The Amazing Spider-Man 2

Titre : Le Destin d’un Héros (Rise of Electro)
Cycle : The Amazing Spider-Man 2
Réalisateur : Marc Webb
Acteurs principaux : Andrew Garfield, Emma Stone, Jamie Foxx, Dane DeHaan, Colm Feore, Felicity Jones, Paul Giamatti
Budget : 230 M$
Date de sortie française : 30 avril 2014

Synopsis : Ce n’est un secret pour personne que le combat le plus rude de Spider-Man est celui qu’il mène contre lui-même en tentant de concilier la vie quotidienne de Peter Parker et les lourdes responsabilités de Spider-Man. Mais Peter Parker va se rendre compte qu’il fait face à un conflit de bien plus grande ampleur. Être Spider-Man, quoi de plus grisant ? Peter Parker trouve son bonheur entre sa vie de héros, bondissant d’un gratte-ciel à l’autre, et les doux moments passés aux côté de Gwen. Mais être Spider-Man a un prix : il est le seul à pouvoir protéger ses concitoyens new-yorkais des abominables méchants qui menacent la ville. Face à Electro, Peter devra affronter un ennemi nettement plus puissant que lui. Au retour de son vieil ami Harry Osborn, il se rend compte que tous ses ennemis ont un point commun : OsCorp.

Note 1.5

« Alors si, parce que tu refuses de me perdre, on ne peut pas être ensemble, tu crois vraiment qu’on arrivera à être heureux ? »

[Gwen Stacy à Peter Parker au bout de 10 minutes de film (!)]

Le nouveau Spider-Man est arrivé ! Après quelques adaptations dans les années 1970, après une trilogie marquante, après un reboot contestable, il fallait bien la suite du reboot… évidemment. D’autant que nous savons déjà que les studios Sony préparent d’ores et déjà un troisième et un quatrième opus, et deux spin-off intercalés (Sinister Six et Venom). C’est dire l’intérêt de ce film. Le premier opus de cette énième « trilogie » posait déjà la question : le personnage de Spider-Man a-t-il besoin d’être « rebooté »/remis à zéro aussi rapidement ? Ce deuxième opus répond clairement à son tour : non !

Avec The Amazing Spider-Man 2, titré, au choix, « Rise of Electro » ou « Le Destin d’un Héros » (les deux étant hautement mal choisis), nous avons l’ « honneur » de regarder du beau, du clinquant, mais il n’y a pas grand-chose finalement. Ce qui marque rapidement, ce sont les ralentis oppressants, dans n’importe quelle position, à n’importe quel moment. Bien sûr, nous avons toujours une belle dynamique des chorégraphies, mais trop tape-à-l’oeil, façon jeu vidéo, et on perd du même coup l’aspect arachnéen du héros pendant ses combats qui avait compensé les défauts du premier opus. Ajoutez à cela la bande son catastrophique et vous aurez compris que l’aspect visuel et rythmique pêche par beaucoup d’aspects : épique dès le départ alors qu’il n’y a aucune raison, surtout avec Spider-Man qui est plus cool qu’épique, puis lourde et techno un peu plus tard sans davantage de justification ; même la sonnerie de portable de Peter Parker, générique bien connu de la série Spider-Man, est bien nasillarde. Pour le reste, avouons qu’il sera temps de se payer un dialoguiste, puisqu’à part les blagues redondantes de Spider-Man, cela ne vole pas haut – pensant trouver une bonne alchimie entre les deux acteurs principaux, nous tombons avant tout sur plusieurs scènes cul-cul entre deux étudiants ayant tout pour être parfaits, mais cherchant continuellement les complications.

Quant au scénario, abandonnez tout espoir, tant que les droits ciné du personnage seront chez Sony, de voir un jour une bonne histoire complète et logique sur Spider-Man ! Nous avons là à la fois trop de thèmes (dégâts dans la ville, droit à poursuivre les vilains, « origines » du Tisseur, etc.) et trop de méchants partout. Il aurait fallu en laisser pour le film suivant. Comme beaucoup l’ont dit, nous avons affaire à un film « teaser », qui nous incite à oublier celui-ci mais à venir voir le suivant absolument. Un comble ! À force de charger à rabord de clins-d’oeil, nous avons davantage affaire à un montage des producteurs qu’à une réalisation de Marc Webb qui tente de distiller ce qu’il aime de temps à autre. Dans cette optique, les « origines » de Spider-Man et l’histoire de ses parents ne sont relancées en milieu de film que pour combler un peu, et les attentes (puisque c’est ce qui a toujours été promis depuis le début de cette trilogie) et la longueur du film lui-même. Du remplissage bourratif, en somme. À l’image de tout le reste, on zappe l’essentiel et on s’intéresse aux choses évidentes ou que le montage nous rabâche en nous prenant pour plus bête que nous le sommes à avoir osé regardé ce film. On s’intéresserait presque à l’évidence de la débilité d’une foule monstrueuse et l’invasion des médias, notamment dans le premier combat contre Electro : un monstre détruit la ville, mais des mères laissent leurs enfants approcher, les caméras zooment sur la misère, la routine sûrement.

D’ailleurs, ce film multiplie la casse pour le plaisir, avec notamment un Electro surpuissant au bout du compte : ce quasi dieu (dématérialisation, vol en suspension, compatibilité avec tout circuit électrique) ne devrait pas être possible à arrêter et la fin n’en est que plus débile encore. Cet Electro ne rend qu’encore plus ridicule la sempiternelle construction des super-vilains dans les franchises Spider-Man : un manque à compenser et sans être méchants au départ, ils le deviennent malgré tout en espérant ce qu’ils ne devraient pas avoir. Ainsi, le Lézard, Electro et le Bouffon suivent le même concept. Finalement, peu de constructions des personnages au bout du compte, et les acteurs n’aident pas : Andrew Garfield est sympa, mais joue un Spider-Man sans être Peter Parker (qui oublie son oncle, qui joue les BG en plein lycée) ; Emma Stone accapare une bonne part du scénario sans tellement le mériter ; Jamie Foxx se rate complètement en choisissant un rôle qu’il est incapable de tenir (le rôle du benêt puis du surpuissant, ce n’est pour lui du tout !) ; Dane DeHaan n’a pas grand-chose à se reprocher, mais son introduction et son évolution sont juste inconcevables ; Colm Feore fait le job, mais mérite de bien meilleurs rôles ; Felicity Jones n’est là que pour le clin-d’oeil de son rôle (Felicia Hardy…) ; tandis que Paul Giamatti en Rhino n’est qu’une vaste blague, à l’image de ce film.

Au terme de ce long-métrage, nous pourrons remarquer qu’une bande-annonce de 3 minutes (en plus, il y en eut trois en quelques mois, c’est dire la mauvaise communication !) et un peu de jugeote nous auront suffi pour tout savoir de cet Amazing Spider-Man 2 ; autant dire que ce film comporte bien peu de choses utiles et captivantes. À « consommer » sans ambages, mais surtout sans espoir d’intérêt.

Autres critiques : Les Toiles héroïques et Lorhkan (Lorhkan et les mauvais genres)