• La Révolution française : Conférence de Jean-Clément Martin (Le Mans – octobre 2021)

    Nous avons eu la chance d’assister le 22 octobre dernier à une conférence de l’historien Jean-Clément Martin, l’un des plus éminents spécialistes français de la Révolution. Plutôt que de présenter les différents événements clés de la période (bien connus du public puisque majoritairement composé d’enseignants), le chercheur a préféré revenir sur trois enjeux historiographiques essentiels et sur les clichés qui continuent de circuler sur cette époque foisonnante de l’histoire de France. L’intervenant aussi bien que la conférence s’étant révélés passionnants, je vous propose un petit compte rendu de ce qui a pu être dit au cours de cet exposé et des échanges qui ont suivi.

  • A bord du négrier – Une histoire atlantique de la traite

    Titre : A bord du négrier – Une histoire atlantique de la traite
    Auteur : Marcus Rediker
    Éditeur : Points Histoire
    Date de publication : 2017

    Synopsis : Pendant les quatre cents ans que dura la traite négrière, plus de quatorze millions de prisonniers africains, réduits en esclavage, traversèrent l’Atlantique pour devenir une main-d’oeuvre de masse, précieuse et gratuite. Marcus Rediker nous entraîne à bord de ces monstrueux « donjons flottants » et reconstitue ces voyages terrifiants au cours desquels périrent deux millions de personnes. Il se fait ainsi le narrateur des conditions de vie terrifiantes des esclaves, de la peur des équipages enfermés à bord de ces poudrières, des rapports hiérarchiques extrêmement durs, des relations entre marins et prisonniers. Il fait, enfin, une large place aux révoltes, à l’issue souvent sanglante, que les esclaves issus d’ethnies diverses ont été capables d’organiser.

    Le navire négrier et les relations sociales qui émergèrent à son bord donnèrent sa forme au monde moderne et pourtant leurs histoires restent sous bien des aspects inconnus.

    Entre la fin du XVe siècle et la fin du XIXe, 12,4 millions d’esclaves furent déportés et 1,8 millions d’entre eux moururent au cours du Passage du Milieu (expression utilisée pour désigner la traversée de l’Atlantique), sans compter les nombreux autres qui décédèrent avant même d’avoir atteint le navire et auxquels il faut ajouter les 1,5 million qui décéderont au cours de leur première année de captivité. Entre 1700 et 1808, période qu’on considère comme l’âge d’or de la traite négrière, 3 millions d’Africains ont été transportés par des navires, essentiellement britanniques ou américains. Cette époque, ces navires, leurs capitaines, leurs équipages et leurs cargaisons de captifs sont au cœur du travail de documentation réalisé ici par Marcus Rediker, historien américain spécialiste de l’histoire maritime. L’ouvrage comporte un peu plus de cinq cent pages et vise à la fois à pallier l’absence d’études sur le navire négrier en lui-même, et à élargir notre champ de vision historique. Le chercheur part en effet du constat que, lorsqu’il est question de la traversée des esclaves, les historiens ont tendance à ne se focaliser que sur la mortalité dont les chiffres seraient, à eux seuls, révélateurs de l’horreur de la traite (bien que certains s’en servent aussi pour la minimiser, arguant que, les esclaves étant précieux pour les marchands, ces derniers prenaient garde à ne pas trop les « abîmer »). Or, pour Marcus Rediker, au-delà de la mort, c’est avant tout la terreur qui reste la principale caractéristique définissant l’enfer du navire négrier. Pour étayer son propos, l’auteur va compiler un nombre colossal de témoignages émanant des quatre principaux acteurs impliqués dans le Passage du Milieu : les capitaines, les marins, les captifs eux-mêmes et enfin les mouvements abolitionnistes anglais et américains. L’ouvrage comporte dix chapitres mais peut être découpé en trois grandes parties : la première, plus générale mais néanmoins remplie de témoignages particuliers, vise à dépeindre les caractéristiques de la traite (pratiques commerciales, évolution et organisation des navires négriers, chemins africains vers le Passage du Milieu…) ; la seconde se focalise sur trois témoignages qui permettent de se familiariser avec les trois grandes figures se partageant l’espace sur le navire négrier ; la dernière réunit les quatre derniers chapitres et se consacre aux spécificités propres à chaque profil (capitaine, marin, captif, abolitionniste).

