Savage

17 avril 2019 2 Par Dionysos
Savage

Titre : Savage
Scénariste : B. Clay Moore
Dessinateurs : Clayton Henry et Lewis LaRosa
Coloriste : Brian Reber
Éditeur : Bliss Comics [site officiel]
Date de publication : 9 novembre 2018 (2017 en VO chez Valiant Comics)

Synopsis : QUAND LA NATURE REPREND SES DROITS…
Il y a quinze ans, la plus grande star du football mondial, sa femme mannequin et leur fils nouveau-né, disparaissent sans laisser de traces. Le monde les croit morts… Mais en réalité, leur jet s’est écrasé sur une île mystérieuse, peuplée de créatures venues d’un autre temps… Voici comment ils ont perdu leur humanité.

Ici, l’eau n’est pas toujours que de l’eau. C’est comme tout ce que je te dis depuis le premier jour. Les choses sont rarement ce que l’on croit.

Régulièrement, Valiant Comics (et donc Bliss Comics en France) propose de nouvelles histoires dans leur univers partagé avec des héros totalement neufs, c’est l’avantage avec ce Savage.

Lost in translation

Kevin Sauvage est un des plus grands footballeurs de monde, sa femme Veronica est une mannequin internationale, eux deux viennent d’avoir un troisième enfant dénommé Kevin Junior (KJ donc). Tous trois voyagent à bord de leur jet privé pour rentrer à la maison, mais un incident de route les fait amerrir en urgence sur ce qui semble être une île déserte. « Semble » seulement, car il y en a finalement du monde dans ce petit coin abandonné ! À eux deux, les Sauvage doivent trouver le moyen de s’en sortir aussi bien dans l’immédiat que dans un futur à moyen terme : ils ont l’épave de leur avion qui vient de brûler, un bébé à s’occuper et des bruits s’élevant de la forêt pour les inquiéter. Que fait-on dans ces cas ? On va voir. Mal leur en prend…

Un conte tragique de survie

En seulement quatre épisodes (Savage est une simple mini-série), B. Clay Moore scénarise un conte d’horreur et de terreur, ou comment devient-on complètement « savage ». Pour la petite famille, le but ultime est de quitter l’île, et ce par tous les moyens possibles. Or, chacun rencontre les pires difficultés pour survivre dans cet environnement hostile. Les choix scénaristiques sont âpres et crus. Le dessin alternant action et vision froide des actes nous fait prendre part tragiquement à la situation. Et de la première à la dernière scène, c’est non seulement l’horreur de ce qui est proposé qui marque, mais aussi ce que le lecteur imagine comme conséquences physiques et morales pour le ou les personnages concernés. On peut évidemment émettre des bémols (comme sur le même parti-pris conflictuel de la série Walking Dead d’ailleurs) sur les choix d’affrontements des personnages alors qu’ils sont déjà en milieu hostile et qu’ils ne savent finalement pas très bien où ils se trouvent.

Robinson Crusoé à la sauce Valiant

Dans son univers partagé, Valiant Comics construit des personnages qui ont vocation à interagir ensemble, mais qui ont leur propre histoire à raconter. Comme c’est souvent le cas chez eux, l’aventure personnelle d’un héros non encore connu des lecteurs passe par une alternance entre passé et présent, afin d’éclairer les premières cases qui peuvent être très étranges. Ici, on débarque dans une histoire où un personnage semble complètement sauvage et se bat dans une jungle contre des dinosaures (première case !). On se demande au départ qui est ce guerrier Robinson qui dégomme des prédateurs disparus depuis bien longtemps et ce quasiment à mains nues. L’alternance entre passé et présent est transcrite très simplement par l’alternance entre deux dessinateurs, Clayton Henry et Lewis LaRosa ; le premier a un dessin plus proche de la ligne claire, qui tend vers le réalisme quotidien et est chargé de l’époque passée, le second a un trait beaucoup plus fourni, fouillis presque, et s’occupe de l’époque présente. D’une époque à l’autre, c’est la transformation vers le chaos et la sauvagerie que nous content les auteurs. Pour en apprendre davantage sur la construction respective de leurs planches, Bliss Comics propose comme souvent en fin de volume de longs bonus graphiques.

Savage est donc un comics court mais intense, qui peut rebuter par certains dessins mais vous marque par la tragédie familiale qu’il met en scène.

Autres critiques :
L’Étagère imaginaire
Yradon (Your Readings Are Doomed… Or Not)

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