Les Seigneurs de Bagdad Vaughan Urban

Titre : Les Seigneurs de Bagdad
Scénariste : Brian K. Vaughan
Dessinateur : Niko Henrichon
Éditeur : Urban Comics (Vertigo Deluxe)
Date de publication : 2012 (mars) (2006 en VO chez DC Comics)

Synopsis : Bagdad, 2003 : quatre lions emprisonnés dans le zoo, sont libérés suite à un raid aérien de l’armée américaine. Un jeune mâle dominant, deux femelles de deux âges différents et un petit lionceau vont découvrir, en errant dans la ville dévastée, que cette liberté soudaine s’avère plus dangereuse que leur ancienne prison dorée.

Note 4.5

-Mais qu’est-ce qu’il racontait ?
-Je suis sûre que ce n’est rien, Ali. Le cerveau des tortues est tellement petit.
-On aurait du le manger. Maman dit que les petits cerveaux sont fait pour être mangés. Pas pour être écoutés.

Nous sommes en 2003, en Irak, lorsqu’un raid aérien lancé par l’armée américaine provoque l’explosion du zoo de Bagdad et la libération de la totalité de ses pensionnaires. Antilopes, éléphants, girafes, singes…, les voilà tous livrés à eux-mêmes en plein Bagdad, loin de la vie protégée mais étriquée qu’ils menaient jusqu’alors dans leurs cages respectives. Parmi eux, quatre lions (Zill, le mâle dominant, Noor, jeune femelle avide de liberté, Safa, vieille lionne balafrée et amère, et Ali, petit lionceau) qui vont devoir apprendre ou ré-apprendre ce qu’est la liberté, mais aussi qu’elle a malheureusement souvent un prix. C’est un bien beau conte moderne que l’on découvre avec « Les seigneurs de Bagdad », comic peu ordinaire créé par Brian K. Vaughan et N. Henrichon et proposant une histoire édifiante et touchante traitant de façon intelligente et originale de la barbarie humaine à travers le point de vue animalier.

Les seigneurs de Bagdad planche 1

Difficile de ne pas être touché par l’histoire de ces félins perdus loin de leur environnement naturel et confrontés à la violence et à la bêtise de l’Homme dont ils ne comprennent évidemment pas les préoccupations. Le parallèle involontaire mais néanmoins impossible à éviter, du moins en ce qui me concerne, avec un célèbre dessin animé de Disney (ah, Simba…) contribue sans doute également à la facilité avec laquelle le lecteur ne tarde pas à créer un lien empathique avec les protagonistes que l’on suit avec un réel plaisir dans les ruines de cette ville de Bagdad anéantie et vidée de presque tous ses occupants. Singes un peu trop impétueux, tortue pleine de sagesse, machines de guerre…, nos quatre héros n’ont pas fini de faire des rencontres surprenantes et ce pour la plus grande joie du lecteur qui en vient à voir ce conflit tristement célèbre d’un œil un peu différent.

Les seigneurs de Bagdad planche 2

Un comic à l’histoire bouleversante et aux graphismes absolument sublimes qui dénonce tout en subtilité la guerre et ses horreurs. Le duo Vaughan-Henrichon fonctionne à merveille et c’est touchée que je suis ressortie de cette lecture que je garderai sans aucun doute longtemps en mémoire.

Autres critiques : La critique de Dionysos