Science-Fiction

Journal d’un AssaSynth, tome 2 : Schémas artificiels

AssaSynth 2 Schémas artificiels

Titre : Schémas artificiels
Cycle/Série : Journal d’un AssaSynth, tome 2
Auteur : Martha Wells
Éditeur : L’Atalante [site officiel]
Date de publication : 20 juin 2019 (2018 en VO)
Récompenses : Prix Hugo du meilleur roman court 2019, Prix Locus du meilleur roman court 2019

Synopsis : Les SecUnits se moquent pas mal des actualités. Même après avoir piraté mon module superviseur et débloqué mes accès, je n’y ai jamais prêté grande attention. D’abord, parce que les téléchargements de contenu multimédia risquent moins de déclencher les alarmes éventuelles des réseaux locaux et satellitaires, mais surtout, parce que les informations sont d’un ennui mortel et que je me fiche éperdument des querelles entre humains tant que je n’ai pas 1) à y mettre un terme, 2) à nettoyer après eux.
Où AssaSynth se fait passer pour un humain augmenté et embaucher comme consultant de sécurité auprès de trois scientifiques en litige avec leur employeur…
Entre voyage dans la galaxie et exploration de mine abandonnée, Schémas artificiels sonde davantage la conscience émergente du narrateur. Ses relations avec d’autres intelligences artificielles dessinent une fresque de personnages non-humains d’une grande profondeur, rappelant le cycle de « La Culture » de Iain Banks. Et à se mettre au service d’humains, AssaSynth découvre à quel point il est délicat de ne pas s’attacher émotionnellement à ceux qu’on protège.

Les humains, souvent inattentifs, ont beau rater nombre de petits détails, me voir déployer des canons à énergie de mes avant-bras leur mettrait sans doute la puce à l’oreille.

La série de l’AssaSynth, robot mercenaire à apparence humaine, se poursuit avec une autre novella : Schémas artificiels. Martha Wells, toujours publiée par les éditions L’Atalante en France, approfondit la psychologie de son personnage un brin particulier.

Suite de l’aventure

Après le dénouement de la première novella, nous retrouvons l’AssaSynth en déplacement mais cette fois comme simple voyageur : il cherche tranquillement à se faire discret, et pour cause puisque sa condition de robot libéré de toute contrainte le met en position d’être recherché sur toute planète qu’il traversera. Or, dans son errance plus ou moins orientée, l’AssaSynth fait des rencontres qu’il n’espérait pas ou sur lesquelles il ne comptait pas. Tout d’abord, il se retrouve, bien maladroitement, en contact avec un vaisseau de transport qui recherche l’empathie de ses passagers et qui comprend très vite que le narrateur est un robot mercenaire qui s’est affranchi de ses donneurs d’ordres. Par la suite, l’AssaSynth se donne un nouvel objectif : découvrir les circonstances qui l’ont amené à transgresser ainsi les ordres qu’un robot se doit d’appliquer, les circonstances de sa « naissance » en tant que robot libre, d’une certaine façon. Malgré ces rebondissements répétés, cette deuxième aventure peut paraître un plus longuette, car son but est moins précis que dans la première ; toutefois, il semblerait que le dénouement de ces Schémas artificiels appelle une trame de fond plus orientée désormais.

Un style qui s’affine

Dans ce deuxième volet, un très fort accent est mis sur l’empathie avec, certes en premier lieu le héros AssaSynth, mais aussi et surtout un autre bot rencontré en cours de route, qui se prend d’amitié pour lui et essaie de ressentir les mêmes sentiments qu’un humain, notamment devant une série télévisée à suspense : cela crée des moments très attendrissants, alors même qu’on ne suit que deux robots en train de se « parler » par circuits interposés. Par la suite, une fois cette ambiance bien mise en place, le ton prend un ton plus humoristique quand le narrateur est contraint de côtoyer des humains qu’il compte aider pendant un temps : cela mène à des situations intéressantes où l’AssaSynth doit penser vite en « discutant » numériquement avec d’autres robots, tout en assurant sa couverture auprès des humains. Ce sont ces petits jeux narratifs qui agrémentent positivement cette série, ils lui donnent un petit esprit taquin intéressant.

En conclusion, l’AssaSynth poursuit ses aventures à peu près sereinement et le lecteur continue sa lecteur tout à fait agréablement : nous ne sommes pas sur des textes parfaits ou immensément innovants, mais cela crée un récit avec un ton qu’on n’oublie pas.

Voir aussi :
Tome 1 ; Tome 3

Autres critiques :

The Maki Project

Cette critique est la 2e de ma participation au Projet Maki 2020.

Kaamelotien de souche et apprenti médiéviste, tentant de naviguer entre bandes dessinées, essais historiques, littératures de l’imaginaire et quelques incursions vers de la littérature plus contemporaine. Membre fondateur du Bibliocosme.

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