Jan Karski

Titre : Jan Karksi : L’homme qui a découvert l’holocauste
Scénariste : Marco Rizzo
Dessinateur : Lelio Bonaccorso
Éditeur : Steinkis
Date de publication : 2014

Synopsis : « Monsieur, je n’ai pas dit que ce jeune homme mentait. J’ai dit que je suis incapable de le croire. Ce n’est pas la même chose. » 1939. Jan Kozielewski, jeune Polonais de bonne famille, catholique, est happé par la guerre. Sous le nom de Jan Karski, il devient un agent de la résistance.
Sa mission : s’introduire au cœur du ghetto de Varsovie puis dans un camp d’extermination et transmettre son rapport au Président des États-Unis.

Note 4.0

Cette guerre est celle des résistants. C’est la seule à laquelle peuvent participer les boiteux, les estropiés, les vieillards et les femmes.

 

« C’est l’histoire d’un homme devenu un héros par hasard mais aussi celle d’un être ordinaire ballotté par les événements. » On découvre avec ce roman graphique l’histoire passionnante de Jan Karski, ce résistant polonais chargé par son gouvernement en exil de dresser un compte rendu de la situation en Pologne sous l’occupation nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Camp de travail, ghetto de Varsovie, camp de concentration…, on plonge avec cet homme au cœur même de l’horreur de l’holocauste. Marco Rizzo et Lelio Bonaccorso se sont de toute évidence abondamment documentés sur le sujet et proposent un aperçu succinct mais néanmoins parlant des événements qui eurent lieu dans l’Est de l’Europe dès la fin de l’année 1939. Arrivée des Allemands, construction du ghetto de Varsovie, organisation de la résistance…, l’ouvrage nous fait revivre cette période dramatique par les yeux de Karski, témoin privilégié des atrocités commises par les nazis qui ira porter son témoignage jusque devant le président des États-Unis et le ministre des Affaires Étrangères britanniques.

Jan karski planche 1

Comme n’importe quel ouvrage consacré à l’enfer vécu par les déportés dans les camps de concentration, ce roman graphique se lit avec beaucoup d’émotion. Certaines scènes sont à peine supportables, notamment au moment où le protagoniste découvre pour la première fois l’intérieur du ghetto de Varsovie et ses habitants, errants, hagards et squelettiques, au milieu des cadavres abandonnés en plein milieu des rues. La longue scène de la visite du camp de concentration est également marquante, tant au niveau des images montrant des dizaines d’hommes, femmes et enfants fusillés ou entassés comme des bêtes dans des wagons, que du texte, tiré du véritable témoignage de Jan Karski. L’ouvrage montre aussi très bien le développement de la résistance polonaise et l’abnégation dont durent faire preuve ses membres afin de contrer les nazis dans la région. Là encore, certains moments sont particulièrement chargés d’émotion, comme celui du passage du protagoniste aux mains de la Gestapo ou encore celui d’une descente des Allemands dans l’un des QG de la résistance.

Jan karski planche 2

Un ouvrage poignant et terrible consacré à un homme peu cité dans les livres d’histoire malgré sa position de témoin privilégié des ravages causés par la barbarie nazie en Pologne. Une lecture difficile, donc, mais nécessaire pour de ne jamais reproduire les horreurs du passé (le chemin est malheureusement encore bien long…).

Autres critiques : Yvan Tilleul (Sin City)