La peur du sage I

Titre : La peur du sage : Première partie (The wise man’s fear)
Cycle : Chronique du tueur de roi, tome 2 (partie 1)
Auteur : Patrick Rothfuss
Éditeur : Bragelonne
Date de publication : 2012
Récompenses : Prix Elbakin.net 2013 (roman étranger). Prix David Gemmell Legend 2012

Synopsis : J’ai dormi des milliers de nuits et parcouru des milliers de kilomètres.
Je m’imaginais que tout serait très facile, une fois que je serais à l’Université. J’y apprendrais la magie et trouverais les réponses à toutes les questions que je me posais. Je croyais que tout se passerait aussi simplement que dans les livres de contes. Et il aurait pu en être ainsi, si je n’avais pas eu le don de me faire des ennemis et de m’attirer les ennuis. Cette histoire n’a rien d’une romance enlevée. Ce n’est pas une fable, où l’on revient d’entre les morts. Ce n’est pas un récit épique destiné à galvaniser les esprits. Non. Nous savons tous de quel genre d’histoire il s’agit. Quand quelqu’un vous raconte une partie de sa vie, c’est un cadeau qu’il vous fait.

Note 4.0

Autrefois, quand les étudiants aspiraient tous à devenir nommeurs, les choses étaient différentes. Le nom que les novices étaient encouragés à chercher était celui du vent. Une fois qu’ils l’avaient trouvé, leur esprit était tiré de sa torpeur et les autres noms étaient plus faciles à trouver. Cependant, certains étudiants avaient des problèmes pour découvrir le nom du vent. Il y avait trop peu de corniches, ici, trop peu de risques. Alors ils partaient tenter leur chance, vivaient des aventures, s’adonnaient à la chasse au trésor et au secret. Les choses ont changé. Aujourd’hui il y a encore moins de corniches qu’autrefois. Le monde est moins sauvage. Il y a mois de magie, plus de secrets, et une poignée de personnages seulement connaissent le nom du vent.

Après quelques années d’attente, voici enfin la suite tant attendue du « Nom du vent », premier roman du désormais célèbre Patrick Rothfuss. Enfin…, une partie de la suite seulement puisque Bragelonne a fait le choix de découper ce second tome en deux. Difficile par conséquent de complètement juger de la qualité de « La peur du sage », même si on peut d’ores et déjà affirmer au terme de la lecture de cette premier partie que l’auteur a à nouveau réussi son coup. On y retrouve le personnage de Kvothe qui poursuit sa narration de l’histoire de sa vie et de la naissance de sa légende. La plus grande partie du roman offre, il faut l’avouer, assez peu de nouveauté puisqu’elle est encore consacrée aux études du protagoniste et à ses déboires à l’Université pour arcanistes d’Imre : ses problèmes de finance, sa querelle avec Ambrose, ses talents de musiciens, ses relations avec la séduisante et insaisissable Denna…

Le dernier tiers du roman, en revanche, se fait beaucoup plus dépaysant puisqu’on y découvre une nouvelle région, la province du Vintas, ainsi que de nouveaux personnages. Des complots, des courtisans plus ambiguës et hypocrites les uns que les autres, une culture et des codes sociaux déconcertants…, difficile de ne pas se laisser happer par la richesse de l’univers de l’auteur et la qualité de son intrigue qui s’étoffe quelque peu ici à mesure que le rythme s’accélère. Les personnages pour leur part sont toujours aussi convaincants et attachants, à commencer par le duo formé par Kvothe, jeune garçon talentueux, fier et parfois arrogant mais surtout extrêmement touchant, et Denna, personnage ambiguë, mi femme fatale mi femme fragile. D’autres sortent évidemment du lot comme le toujours aussi déjanté maître nommeur Elodin ou encore le vieillissant mais redoutable Maer.

Pari réussi pour Patrick Rothfuss qui parvient avec une facilité déconcertante à nous replonger dans les aventures de cet atypique protagoniste découvert il y a maintenant trois ans. Malgré un rythme très lent et une action plus que limitée, le roman se révèle aussi addictif que le précédent. Un conseil, toutefois, enchaînez aussitôt avec la seconde partie si vous ne voulez pas vous retrouvez coupé dans votre élan, la cohérence du découpage effectué par Bragelonne étant des plus discutable.

Voir aussi : Tome 1 ; Tome 2-2 ; Tome 3

Autres critiques : Jean-Philippe Brun (L’Ours inculte) ; MarieJuliet (Les Lectures de MarieJuliet) ; Mlle Niall (La Croque-Livres) ; Yumiko (Évasions littéraires)