  • Les empoisonneurs

    Les Empoisonneurs – Antisémitisme, islamophobie, xénophobie

    Les empoisonneurs

    Titre : Les Empoisonneurs : Antisémitisme, islamophobie, xénophobie
    Auteur : Sébastien Fontenelle
    Éditeur : Lux [site officiel]
    Date de publication : 20 août 2020

    Synopsis : Quotidiennement, des agitateurs prennent d’assaut les tribunes pour attiser colères identitaires et passions xénophobes. Leur brutalité verbale, qui vise principalement les «migrants» et les «musulmans», rappelle la violence de ceux qui, dans la première moitié du siècle précédent, vilipendaient les «métèques» et les «juifs». De la même façon que les droites d’antan vitupéraient contre le «judéo-bolchevisme», leurs épigones fustigent l’«islamo-gauchisme», qu’ils associent à l’antisémitisme.
    Or ces mêmes accusateurs font parfois preuve d’une étonnante complaisance lorsqu’ils se trouvent confrontés, dans leurs alentours culturels et idéologiques, à des considérations pour le moins équivoques sur les juifs ou sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Soudain ils deviennent magnanimes et peuvent même trouver à leurs auteurs des circonstances atténuantes. Et ainsi se perpétue l’abject.

    Les Empoisonneurs, c’est un tout petit livre, mais astucieux et efficace, car il n’y a pas besoin d’écrire pendant des pages et des pages pour démontrer que la vie politique française garde un fond d’extrême-droite. C’est ce que propose donc de faire Sébastien Fontenelle chez Lux avec cet ouvrage sous-titré « antisémitisme, islamophobie, xénophobie ».

  • Coup d'État d'urgence

    Le Coup d’État d’urgence

    Coup d'État d'urgence

    Titre : Le Coup d’État d’urgence : surveillance, répression et libertés
    Auteur : Arié Alimi
    Éditeur : Le Seuil (Documents) [site officiel]
    Date de publication : 21 janvier 2021

    Synopsis : Printemps 2020. Pour faire face au Covid-19, le premier état d’urgence sanitaire de l’histoire de France est instauré, s’inspirant de l’état d’urgence décrété pendant la guerre d’Algérie. Du jour au lendemain, l’intégralité de la population française se retrouve assignée à résidence, privée de sa liberté d’aller et de venir, de son droit à la vie privée et, selon les cas, de son droit au travail ou à la liberté d’entreprendre.
    Parallèlement, un mécanisme de surveillance généralisée est mis en place, avec quadrillage policier du territoire et usage de drones. Désormais, chaque citoyen est considéré comme un danger potentiel. Il n’est plus un sujet de droit mais un « sujet virus ».
    Alors que l’état d’exception contamine peu à peu le droit commun à la manière d’une tache d’huile, les catégories de personnes et les champs touchés par les réductions de libertés ne cessent de s’étendre. Quelles conséquences, dans ces conditions, pour les libertés publiques ? Quels contre-pouvoirs mobiliser face à l’arbitraire de l’exécutif ? Faut-il apprendre à vivre avec ce nouveau paradigme, ou, position défendue par l’auteur, ne pas s’y résigner ?
    L’expertise d’Arié Alimi est précieuse et permet de poser un regard sans concession sur la question des libertés publiques et des dérives policières, au cœur de l’actualité. Face à ce « coup d’état d’urgence », il est encore temps de réagir.
    Arié Alimi est un avocat pénaliste. Il défend de nombreuses victimes de violences policières et est membre de la Ligue des droits de l’Homme.

    L’état d’urgence est, par définition, un état d’exception. Un état d’exception qui n’est plus si exceptionnel que cela tant sa fréquence s’accentue en France. Depuis cinq ans, la France a vécu plus de temps sous le régime d’exception de l’état d’urgence que sous le régime de droit commun.

    Arié Alimi, avocat très engagé à gauche, à la Ligue des Droits de l’Homme par exemple, propose une analyse de la situation juridique française dans Le Coup d’État d’urgence, chez les éditions du Seuil.

