La Patrouille du temps (nouvelle)

17 mars 2020 6 Par Dionysos
Patrouille du temps (nouvelle)

Titre : La Patrouille du temps (nouvelle)
Auteur : Poul Anderson
Éditeur : Le Bélial’ [site officiel]
Date de publication : 1955 en VO

Synopsis : « Vous ferez l’affaire. Sans conteste.
— L’affaire pour quoi ?
Everard se pencha ; il sentit son pouls s’accélérer.
— Pour la Patrouille. Vous allez devenir une sorte de policier.
— Ouais ? Où ça ?
— Partout. Et en tout temps. Préparez-vous à une surprise… Voyez-vous, notre société, quoique légale, ne constitue qu’une façade… et une source de fonds. Notre vraie fonction, c’est de patrouiller le temps. »

Dans ce texte fondateur, Poul Anderson inaugure le plus fameux de ses cycles : celui de la Patrouille du Temps !

« Bonne compagnie, vie facile, permissions dans un tas d’époques. » Il sourit. « Attendez de voir la période décadente du Troisième Matriarcat ! Vous ne savez pas ce que c’est de rigoler ! »

Poul Anderson a une œuvre assez abondante et éclectique au sein des littératures de l’imaginaire, allant des aventures space opera (Hanse galactique) à la fantasy mythologique (L’Épée brisée) en passant par la hard SF (Tau Zéro). Mais son cycle le plus marquant est sans nul doute celui de La Patrouille du Temps, inauguré par cette nouvelle éponyme. Récupérée gratuitement sur le site du Bélial’ il y a un bon moment, elle permet de débuter cette aventure tranquillement avec des bases simples avant de se lancer dans les deux intégrales regroupant l’ensemble des récits de La Patrouille du temps.

La Patrouille, un vaste univers

Écrite en mai 1955 et traduite dès l’année d’après en français, La Patrouille du temps est un cas d’école de la nouvelle de début de cycle. En effet, elle pose un cadre assez large pour pouvoir y incorporer quantité d’aventures ultérieures tout en proposant une mission simple afin de la résoudre en pas plus de quarante pages. Ainsi, nous suivons Manse Everard, jeune New-Yorkais de 1954, qui essaie de trouver un emploi et se fait embaucher pour une tâche au départ assez brumeuse. On lui confie assez vite que des millions d’années dans le futur le voyage dans le temps a été inventé et qu’une Patrouille a été mise sur pied pour surveiller les éventuels fauteurs de troubles qui voudrait faire dévier la ligne temporelle telle qu’elle existe. Manse fait donc partie des recrues de la Patrouille afin de servir d’agents temporels placés à différentes époques pour surveiller les éventuels changements. Or, Manse a l’occasion d’user de son récent entraînement polyvalent puisqu’il suspecte une anomalie en lisant le journal de son époque. Il chevauche donc son véhicule temporel, va chercher un acolyte qu’il a rencontré pendant leur entraînement et s’en va corriger la ligne temporelle en train de dévier, en l’occurrence un objet déposé au Ve siècle par un individu suspect a créé une radioactivité encore sensible au XXe siècle. Ni une ni deux, les deux patrouilleurs se mettent en route et en quête de ce mystérieux personnage qui cherche à modifier le temps !

Une nouvelle très efficace

Poul Anderson met donc en place avec cette nouvelle très académique un système assez simple : le héros a de quoi s’occuper longtemps si à chaque fois qu’il traque une anomalie temporelle, il a l’occasion d’aller la contrer en allant sur place (et dans la dite période). Il utilise les moments d’entraînement de Manse pour expliquer au lecteur les tenants et aboutissants du voyage temporel (encore que les détails soient parfois éludés, nous ne sommes que dans une nouvelle de taille moyenne) et surtout le fonctionnement narratif de ce voyage. En effet, Poul Anderson choisit de fonctionner avec toujours la même ligne temporelle : la Patrouille a nécessité de rétablir les événements au plus approchant de ce qui était connu auparavant, il n’y a pas de réalités alternatives, de mondes parallèles créés à chaque divergence, nous restons constamment dans le même monde dont les souvenirs peuvent évolués si un événement est chamboulé. Ajoutez à cela que le héros est un jeune personnage de l’époque de l’écrivain, cela permet une identification assez simple. À le lire dans la première moitié du XXIe siècle, cela fonctionne toujours et heureusement ! Et finalement qui ne se verrait pas recruter pour des missions exceptionnelles à base de voyage dans le temps et de gadgets insolites ? On peut pour l’instant repérer quelques réflexes dus à l’auteur et à « son bain culturel » (bien peu de femmes avec un rôle capital et des références avant tout occidentales), à voir si le reste de l’univers fait bouger ces variables…

Avec La Patrouille du temps, cette nouvelle lance un cycle qui s’annonce passionnant, notamment pour l’intérêt de l’auteur pour l’Histoire au sens très large et cette invitation constante au voyage !

Voir aussi :
Intégrale 1 ; Intégrale 2

Autres critiques :

The Maki Project

Cette critique est ma 5e participation au Projet Maki 2020.

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