Chronique d’une razzia au Livre sur la Place

18 septembre 2013 0 Par Davalian

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A peine embarqué dans un cheval de fer qui quitte Metz à pleine allure, voilà que la pluie se met de la partie et prend visiblement un plaisir certain à sévir avec ardeur. Quel crève-cœur de voir le centre Pompidou, chef d’œuvre architectural unique niché dans un écrin méconnu, ah Metz !, battu par les vents, la pluie, la grisaille.

L’arrivée dans la grande rivale, la « ville du Sud » n’est guère réjouissante. Le parapluie est de rigueur. Mais fort heureusement voilà des panneaux indicateurs forts sympathiques. Peu importe où l’on se retrouve, par où l’on s’égare… aucun doute n’est permis : le sentier est bien balisé et aucun passant ne peut prétexter ne pas savoir où aller.

Parcourir la Rue Saint-Jean, espérer ne pas croiser un tram de sinistre réputation, retrouver la place Stanislas. Pas très compliqué, vu que toutes les enseignes utilisent ce nom. Découvrir la place, sous la pluie, avec la statue en plein milieu. Rappeler les faits d’armes du duc, sa fin, me traverse l’esprit à chaque fois que les pas m’y mènent. Trop facile, après tout ! Aujourd’hui pourtant, ce n’est pas vers la Pépinière que je me tourne un livre à la main, mais légèrement plus à gauche.

Un arc de triomphe un brin tapageur franchi, nous y voilà ! Des colporteurs tentent de vendre timbres et cartes postales, visiblement ils ont fait le bon choix. Un petit coin de verdure, une entrée bien travaillée (le cadre s’y prête) et voilà la place des Carrières (sans grand intérêt le reste de l’année) revisitée. Six chapiteaux. Aucun pavois, ni bouclier, pourtant les deux premiers ne laissent guère de doute : ils appartiennent à une radio, écrue de bleu et de blanc. La troisième est réservée à des manieurs d’argent qui offrent stylo, marques-pages et… nous laissent deviner le nombre de livres placés dans plusieurs urnes. Défi intéressant, le risque de gagner un gadget téléphonique détourne mon attention. Un téléphone, franchement… !

Enfin un petit chapiteau, dingue qu’il fait chaud là-dedans ! Quelques auteurs régionaux semblent punis d’un quelconque méfait. Attendre là qu’un amateur passe, signer, papoter. Plutôt sympa, si l’on excepte la foule réunie là par intermittence (dominée par des cris de ralliement terribles « non s’il te plait ne touche pas à ça, ma chérie »). Encore faut-il préciser qu’ils sont serrés les uns contre les autres. Les pauvres !

Sortir vite, et découvrir deux chapiteaux accolés, dès l’entrée : le doute n’est plus permis, voici le clou du spectacle. Des stands, des auteurs regroupés par éditeur. Nombreux les uns comme les autres. Première balade, dingue il manque pas mal d’auteurs… et aie, en plus ce sont les plus connus ! Bon le Président (sic) est excusé. Dommage, j’aurai bien aimé apercevoir l’Immortel Jean (d’Ormesson). Pas d’Hélène (Carrière d’Encausse) et de Jean-Christophe (Ruffin) non plus. Rapidement la liste s’allonge… mais où sont passés Amélie Nothomb, Bernard Werber, Bernard Pivot, Franz-Olivier Giesbert, Laure Adler, Éric-Emmanuel Schmitt et tant d’autres ?

Fort heureusement Pierre Pevel est là, tout de rouge et de noir vêtu avec son célèbre béret noir, le voilà qui signe rapidement son tout dernier opus, Le Chevalier, première partie de Haut Royaume. Et dire que je me suis juré de ne plus entamer de nouveau cycle ! Promesse d’autant plus vite relayée aux oubliettes qu’arrive enfin Jean-Philippe Jaworski, Gagner la Guerre et Janua Vera dument dédicacés, l’auteur me regarde, s’excuse avec un grand sourire de commentaires bien sentis. Nous voilà lancés à échanger à propos du côté bon enfant de la Compagnie noire de Glen Cook.

La foule ne cesse de se presser, de grands noms semblent aux abonnés absents, la pluie (et les visiteurs) se déchainent. Un rapide crochet vers le Palais du Gouverneur, jeter un œil sur les stylos Mont Blanc, des lettres manuscrites de Jean Moulin et le retour vers Metz se dessine à l’horizon. Un dernier passage me fait côtoyer le grand Jean-François Kahn, égal à lui-même. Voici le discret Éric Marchal, comparé à Ken Follett pour le Soleil sous la soie (enfin disponible au format Pocket), méconnu pour Influenza. Les deux sont à lire de toute urgence ! Sans surprise, j’achète La promesse de l’aube et m’engage solennellement à échanger avec l’auteur toujours accessible. Un dernier passage vers les bandes dessinées, véritable point faible de l’évènement offre l’occasion de côtoyer Michel Montheillet. Collaborateur de Maxime Chattam pour Le bourreau de Portland, le voilà qui discrètement exprime son talent par petites touches précises et efficaces, dommage que la foule de curieux ne soit guère plus nombreuse.

A vous qui venez de lire les lignes ci-dessus, si une leçon vous devez retenir aujourd’hui celle-ci est la suivante : Metz mérite d’être connue. Nancy aussi, mais le dimanche matin durant le Livre sur la Place… 2014 !

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