Fantasy

Sympathies for the devil

Sympathies for the devil

Titre : Sympathies for the devil
Auteur : Thomas Day
Nouvelles : Une forêt de cendres ; A l’heure du loup ; L’erreur ; La mécanique des profondeurs ; La notion de génocide nécessaire ; Démon aux yeux de lumière
Éditeur : Le Belial (Folio SF en poche)
Date de publication : 2004 (2012 pour la version poche)

Synopsis : Sous vos yeux, six mondes vont prendre fin : le nôtre bien sûr, déserté par l’humanité, rendu aux hommes-arbres et aux loups ; celui des douze dragons renversés, étouffé par l’information continue ; celui des nomades mongols condamnés à la sédentarisation ; Amsterdam sous les eaux, hanté par le plus étrange des tueurs en série ; la Terre brûlée de Loki, grand farceur et agent provocateur un brin excessif. Six mondes vont prendre fin et tous ne renaîtront pas.

Note 4.0

Je vais faire de toi la Grande Vague qui nettoiera le monde. Tu es celle qui va laver tous les affronts, qui donnera une nouvelle chance aux Hommes. Leur patrimoine génétique va se mélanger à nouveau avec la terre, la mer et les espèces qu’ils n’ont pas réussi à faire disparaître. Et un jour, comme rien ne se perd vraiment, comme toute chose perdue peut être retrouvée, d’autres hommes renaîtront. Différents. Plus sages, peut-être. Le monde se meurt de la technologie, les mythes doivent le faire renaître.

Dans cette toute nouvelle édition, revue, corrigée et enrichie, de « Sympathies for the devil », Thomas Day nous livre un recueil de nouvelles de fantasy et de science-fiction extrêmement plaisant. Il faut dire que cela fait quelques années maintenant que l’auteur occupe une place de choix sur la scène de l’imaginaire francophone au travers d’un nombre conséquent d’ouvrages qui se sont tous, jusqu’à présent, distingués par leur originalité et le soin apporté à leur écriture. On découvre ici six textes (dont certains considérés comme les plus aboutis de l’auteur), chacun relatant la fin d’un monde, qu’il s’agisse du notre, ravagé par la nature ou la colère d’un dieu, de celui des nomades des steppes mongoles menacé par la sédentarisation… Outre la qualité des dites nouvelles, on peut d’ors et déjà saluer la cohérence thématique du recueil qui saute immédiatement aux yeux et à propos de laquelle l’auteur lui même avoue sa satisfaction dans son avant-propos. Comme dans tout recueil il est évident que tous les textes ne se valent pas, toutefois il apparaît de façon très nette à leur lecture que Thomas Day dispose d’un incontestable talent.

Parmi les nouvelles les plus enthousiasmantes figure celle qui ouvre le recueil, « Une forêt de cendres », dans laquelle l’auteur met en scène un personnage remarquablement complexe et effrayant dans un monde qui l’est tout autant, le tout à travers une écriture très poétique. Les deux textes suivants (« A l’heure du loup » et « L’erreur ») pâtissent hélas de la qualité du premier et m’ont laissé plutôt indifférente. Les trois derniers en revanche relèvent le niveau. Avec « La mécanique des profondeurs », c’est avant tout le décor (la ville d’Amsterdam à moitié immergée) qui séduit, tandis qu’avec « La notion de génocide nécessaire » l’auteur met davantage l’accent sur ses personnages et les relations complexes que ceux-ci peuvent entretenir entre eux et avec le monde qui les entoure. On atteint à nouveau les sommets avec « Démon aux yeux de lumière » , dernière nouvelle du recueil mettant en scène le dieu nordique Loki et dans laquelle on retrouve tout ce qui fait le charme de l’auteur : des personnages torturés, une écriture pleine de poésie, de l’humour, des idées bourrées d’originalité, un décor évocateur et prompt à enflammer l’imagination…

Un excellent recueil, idéal si vous désirez découvrir de quoi un auteur français de fantasy et de SF est aujourd’hui capable.

Autres critiques : Célindanaé (Au pays des cave trolls)

Antiquiste passionnée d’art, de cinéma, de voyage et surtout grande lectrice des littératures de l’imaginaire (fantasy essentiellement).

7 commentaires

  • Theodora verbunt

    Boudicca, ce livre se trouve dans ma PAL…depuis fort longtemps 🙁
    J’ai l’édition du Belial (donc 5 nouvelles), mais je ne me retrouve pas dans les titres.
    Dans mon exemplaire, il y a : Forêt de cendres – l’erreur – Cette année-la, l’hiver commença… – la notion de génocide… – Démon aux yeux de lumière.
    Il me manquera donc « à l’heure du loup » dans cette édition (malheureusement absent aussi des Bifrost)… Mais qu’en est-t-il avec « la mécanique des profondeurs » ?

    • Boudicca

      Le recueil que j’ai lu est celui de l’édition revue et corrigée par l’auteur publiée par Folio SF l’année dernière. Ils mentionnaient effectivement quelques modifications par rapport à l’édition du Bélial concernant les textes, notamment l’ajout de deux nouvelles.

      J’ignorais en revanche qu’ils avaient retiré « Cette année-là, l’hiver commença… » que j’ai pour ma part lu dans un autre des recueils de Thomas Day (This is not America).

      Je vous conseille en tout casfortement cette lecture, surtout si vous avez déjà apprécié les précédents ouvrages de l’auteur 🙂

  • Theodora verbunt

    Merci Boudicca ! Je vais le mettre à plat sur la table (déjà encombré de livres et BD’s) et me faire plaisir 🙂 parce que, oui, Thomas Day reste, pour moi aussi, un auteur bien estimé !

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