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Titre : Joséphine Baker
Scénariste : José-Louis Bocquet
Dessinateur : Catel
Éditeur : Casterman
Date de publication : 2016 (septembre)

Synopsis : Joséphine Baker a 20 ans quand elle débarque à Pris en 1925. En une seule nuit, la petite danseuse américaine devient l’idole des Années Folles, fascinant Picasso, Cocteau, Le Corbusier ou Simenon. Dans le parfum de liberté des années 1930, Joséphine s’impose comme la première star noire à l’échelle mondiale, de Buenos Aires à Vienne, d’Alexandrie à Londres. Après la guerre et son engagement dans le camp de la résistance française, Joséphine décide de se vouer à la lutte contre la ségrégation raciale. La preuve par l’exemple : au cours des années 1950, dans son château des Milandes, elle adopte douze orphelins d’origines différentes, la tribu arc-en-ciel. Elle chantera l’amour et la liberté jusqu’à son dernier souffle.

Note 4.5

J’adore Paris. Paris c’est la danse, et moi je suis sa danseuse.

 

Lorsque l’on mentionne le nom de Joséphine Baker, la première image qui s’impose est sans doute celle d’une belle jeune femme à la peau d’ébène se déhanchant peu vêtue sur des airs de jazz. Si ses numéros de danse dans les cabarets parisiens ont effectivement contribué au succès de celle que l’on surnommait à l’époque « la Vénus noire », il serait erroné de réduire son parcours à sa seule carrière de danseuse de revue. Troisième roman graphique publié chez Casterman par le duo Catel & Bocquet, cette biographie illustrée revient sur les moments clés de la vie de l’artiste qui fut, on peut le dire, fort bien remplie ! Danseuse, actrice, chanteuse, pilote, résistante et surtout l’une des premières icônes noires du XXe siècle : Joséphine Baker suscite l’enthousiasme et l’admiration des foules partout où elle passe. Pourtant l’affaire était loin d’être gagnée. Sans être malheureuse, son enfance à Saint-Louis n’est pas un conte de fée : outre le manque d’une véritable figure paternelle, c’est surtout la pauvreté et la ségrégation raciale qui marqueront durablement la petite Tumpie. Un racisme durablement ancré qui lui vaudra un début de carrière mitigé aux États-Unis jusqu’à ce qu’on lui propose de se produire en France où elle conquière véritablement et définitivement son public. S’en suivent des années de succès : des tournées à n’en plus finir, de nombreuses histoires d’amour, des tragédies, aussi (le décès de sa sœur et de son beau-père, une fausse couche, des ruptures douloureuses…).

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L’ouvrage revient également sur des épisodes peut-être moins connus de la vie de Joséphine Baker, à commencer par ses nombreux engagements politiques. On apprend par exemple qu’elle participa activement à la Résistance tout au long de la Seconde Guerre mondiale en fournissant des informations aux Alliés ou en se produisant devant les soldats et les blessés. L’artiste s’engage aussi auprès des enfants en intervenant auprès de plusieurs orphelinats partout dans le monde et en en adoptant elle-même douze, chacun originaire d’un pays différent et formant ainsi une véritable « tribu arc-en-ciel ». C’est sans surprise qu’on la retrouve également aux côtés de Martin Luther King à lutter pour les droits civiques des noirs et la fin de la ségrégation aux États-Unis. S’il est toujours nécessaire de procéder à des « coupes » lorsque l’on entreprend de revenir sur la biographie d’une personnalité à la vie aussi riche que celle de Joséphine Baker, l’ouvrage se révèle malgré tout assez complet (près de six cent pages tout de même) et nous permet de nous faire une idée assez précise de la personnalité de l’artiste. Encore une fois le travail de documentation effectué par les deux auteurs est impressionnant, le roman graphique fourmillant d’anecdotes, de références historiques et de clins d’œil à quelques autres personnalités emblématiques de l’époque (De Gaulle, Mistinguette, Jean Gabin, Brigitte Bardot, Grace de Monaco…)

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Un roman graphique d’une grande richesse et qui rend un bel hommage à cette artiste talentueuse qui parvint à s’imposer en véritable icône. Joséphine Baker prend donc avec succès la suite d’Olympe de Gouges et de Kiki de Montparnasse, deux autres femmes auxquels Catel et Bocquet avaient déjà consacré une biographie. Une quatrième serait d’ailleurs déjà en préparation…

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Autres critiques : Bianca (Des livres, des livres)