  • C’est la nuit surtout que le combat devient furieux – Une ambulancière de la Commune, 1871

    Titre : C’est la nuit surtout que le combat devient furieux – Une ambulancière de la Commune, 1871
    Auteur : Michèle Audin (d’après le témoignage d’Alix Payen)
    Éditeur : Libertalia
    Date de publication : 2020 (mars)

    Synopsis : Née dans une famille bourgeoise et fouriériste, Alix Payen (1842-1903) a 29 ans lorsqu’elle s’engage dans le 153e bataillon de la garde nationale. Ambulancière et infirmière, elle participe à la défense du fort d’Issy, qui protège Paris contre les assauts de l’armée versaillaise, puis à celle du fort de Vanves. Pendant les rares moments de calme, elle écrit à sa mère. Alix Payen a peu attiré l’attention des historiens. Pourtant, elle a participé à la lutte avec courage et détermination, et elle a décrit avec sensibilité les combats violents, souvent furieux – et la vie du bataillon sous les obus. Ce livre est formé de lettres, dont beaucoup sont inédites. Ces documents ont été rassemblés et présentés par la romancière Michèle Audin

     

    Subitement et de part et d’autre cet infernal vacarme cessa et le silence semblait plus profond après ces horribles détonations. Tout à coup, au milieu de ce calme, un rossignol s’est mis à chanter. Le contraste entre ce joli chant si pur, si doux, et ce que nous venions d’entendre était frappant. Pour moi, les larmes me vinrent aux yeux ; il me semblait comprendre le rossignol : il chantait la paix, l’amour, la famille. 

    Dans le cadre des 150 ans de la Commune de Paris, découvrez nos différents articles sur le sujet : « La Commune de Paris » de Sebastian Haffner ; « Louise Michel, la Vierge rouge » de Mary et Bryan Talbot ; « Dans l’ombre du brasier », d’Hervé Le Corre (à venir « Les damnés de la Commune » de Raphaël Meyssan)

  • La Commune de Paris

    Titre : La Commune de Paris
    Auteur : Sebastian Haffner
    Éditeurs : Éditions de Fallois et Éditions Europolis
    Date de publication : 2019

    Synopsis : Le court essai qu’Haffner a consacré à la Commune de Paris occupe une place singulière dans son œuvre. C’est le regard d’un grand intellectuel allemand sur la plus grande tragédie sociale du XIXe siècle en France. Que trouve-t-on dans ce texte ? Non pas une nouvelle histoire de la Commune mais une réflexion approfondie sur sa signification et ses répercussions. Les faits essentiels sont rappelés sans rien omettre de la barbarie versaillaise ni de la répression judiciaire qui en a prolongé les effets.Mais Haffner évoque également les idées «communardes» qui allaient plus tard être reprises dans la législation sociale. Il s’attache à montrer l’attitude évolutive de Marx d’abord très sévère pour l’aventurisme du soulèvement populaire spontané avant de reprendre le flambeau de la Commune assassinée dans La Guerre civile en France, flambeau qui sera repris à son compte par Lénine.

    La malédiction que ce monde bourgeois s’est attiré par l’éradication de la Commune n’est pas éteinte pour autant. Les spectres des fusillés continent de se battre, aujourd’hui encore. Ils hantent toutes les révolutions du XXe siècle.

    Comme vous le savez, ce blog est d’ordinaire majoritairement consacré aux littératures de l’imaginaire en général, et à la fantasy en particulier, même si d’autres types d’ouvrages viennent de temps à autre émailler nos publications (bandes dessinées, romans historiques, littérature générale…). Les essais politiques ont également récemment fait leur apparition, et c’est à présent au tour des synthèses historiques de venir s’ajouter à la liste. Anciens étudiants en histoire tous les deux, nous nous sommes en effet depuis peu replongés dans des lectures de type universitaire traitant d’une période sur laquelle nous avions globalement fait l’impasse lors de nos études : le XIXe français. Un siècle complexe à appréhender car caractérisé notamment par la fréquence et la rapidité de ses changements de régime puisqu’on passe tout de même en l’espace de cent ans d’une monarchie absolue à une république, puis à un empire, une restauration monarchique, une nouvelle révolution, suivie d’une nouvelle restauration, elle-même suivie d’une troisième révolution, à laquelle s’ajoute ensuite une nouvelle république, un nouvel empire, et enfin une nouvelle république. C’est dense, c’est complexe, et c’est souvent une période très méconnue. Mes sensibilités politiques m’ont pour le moment plutôt amenée à me pencher sur des périodes de structuration du mouvement ouvrier ou de révolution (même si je ne devrais pas tarder à aller regarder de plus près la Restauration grâce à l’excellente chaîne de vulgarisation historique Veni Vedi Sensi), et c’est donc tout naturellement que je me suis intéressée à la Commune de Paris dont, hasard du calendrier, nous fêtons aujourd’hui même les 150 ans. A cette occasion je vous propose donc de découvrir pendant les semaines à venir plusieurs ouvrages consacrés à cette période brève (72 jours !) mais marquante de notre histoire, tout en continuant bien sur à vous parler en parallèle de nos découvertes en SFFF. Voici donc le programme des prochaines semaines sur le sujet :
    18 mars : La Commune de Paris – Sebastian Haffner (synthèse historique)
    25 mars : Louise Michel, la vierge rouge – Mary et Bryan Talbot (roman graphique)
    1er avril : Dans l’ombre du brasier – Hervé le Corre (roman)
    8 avril : C’est la nuit surtout que le combat devient furieux – Une ambulancière de la Commune – Témoignage d’Alix Payen retranscrit par Michèle Audin (témoignage d’époque)
    15 avril : Les damnés de la Commune – Raphaël Meyssan (bande dessinée en trois tomes)

