Récit contemporain

L’oeil du léopard

9782020945110

Titre : L’oeil du léopard
Auteur : Henning Mankell
Éditeur : Le Seuil (Cadre verte)
Date de publication : 2012

Synopsis : Se sentant responsable de la mort de la femme qu’il aime, Hans décide de réaliser son rêve : partir à Mutshatsha, en Zambie, sur les traces d’un missionnaire suédois. A la fois fasciné et effrayé par l’Afrique, la misère, la violence et le chaos, Hans accepte d’aider Judith à diriger sa ferme et tente d’y mettre en oeuvre ses idéaux de justice. Il ne comprend pas encore ce qu’il est venu chercher ici…

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Les nouveaux impérialistes sont les marchands d’armes internationaux, ceux qui passent d’une guerre à une autre en proposant leur artillerie. La colonisation des peuples pauvres est aujourd’hui plus que jamais d’actualité.

Publié en 1990 en Suède, « L’oeil du léopard » arrive chez nous seulement maintenant (bizarrerie de l’édition…). Reconnu grace à ses excellents polars et son emblématique « Wallander », Mankell nous présente l’autre versant de son oeuvre, et force est de constater que celui-ci vaut aussi de s’y attarder. Son héros, le jeune Hans Olafson, débarque à Lusaka (Zambie) pour honorer la mémoire de son amie Janine. Le petit voyage de quelques jours se transformera en dix huit années. Hans arrive avec certaines idées, mais très vite sa perception humaniste va se confronter à la réalité. Mankell installe son personnage dans un pays ou règne racisme, violence, corruption, suspicion, le tout sous une chaleur harassante qui provoque un climat anxiogène. Han,s au fil du temps, voit ses idéaux sacrément remis en question. C’est dans cette description hyper-réaliste que le roman de Mankell est des plus réussi. Il montre combien le colonialisme et l’ingérence ont fait le malheur du continent, combien la haine et le désespoir nourissent les rancoeurs. Le récit est saisissant. Mankell ne se veut pas moralisateur, il dresse simplement un constat d’une grande noirceur, sans un début de réponse. Et au final c’est l’échec et la solitude qui attendent Hans au bord de la route.

Sacrément efficace, du grand Mankell, comme d’hab.

Livrovore passionné de lecture, de cinéma, de théâtre et en règle générale par tout ce qui a trait à la culture, sans prétention.

Aucun commentaire

  • leranchsansnom

    Qu’on se le dise : j’aime bien le commissaire Wallander, même si je n’ai pas suivi toutes ses enquêtes. Mais j’apprécie encore plus Mankell en version non-polar.
    Il y a une émotion en plus, ce mélange de culture nordique et africaine.
    Il n’a jamais été aussi meilleur que dans ses écrits non-wallandériens !
    Mais bon, je dis ça, mais je n’ai pas encore lu cet œil du Léopard… Mais j’en ai lu d’autres !!

  • le Bison

    C’était bien le Bison qui parlait précédemment. J’avais mal configurer mon avatar…
    D’après ce que tu en dis, cet œil du léo me fait penser au ‘Cerveau de Kennedy’ où là-également le lecteur assiste à son impuissance face au malheur africain. Idem pour ‘Comedia Infantil’, conte cruel sur ces enfants-soldats.

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