Pyramides

23 février 2018 13 Par Dionysos
Pyramides

Titre : Pyramides
Auteur : Romain Benassaya
Éditeur : Critic (Science-Fiction) [site officiel]
Date de publication : 15 février 2018

Synopsis : 2182. A bord d’arches géantes, les humains fuient une Terre sur le déclin. Leur destination ? Sinisyys, une autre planète bleue découverte aux confins du système Eridani. Parmi ceux qui rêvent de la rejoindre, Eric et Johanna. Or, après avoir émergé du sommeil cryogénique, ils comprennent qu’ils n’ont pas atteint Sinisyys mais une structure artificielle si grande que l’esprit humain ne réussit même pas à en imaginer les limites. Où sont-ils ? Comment sont-ils arrivés là ? Eric, Johanna, et les autres colons, parviendront-ils à percer le mystère de l’artéfact labyrinthique puis à faire repartir le Stern III vers sa destination initiale ? Pour cet échantillon d’humanité au bord de l’extinction, débute alors un compte à rebours au final incertain !
Bibliocosme Note 4.0
 
Coup de coeur

Une faible chance de survie vaut mieux que pas de chance du tout.

Après Arca, Pyramides est le deuxième roman de Romain Benassaya aux éditions Critic et il propose à nouveau un space opera d’envergure.

Perdus dans le désert l’espace

Le pitch est simple et astucieux, d’autant que la quatrième de couverture semble tout dévoiler, alors qu’en fait non puisqu’on dépasse le stade donné dès les premières pages du roman. Au XXIIe siècle, des vaisseaux sont envoyés pour coloniser une planète ressemblant à la nôtre et pas trop éloignée, Sinisyys. Toutefois, il est nécessaire de plonger l’équipage et les futurs colons triés sur le volet dans un long repos cryogénique d’environ deux cents ans. Le problème est qu’à leur réveil, ils ne sont pas à destination, leur vaisseau (le Stern III) semble échoué et aucune constellation n’est visible pour se repérer. Autant dire que tout cela part bien mal, ne sachant même pas ni où ni quand ils se trouvent.

Une aventure à deux, c’est mieux… enfin ça dépend.

Parmi eux, nous suivons avant tout Éric et Johanna qui ont décidé de faire le voyage ensemble pour se construire une nouvelle vie loin de la Terre. Lui est explorateur, elle est plutôt biologiste. Il préfère sortir du vaisseau pour tenter de trouver une nouvelle oasis, elle préfère davantage optimiser les ressources pour assurer l’installation de la colonie à l’endroit où le vaisseau s’est arrêté. L’opposition est un peu binaire, présentée ainsi, tout comme les choix proposés au sein de la future colonie et qui ne tardent pas à la scinder en deux tendances, l’une plutôt exploratrice, l’autre plutôt pour l’installation. Pour autant, nous suivons d’abord une grande aventure en couple et c’est sûrement le plus intéressant, puisqu’en se rapprochant ou en s’opposant, Éric et Johanna sont deux beaux personnages avec leurs atouts et leurs défauts dans leur quête de survie. Ils se démènent comme ils peuvent pour émerger de ce huis-clos au fin fond de l’espace.

Une histoire touchante dont la fin se lit à toute vitesse.

Mais d’ailleurs où s’est arrêté ce vaisseau pour que l’équipage ait besoin de se torturer le cerveau pour assurer sa survie ? Est-il le seul vaisseau dans cette situation ? Une fois levées les premières interrogations liées à la survie quotidienne, viennent les interrogations plus métaphysiques à propos de leur place dans l’univers. Ils cherchent leur place, spatialement bien sûr, mais aussi vis-à-vis d’éventuelles autres espèces qu’ils pourraient rencontrer. Les réponses viennent, doucement certes, mais en temps utile, d’autant plus que chaque découverte amène en gros une réponse et deux questions supplémentaires… Il faut avouer qu’au niveau émotionnel, Romain Benassaya sait mener sa barque. L’impression est toujours donnée qu’à chaque nouvel événement les possibilités sont énormes, mais que le destin est déjà écrit, un peu à la manière de ces sagas familiales où le malheur est inéluctable. Difficile de lâcher ce roman quand arrivent des décisions fatidiques pour ces personnages.
En définitive, un petit coup de cœur personnel pour ce planet opera très sympathique et ambitieux, dont la fin pourra laisser un goût amer à certains, mais qui fournit un beau voyage avec un bel imaginaire.

Autres critiques : Boudicca (Le Bibliocosme) ; Célindanaé (Au pays des cave trolls)

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