. Certains ne soufflèrent mot. Les messes basses se font, on essaie de savoir. Dix minutes avant l’ouverture, je découvris que j’étais sans doute 11ème (sans compter les passe droit qui parvinrent apparemment à rentrer par la « porte de derrière » à l’avance). Je couru donc chez Futuropolis à l’ouverture en quête du génial Cécil pour le génial Holmes. Douze tickets distribués, 6è dans la file. Ah tiens, je fus dans le même temps tiré au sort pour David Etien… que j’avais vu la veille. Tant pis j’y retournai, aucune hésitation. Il me reconnut, il me demanda si je fais partie des grands malades. Sans doute un peu, je le lui confessai-je. Verni, j’aurais eu tort de m’en priver. Un petit détour pour une dédicace de Dubois sur le plébiscité TER, que je n’ai pas encore lu avant que celui-ci puisse enfin se rassasier (moi j’en pris à peine le temps…). Retour chez Dargaud où Lauffray dédicaçait à nouveau… Les tirés au sort sont prioritaires, mais je ne les vis pas si nombreux. Je me postai, le premier et attendis, laissant évidemment passer les tirés au sort. J’accède à nouveau à l’auteur, puis laissai un nouveau tiré au sort, le dernier à se montrer, passer. Et ce fut à nouveau à moi. Mon premier Long John Silver dédicacé, Lauffray ne me reconnut pas, lui. Pas peu fier d’avoir pu rencontrer et discuter par deux fois avec un auteur encore ô combien sympathique. D’ailleurs, une nouvelle aventure de pirates se prépare. Pour terminer enfin, ce week-end aussi excellent qu’éreintant, je fus une dernière fois tiré au sort pour rien de moins que la dédicace du 10è tome de Murena, le premier depuis la disparition de Philippe Delaby. Pour avoir seulement feuilleté mon album en attendant mon tour, la relève est belle. Theo Caneshi possède à n’en pas douter un immense talent. Je demandai au dessinateur italien de dessiner ce qui lui ferait plaisir (ma requête la plus fréquente), il ferma les yeux, fit défiler les pages, posa son doigt magique sur une page, ouvrit les yeux : Sénèque. Son premier en dédicace, confia-t-il. A destination d’un prof, bien visé ! Le hasard fait parfois bien les choses.

 

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Les nouvelles acquisitions

Impossible dans un tel environnement de ne pas céder à la tentation, aussi le bilan des achats est-il beaucoup plus lourd que prévu ! (et il y a les Utopiales en fin de semaine !) L’acquisition dont je suis la plus fière reste toutefois celle de deux nouvelles affiches : celle du quatrième tome de la BD Long John Silver et celle d’une planche présente dans le sublime roman graphique d’Emmanuel Lepage Voyage aux îles de la désolation.


Et voici les acquisitions de Casper qui, comme vous avez du vous en rendre compte, s’est montré encore moins raisonnable que nous.

Un rendez-vous incontournable pour tous les amateurs de BD que nous entendons bien honorer à nouveau l’année prochaine !