Captain Sir Richard Francis Burton : Le Voyage à la Mecque

8 août 2013 0 Par Boudicca

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Titre : Captain Sir Richard Francis Burton : Le Voyage à la Mecque
Cycle : Captain Sir Richard Francis Burton, tome 2
Scénaristes : Christian Clot et Alex Nikolavitch
Dessinateur : Lionel Marty
Éditeur : Glénat (collection Explora)
Date de publication : 2013

Synopsis : Ce volume nous emmène avant l’’expédition de Burton aux sources du Nil. Après un scandale au Pakistan, il est contraint de quitter les Indes. Il décide alors d’’entreprendre le pèlerinage à La Mecque, pour rapporter à la Société royale de géographie des données alors indisponibles : la localisation même de la ville sainte était encore inconnue en Occident. Burton se fait passer pour un derviche, puis pour un médecin afghan. Il est infiltré en profondeur mais court le risque d’’être massacré s’’il est reconnu comme Occidental, d’’où une franche ambiance de paranoïa…

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Pour voir un pays tel qu’il est, il faut avoir le courage et la patience ! Il faut apprendre les langues, adopter les coutumes du pays, se fondre dans le décor… Il faut payer le prix, en monnaie de temps, de sueur et de sang.

Décidément, je ne me lasse pas de cette collection Explora ! Sous la direction de Christian Clot, ces bandes dessinées de haute qualité nous propose depuis maintenant six volumes de découvrir le récit de la vie des plus grands explorateurs de l’Histoire. Richard Francis Burton est cela dit le premier à se voir consacrer deux tomes, et compte tenu de son parcours ce n’est guère surprenant. Après « Vers les sources du Nil », se focalisant sur l’expédition menée en Égypte par Burton et Speke afin de découvrir les sources du fleuve ainsi que sur la querelle naissante entre les deux aventuriers, voilà que nous est proposé de revenir sur un autre exploit à mettre sur le compte de cet Anglais impétueux et provocateur, son « voyage à la Mecque ». Malgré l’antériorité de cette expédition par rapport à celle relatée dans le premier album, la transition est toutefois bien amenée et permet également aux auteurs de revenir sur les dissensions entre Burton et Speke ainsi que sur les tentatives de la Royal Society de les départager. C’est donc vers l’Orient que nous entraîne cette fois Burton qui, grimé en arabe, entreprend au péril de sa vie de percer les secrets des lieux saints de l’Islam, aujourd’hui encore interdits aux non-musulmans, en se lançant aux côtés de milliers de croyants dans un éprouvant pèlerinage.

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Le récit du périple de l’explorateur se révèle encore une fois passionnant. On y découvre un Burton provocateur et avide d’exploit mais aussi et surtout animé d’un profond désir de connaître et de comprendre. S’il ne fut pas le premier occidental à fouler la terre de ces lieux saints, il n’en reste ainsi pas moins celui qui parvint le mieux à les décrire et les cartographier. On pourrait cependant regretter que la qualité des graphismes soient ici très en dessous de celle du premier album, et plus généralement des autres volumes de la collection. Le traitement des visages des personnages, notamment, aboutit à des faciès manquant parfois d’expression ou se révélant au contraire bien trop durs. L’ensemble reste cela dit agréable et nous plonge sans mal dans cette exotique ambiance orientale. Le dossier en fin d’album proposant de revenir plus en détail sur certains points soulevés par le récit, reste quant à lui toujours aussi appréciable. On en apprend ainsi davantage sur le contexte de l’époque, la religion musulmane, l’expédition de Burton et son parcours (saviez-vous que c’était à lui que l’on devait les premières traductions des contes des Mille et une nuits et du Kâmasûtra ?)… Christian Clot nous y fournit également quelques explications quant à tel ou tel choix scénaristique, le tout étant agrémenté de croquis, peintures ou photographies, et bien évidemment d’une succincte bibliographie.

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Encore un album très réussi à mettre sur le compte de cette collection Explora, bien que l’on pourrait regretter cette fois une légère baisse de qualité au niveau des graphismes. C’est avec impatience que j’attends de découvrir les volumes suivants qui, si l’on en croit la quatrième de couverture, devraient mettre à l’honneur Marco Polo et Henry de Monfreid.

Voir aussi : Vers les sources du Nil

Autres critiques : Yaneck Chareyre (Les Chroniques de l’Invisible)

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