Le bleu est une couleur chaude

2 août 2013 0 Par Boudicca

105635_c[1]

Titre : Le bleu est une couleur chaude
Auteur : Julie Maroh
Éditeur : Glénat
Date de publication : 2010

Synopsis : La vie de Clémentine bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune fille aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir toutes les facettes du désir et lui permettra d’affronter le regard des autres. Un récit tendre et sensible.

big_4.5

Il n’y a que l’amour pour sauver ce monde. Pourquoi j’aurais honte d’aimer ?

Roman graphique publié par Glénat en 2010, « Le bleu est une couleur chaude » connaît depuis quelques mois un formidable succès en France suite au triomphe de son adaptation au cinéma (« La vie d’Adèle »), récompensé par la Palme d’or du Festival de Cannes en 2013. Un succès amplement mérité au vue de la qualité de l’ouvrage, tant au niveau graphique que scénaristique. Julie Maroh nous plonge l’espace d’une centaine de pages dans une histoire d’amour bouleversante entre Clémentine, adolescente attachante et un peu déboussolée, et Emma, lesbienne assumée arborant une envoûtante chevelure bleue et dont le chemin ne cesse de croiser celui de la jeune fille. Entre les deux femmes, le coup de foudre est immédiat et il en va de même pour le lecteur qui ne peut que se laisser emporter et émouvoir par le récit de cet amour passionné. Julie Maroh se consacre ici au thème délicat de l’homosexualité avec subtilité et sensualité pour nous offrir une véritable ode à l’amour et à la tolérance.

La naissance des premiers émois amoureux à l’adolescence, les nombreuses questions liées à la sexualité, l’importance et la cruauté du regard des autres…, les sujets abordés sont nombreux et variés et donnent lieu à des scènes d’une grande intensité qui nous rendent aussitôt les deux protagonistes extrêmement attachantes. Qu’il s’agisse de Clémentine ou d’Emma, toutes deux débordent de sensualité et cachent de nombreuses fêlures qui ne peuvent qu’attendrir le lecteur. La qualité du scénario et des personnages est de plus soulignée par des graphismes d’une beauté remarquable ainsi qu’une colorisation osée mais payante. La majorité des dessins sont en effet essentiellement en noir et blanc, à l’exception de cette fameuse couleur bleu qui ressort de façon surprenante tout au long de l’ouvrage et qui tour à tour intrigue, surprend ou séduit. Voilà ce que j’appelle une histoire d’amour, une belle, une vraie !

planches[1]

Un ouvrage bouleversant dans lequel Julie Maroh traite d’un sujet épineux avec un talent et une sensibilité remarquables. A mettre entre toutes les mains, particulièrement aujourd’hui, alors que se poursuit le débat lié à la légalisation du mariage gay, preuve navrante que beaucoup en France (et ailleurs) semblent avoir oublié la véritable signification des mots amour et tolérance. Magnifique !

Autres critiques : K.bd (Le blog de k.bd)

Retour en haut