Green Lantern - Green Arrow

Titre : Green Lantern / Green Arrow
Scénariste : Dennis O’Neil
Dessinateur : Neal Adams
Éditeur : Urban Comics (DC Archives)
Date de publication : 13 juin 2014 (1970-1974 en VO chez DC Comics)

Synopsis : andis qu’Hal Jordan se charge de protéger l’univers à l’aide de son anneau de Green Lantern, sur Terre, Oliver Queen s’occupe des malfrats de Star City sous le masque de l’archer Green Arrow. Toutefois, les deux justiciers d’émeraude font parfois équipe ! Imaginées par Denis O’NEIL et illustrées par le tandem Neal ADAMS/Dan ADKINS, ces aventures qui bouleversèrent l’industrie du comics par leur approche réaliste des problématiques propres aux années 70 (crise, drogue, crime, écologie, etc.), signèrent une nouvelle étape dans l’évolution du médium.

Note 4.0

Cette histoire, certains diront qu’il ne fallait pas la raconter. D’autres, qu’elle n’a pas sa place dans un comic book. Ce n’est pas notre avis, car nous avons vu trop d’humains brisés, détruits, plongés dans la souffrance. Nous sommes en colère, cette histoire est un cri !

Pour apprécier Green Lantern/Green Arrow, ce n’est pas compliqué, il y a deux écoles : soit on prend le parti de mesurer le chemin parcouru en termes d’ « acceptation sociale » (avec tous les guillemets dont vous avez besoin), soit on prend plutôt le parti de considérer la faiblesse des engagements sociaux de beaucoup de comics actuels par rapport à cette série étendard des années 1970. Dans un sens comme dans l’autre, cet épais volume permet de nous plonger dans une série qui associe de manière atypique deux super-héros bien connus, Green Lantern alias Hal Jordan et Green Arrow alias Oliver Queen.


Dans Star City, la ville d’Oliver Queen/Green Arrow, comme ailleurs, les inégalités sociales sont légion ; pour autant, rares sont les occasions saisies par les auteurs de les incorporer durablement à leur récit. Avec le duo Neal Adams-Dennis O’Neil, cela change durablement : Green Arrow reste ce quasi illuminé d’une doctrine très gauchiste (les mots ont un sens…) face à un Green Lantern plus fragile et dont on suit, au départ, la prise de conscience. La relation duelle entre les deux héros s’inverse de temps à autre, suivant qui donne une leçon de vie à qui. Comme il est précisé rapidement, nous sommes dans une quête de vérité dans tout ce que ça a de très personnel pour les super-héros comme pour le lecteur, dans une quête de soi avant tout. Bien sûr, certaines répliques nous paraissent complètement démagogiques tant le trait est poussé. Pourtant, la nécessité de mettre le doigt sur ces considérations discriminatoires et antisociales s’imposait, semble-t-il. Et, de ce point de vue-là, les occasions sont nombreuses pour nous asséner, avec raison, quelques coups de morale bien sentis.

– J’ai lu que vous travaillez pour des hommes à peau bleue… et que sur une planète lointaine, vous avez aidé des hommes orange… et aussi des hommes pourpres. Mais vous ne vous êtes jamais soucié des hommes noirs ! Pourquoi ? J’aimerais savoir ! Répondez-moi, M’sieur Green Lantern !
– Je ne sais pas…

Pour autant, il n’y a pas non plus que des problèmes sociaux d’abordés ici. Hal Jordan et Oliver Queen vont tous deux voir leurs interactions personnelles, leur entourage évoluer durablement. Ainsi, tous deux nouent ou renouent avec leur « âme sœur » habituelle, Carol Ferris pour le premier, Dinah Laurel Lance/Black Canary pour le playboy à la barbichette blonde. C’est vrai que leur situation financière n’est abordée qu’à la marge, puisque l’un comme l’autre sont clairement dans la dèche (chômeur et « pilote de chasse intérimaire » pour le premier…, ex-milliardaire pour le second). Toutefois, chacun est suivi par un personnage qui compte beaucoup : l’un des Gardiens immortels accompagne le duo pour voir en quoi le travail de Hal Jordan sur Terre compte autant dans son travail de policier de l’espace, et de même, Roy Harper (alias Arsenal) renvoie à Oliver Queen, son mentor, une image de lui-même bien marquante.

La construction d’un tel ouvrage est bien sûr à saluer. Urban Comics en fait une quasi intégrale du run de Dennis O’Neil et Neal Adams sur ce duo que l’on n’aurait pas pensé à associer, au départ. Toutefois, attention aux surprises, ne vous attendez pas à suivre une histoire continue jusqu’à la fin de l’ouvrage, puisque les derniers épisodes sont des chapitres spéciaux se rattachant à d’autres événements de l’univers DC. Rien d’insurmontable évidemment, puisque l’éditeur se permet même de zapper l’aspect éditorial sur ce point précis (contrairement à d’habitude), mais juste ne vous étonnez pas de trouver des couvertures de Flash ici, c’est tout à fait normal.

Cet épais volume Green Lantern / Green Arrow vaut donc associe quand même des histoires mythiques où se mêlent une chevauchée à travers les États-Unis d’Amérique, des problèmes sociaux à la pelle et des interventions intergalactiques qui ne paraissent jamais superflues.

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Autres critiques : Yvan Tilleul (Sin City)