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Titre : Crise d’Identité (Identity Crisis)
Série : Justice League
Scénariste : Brad Meltzer
Dessinateur : Rags Morales
Éditeur : Urban Comics (DC Classiques)
Date de publication : 25 janvier 2013 (2004-2005 en VO chez DC Comics)

Synopsis : Sue Dibny la femme d’Extensiman, l’un des membres de la Ligue de Justice, a été assassinée. Le meurtrier a pu déjouer les systèmes de sécurité installés par les plus grands héros de la Terre. L’enquête menée par les justiciers va mettre à jour un complot au sein même de la Ligue et un terrible secret concernant leur traitement des super-vilains !

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Quiconque enfile un costume trace une cible sur toute sa famille.

Si vous voulez découvrir du comics de super-héros qui mise bien plus sur les relations entre les personnages, les interactions sociales, que sur de l’action à tout-va, venez lire celui-ci !

 

Chez DC Comics, il y a la fameuse trinité composée de Batman – Wonder Woman – Superman, puis il y a quelques deuxièmes lignes d’envergure comme Green Lantern, Green Arrow et autres Flash, mais il y a aussi une marqueterie de troisièmes couteaux que les crossovers mettent beaucoup plus rarement en lumière. Et cette Crise d’Identité (Identity Crisis en version originale : encore une « Crise » dans l’univers DC !) pioche parmi toutes ces catégories pour découvrir des personnages parfois bien peu connus.

Et c’est grâce à un auteur de romans policiers, Brad Meltzer, que ce glissement a pu être réalisé : il adapte sa potion magique à ces personnages décalés ou hors du temps. D’ailleurs, le premier chapitre est tout simplement un exemple de grande classe mettant en place un polar de bonne facture : mise en place de l’intrigue, début d’introspection et saupoudrage de quelques indices au programme ! L’amour et l’amitié sont mis à rude épreuve et nous voyons véritablement les différentes personnalités des super-héros se mettre en scène : le scoutisme de Superman, l’amitié entre Hal Jordan (alias le Spectre à ce moment de l’histoire) et Oliver Queen (Green Arrow pour les connaisseurs), la technicité de Batman, le sens de la famille de Tim Drake (alias Robin), etc. Tout compte finalement et, même si le final peut paraître véritablement convenu, il est rafraîchissant de voir un tel crossover être produit par DC Comics. Notons que la lecture est facilitée encore une fois par l’utilisation d’un système de couleurs pour différencier qui est le narrateur, très adapté pour toutes ces petites histoires imbriquées. Enfin, même si, tout du long, nous sommes englués dans un polar profond, nous avons de temps à autre du fun malgré tout, avec notamment une société de super-vilains qui passe sa soirée à jouer à Risk ! Scène qui m’a tiré plus qu’un sourire !

J’aime beaucoup l’ensemble du dessin de Ralph « Rags » Morales, et son travail sur des personnages centraux comme Ralph Dibny (son visage qui coule est génial !) ou bien Oliver Queen est tellement beau. Bon, j’ai été gêné par certains visages, notamment de personnages qu’il a sûrement moins l’habitude de dessiner et qui, du coup, se ressemblent plutôt. En revanche, quelle construction des pages ! Un sacré travail sur l’enchaînement des cases et le storytelling graphique de l’histoire a été réalisé et il faut le saluer, car trop de comics, surtout mainstream, se contentent de suivre un enchaînement classique. D’autant plus, qu’ici, Ralph Morales n’abuse pas du tout des grandes planches tenant sur une ou deux pages. Enfin, il faut noter la magistrale façon par laquelle Dave Gibbons assure l’intérim dans l’interlude central.

L’édition d’Urban Comics se veut classieuse et complète. La préface donne déjà le ton, avec un court texte de Joss Whedon, placé sous le signe du relationnel (avec les maisons d’éditions, entre les scénaristes, avec les personnages, etc.). Enfin, avec les habituels bonus qui donnent à cette édition le surplus nécessaire pour se distinguer de l’édition précédent, nous bénéficions également d’une ancienne aventure écrite par Gerry Conway et dessinée par Dick Dillin : Urban Comics la relie à cette histoire car elle est citée à un moment dans l’intrigue, mais en profite aussi pour republier du vieux matériau, de celui qui est très difficile à publier en librairie comme en kiosque aujourd’hui mais qui est toujours plaisant de redécouvrir pour les lecteurs assidus ou passionnés, ce qui ne mange pas de pain ici.

Crise d’identité s’impose donc comme un véritable crossover d’envergure, mais qui ne mise pas sur l’action à tout prix (et qu’est-ce que ça fait du bien !) et qui, surtout, pose LA question fatidique : que vaut le devoir du super-héros devant le sens de la famille ?

Autres critiques : Maedhros909 (Lire, voir, jouer, écouter, découvrir)