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  • Les Tragiques

    Les Tragiques

    Les Tragiques

    Titre : Les Tragiques – Ils ne sont morts qu’une fois
    Auteur : Christian Montaignac
    Éditeur : En Exergue (À l’air libre) [site officiel]
    Date de publication : 9 septembre 2020

    Synopsis : La grandeur du sport et son secret éclat se tiennent dans l’invitation à durer le temps de quelques saisons plus ou moins ensoleillées avant d’entrer dans des automnes refroidis, de goûter aux effets douceâtres de la nostalgie, de recueillir les retombées d’une renommée. Les sportifs, plus ou moins consciemment, s’y préparent par la succession de petites morts que sont les fins de matchs et de compétitions, les échecs et les abandons. Et au moment d’en finir avec leur carrière, les hommages se multiplient sur le ton de la bienveillance, autant de « merci ». Pour beaucoup, un certain bonheur est dans l’après car il leur reste l’avantage de se réchauffer du regard des autres, de ressasser et de partager les meilleurs souvenirs. Il en est, toutefois, qui ne goûteront jamais aux bienfaits d’une seconde vie. Ce sont nos Tragiques.
    Ceux-là n’ont pas profité d’une expression souvent utilisée, « le champion meurt toujours deux fois », une seule a suffi. Leur rêve éveillé s’est brisé, la mort les a emportés au cœur d’une jeunesse dorée. Ils ont incarné le mot d’André Malraux selon lequel la tragédie d’une fin en pleine gloire a « transformé leur vie en destin ». Nos Tragiques, entre connus et méconnus, sont morts dans cet âge d’or où rien n’était fini de leur passion de jeunesse. Sans avoir voulu rejoindre James Dean, le plus fameux d’entre tous, dans sa volonté de « vivre vite et de faire un beau cadavre », ils sont partis comme lui, dernier éclat d’un soleil noir. Il s’agit de leur redonner la lumière. La mort ne suffit pas à tirer la conclusion de leur histoire. Il y a chez eux, en eux, ce romantisme dont le sport est porteur quand il ne se limite pas à une somme de chiffres, à la longueur des statistiques, aux lignes d’un palmarès. Leur gloire, c’est notre mémoire.

    Le suicide est cette ultime parole qui réduit un être au silence, provoque la parole des vivants. Il faut soudain comprendre, essayer. Parce que comprendre, c’est se sentir moins coupable. Et la question revient, lancinante : pourquoi ?

    Par le biais d’une Masse Critique Babelio, j’ai eu le plaisir de découvrir le livre Les Tragiques, du journaliste Christian Montaignac chez les éditions En Exergue.

  • Bâtonner – Comment l’argent détruit le journalisme

    Titre : Bâtonner – Comment l’argent détruit le journalisme
    Auteur : Sophie Eustache
    Éditeur : Éditions Amsterdam
    Date de publication : 2020

    Synopsis : « Bâtonner », c’est copier-coller une dépêche en la remaniant à la marge. Symptôme ordinaire d’une dépossession des travailleurs, le bâtonnage illustre ce que l’argent fait au journalisme : la concurrence s’intensifie, la production de contenus s’accélère, l’information en vient à être usinée en série. Et tandis que les éditorialistes pontifient, les petites mains de la profession, de plus en plus précaires, perdent le sens de leur métier. La fusion du néolibéralisme et du numérique détériore la nature de leur travail et les conditions de son exercice. Dès lors, pourquoi les journalistes continuent-ils à consentir à ce qu’ils font ? Fruit d’une longue enquête, ce livre décrit les ressorts de l’aliénation d’une profession déqualifiée et disqualifiée, qui certes proteste mais continue de se croire indispensable à la vertu publique. Toujours plus prompte à « décoder » les fake news des autres, elle en oublie que le journalisme-marchandise n’est pas l’ami du peuple, mais un vice qui corrompt la pensée et, avec elle, la possibilité de la démocratie.

