Les Vieux Fourneaux, tome 5 : Bons pour l’asile

13 décembre 2018 6 Par Boudicca

Titre : Bons pour l’asile
Cycle/Série : Les vieux fourneaux, tome 5
Scénariste : Lupano
Dessinateur : Cauuet
Éditeur : Dargaud
Date de publication : 2018 (octobre)

Synopsis : Retour à Paris pour Antoine, Mimile et Juliette. Le plan est simple : ramener Juliette auprès de sa mère, puis filer au Stade de France pour assister au match de rugby France-Australie. C’est du moins ce qui est prévu…

Coup de coeur
 

Alors quoi ? On oublie tout ça ? Les Italiens ? Les Polonais ? Les Arméniens ? Les 600 000 tirailleurs sénégalais ? C’est tout le pays qu’a Alzheimer ou quoi ?!? On est 500 millions de guignols en Europe et on veut nous faire croire qu’on peut pas accueillir 1 million de pauvres gens ? Ça fait même pas un par village !

Des vioques et des migrants

On prend les mêmes et on recommence ! Après deux premiers tomes hilarants et deux suivants un peu en dessous, l’équipe des Vieux fourneaux revient en grande pompe avec ce cinquième opus à mourir de rire. « Bons pour l’asile » renoue avec ce qui faisait la force des premiers albums : des dialogues percutants, des personnages plus attachants que jamais, et surtout un regard acéré posé sur notre société. Et avec le climat politique actuel, le collectif « Ni yeux ni maître » ne manque pas de causes pour lesquelles militer ! La dernière trouvaille de ces vieux anarchistes indignés ? Manifester devant l’ambassade de Suisse à bord de bateaux de réfugiés pour dénoncer l’évasion fiscale (« Je suis Panama » ; « Nos profits valent plus que leurs vies ! » et autres slogans du même acabit). Avouez que niveau inventivité ils sont quand même sacrément forts ! C’est lors de la garde à vue qui a évidemment suivi leur petit numéro que Pierrot, le chef de la bande, renoue à sa plus grande surprise avec une ancienne connaissance qui fait remonter de vieux souvenirs et va l’obliger à mettre un peu d’eau dans son vin. Pendant ce temps là, Mimile se retrouve à attendre sur l’île de la Tordue, le QG de « Ni yeux ni maître », que quelqu’un veuille bien se décider à l’accompagner au match de rugby opposant le soir même la France et l’Australie, où il a passé une partie de sa vie. Antoine quant à lui se retrouve bien malgré lui à devoir passer le week-end avec son fils, avec lequel il s’était brouillé il y a bien des années, tout cela grâce aux manigances de la toujours aussi pétillante Sophie.

De l’humour, de l’émotion, et encore de l’humour

Après les ZAD et la destruction de la biodiversité, les combats menés par les syndicalistes sur le terrain, ou encore la désobéissance civile sous différentes formes, les thématiques abordées dans ce cinquième volume sont une fois encore assez nombreuses. La question des réfugiés et la manière dont on les traite en France y occupe une place importante, et une fois encore la réponse à la fois bienveillante et pleine d’humour apportée par nos seniors est absolument superbe d’inventivité (cette plaque d’immeuble est juste magique !). L’auteur aborde également avec délicatesse par le biais du personnage de Mimile, sans doute le plus émouvant du trio, la question des camps d’emprisonnements de réfugiés et de la destruction des îles océaniennes. Là encore la réponse trouvée donne lieu à une scène d’anthologie qui devrait faire grossir encore davantage le fan club de notre ami Mimile. Sophie et Antoine sont pour leur part un peu plus effacés, mais on apprécie toujours autant l’espièglerie de la première et le franc-parler du second, sans oublier la petite Juliette qui promet de devenir un sacré numéro ! La police, toujours plus en moins en marge des aventures de nos héros, se retrouve pour une fois un peu plus mise en avant par le biais d’un personnage sympathique qui permet de donner nuancer un peu l’image du flic gros beauf et gros bœuf. Outre l’inventivité du scénario, l’humour se manifeste aussi par le biais des dialogues désopilants et des dessins de Cauuet dont les personnages possèdent des visages toujours aussi expressifs qui suscitent aisément le rire ou l’émotion.

« Bons pour l’asile », nos trois seniors ne le sont certainement pas, et on espère les voir encore longtemps continuer à emmerder le monde et lutter pour plus de justice et d’humanité. Un très bon cru que ce cinquième tome, que l’on referme comme les autres avec un petit pincement et l’envie de retrouver Antoine, Pierrot et Mimile dans une nouvelle aventure.

Voir aussi : Tome 1 ; Tome 2 ; Tome 3 ; Tome 4 ; Tome 6

Autres critiques :  ?

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