     

    Le pouvoir bourgeois fonde son libéralisme sur l’absence de censure, mais il a constamment recours à l’abus de langage. Peut-être faudrait-il créer le mot SENSURE, qui par rapport à l’autre indiquerait la privation de sens et non la privation de parole. (Bernard Noël)

  • Les empoisonneurs

    Les empoisonneurs – Antisémitisme, islamophobie, xénophobie

    Titre : Les empoisonneurs : Antisémitisme, islamophobie, xénophobie
    Auteur : Sébastien Fontenelle
    Éditeur : Lux
    Date de publication : 2020 (juin)

    Synopsis : Quotidiennement, des agitateurs prennent d’assaut les tribunes pour attiser colères identitaires et passions xénophobes. Leur brutalité verbale, qui vise principalement les «migrants» et les «musulmans», rappelle la violence de ceux qui, dans la première moitié du siècle précédent, vilipendaient les «métèques» et les «juifs». Or ces mêmes accusateurs font parfois preuve d’une étonnante complaisance lorsqu’ils se trouvent confrontés, dans leurs alentours culturels et idéologiques, à des considérations pour le moins équivoques sur les juifs ou sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Soudain ils deviennent magnanimes et peuvent même trouver à leurs auteurs des circonstances atténuantes. Et ainsi se perpétue l’abject.

     

    Une fois de plus, Alain Finkielkrault, qui selon Mathieu Dejean de l’hebdomadaire Les Inrockuptibles « reprend à son compte la théorie du « grand remplacement » de Renaud Camus », ne conteste nullement le fond d’un propos xénophobe – mais préférerait que son auteur se montre plus précautionneux lorsqu’il exprime son intolérance.

  • Les Délaissés

    Les Délaissés

    Les Délaissés

    Titre : Les Délaissés (Comment transformer un bloc divisé en force majoritaire)
    Auteur : Thomas Porcher
    Éditeur : Fayard [site officiel]
    Date de publication : 26 février 2020

    Synopsis : Des Etats-Unis à la France en passant par l’Italie et le Royaume-Uni, partout les cadeaux fiscaux en faveur des plus riches se multiplient au même rythme que les coupes budgétaires pour les plus pauvres. Une minorité d’individus, s’accaparant déjà une importante partie des richesses, semble tout mettre en œuvre pour en récupérer encore plus. De l’autre côté, la majorité de la population subit la dégradation des services publics, les fins de mois difficiles, la précarité et le manque d’espérance.
    Des gilets jaunes aux banlieusards en passant par les cadres et les agriculteurs, cette majorité délaissée est multiple, et sa division est largement instrumentalisée par la minorité dominante et les partis politiques qui veulent s’assurer une base électorale. La lutte des classes a laissé place à une lutte entre pauvres. Et le système, intrinsèquement inégalitaire et destructeur pour la planète, ne tient qu’à ces dissensions.
    Pour sortir de l’impasse, il faut que les différentes catégories que forment « les délaissés » se constituent en une classe majoritaire à même de soutenir une lutte commune : celle d’en finir avec le modèle économique actuel pour proposer un autre projet répondant aux urgences sociale et écologique.
    Membre des économistes atterrés, docteur en économie de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, Thomas Porcher est professeur associé à la Paris School of Business. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et de publications dans des revues académiques internationales. Son dernier livre, Traité d’économie hérétique (Fayard, 2018), s’est écoulé à plus de 50 000 exemplaires.

    Cerise sur le gâteau, le 1 % des ménages les plus riches, qui possède déjà 25 % du patrimoine français et qui a été le principal bénéficiaire de la croissance économique ces trente dernières années, a obtenu une diminution d’impôts de 4 milliards d’euros avec la réforme de l’impôt sur la fortune ISF), tandis que symétriquement étaient annoncées une diminution des APL et des baisses de moyens pour le service public, notamment l’hôpital qui a dû faire 1,6 milliard d’économie en 2018.

    À son tour, l’économiste Thomas Porcher s’engage politiquement et régulièrement dans le débat public. Après avoir participé au coup d’épée dans l’eau que fut (est) Place Publique, il le fait de façon un peu plus radicale dans son essai paru début 2020 aux éditions Fayard : Les Délaissés.

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