Titre : L’or de Morrison
Cycle/Série : L’Or de Morrison, tome 1
Scénariste: Roger Seiter
Dessinateur: Daniel Brecht
Éditeur : Editions du Long Bec
Date de publication : 17 février 2017

Synopsis : Même s’il a servi un drapeau qui aujourd’hui n’existe plus, le Colonel Marion Michaël Même s’il a servi un drapeau qui aujourd’hui n’existe plus, le Colonel Marion Michaël Morrison n’en reste pas moins un excellent officier et le plan qu’il a conçu n’a aucune raison d’échouer. Avec ses hommes, il va attaquer ce fichu train, mettre la main sur les 350 000 dollars qu’il transporte, puis traverser la montagne pour rejoindre San Francisco et sauter sur le premier voilier en partance pour l’Australie. Une fois là-bas, lui et ses compagnons pourront enfin recommencer leur vie sur de nouvelles bases. Mais comme souvent, les choses ne se déroulent pas comme prévu. L’attaque du train est une boucherie et le détachement de l’armée qui escorte l’argent est massacré. Les chevaux qui devaient permettre aux assaillants de fuir sont volés par des Apaches. Enfin, pour se procurer de nouvelles montures, Morrison et ses complices mettent Laramie à feu et à sang. Et c’est donc avec l’armée des Etats-Unis, la milice du shérif de Laramie et une bande d’Apaches à leurs trousses que Morrison et ses hommes s’engagent finalement dans la montagne et s’enfoncent dans les territoires hostiles de l’Ouest sauvage…

Bibliocosme Note 4.0

– Il y a deux ans, dans la ville où je vivais, la population s’est révoltée contre les soldats qui tiraient sur le peuple.
Nous avons dressé des barricades que nous avons défendues et tenues au prix de nos vies. C’était une bonne occasion pour apprendre à se servir d’un fusil !
– J’ignorais que les femmes blanches pouvaient prendre les armes et se battre aux côtés des hommes.
– Tout être humain à le droit de défendre sa vie et sa liberté. J’imagine que tu es d’accord avec ça ?

    Les westerns sont définitivement de retour en grâce dans le 9è art depuis quelques temps. Certaines séries bénéficient d’une promotion avantageuse, mais de nombreuses séries moins connues n’en valent pas moins le détour. Daniel Brecht n’en est pas à son coup d’essai dans ce domaine, après avoir dessiné Death Mountains en 2014. L’Or de Morrison a quant à lui la particularité d’avoir vu le jour grâce à Sandawe, une plateforme de financement participatif consacrée aux projets de bande-dessinée.

    L’année 1865 voit se terminer la guerre de Sécession avec la défaite des armées sudistes de Lee. Le colonel Marion Michael Morrison, s’il n’a plus de bannière à défendre, a tenté d’établir une communauté utopique sur les contreforts des montagnes Rocheuses. La dite communauté ayant échoué, Morrison est contraint par l’arrivée prochaine des travaux du chemin de fer de plier bagage. Pour se donner les moyens de se lancer dans une nouvelle vie australienne, ce dernier monte une équipe pour le moins multiculturelle afin de rafler les 350 000 dollars de salaires transportés par la Union Pacific. Le casse tourne court et bientôt, la poudre parle.

    Pléthore d’auteurs et de dessinateurs se sont déjà frottés aux grandes étendues de l’Ouest américain du XIXè siècle, une période riche en événements en tous genres. Aussi Roger Seiter prend-il le temps de faire un retour sur ce siècle au travers d’une introduction de neuf pages, égayées par les croquis de Brecht, retraçant dans les grandes lignes la guerre de Sécession (1861-1865) et de l’intervention française au Mexique sous Napoléon III. Une lecture enrichissante et qui a pour intérêt d’épaissir le background de ce premier volume en donnant à mieux voir les origines des personnages. L’équipe des outlaws commandée par Morrison n’est en effet pas exclusivement américaine. D’anciens militaires sudistes, quelques indiens, des Mexicains et quelques français qui ont tourné casaque constituent cette fine équipe. Les relations entre ces protagonistes sont d’ailleurs assez tendues et rapidement on comprend bien que l’appât du gain ne permet pas toujours d’outrepasser les inimitiés. Cette équipée aux origines diverses n’en reste pas moins agréable à suivre même si on aurait aimé plus poussée cette confrontation des cultures. Le scénario, sur une grande partie de ce premier tome d’un diptyque, manque cependant d’originalité. Roger Seiter, bien qu’il mène rondement son affaire, n’est pas le premier à mettre en scène l’idée d’un casse sur les voies de chemin de fer. Ce sont surtout les rebondissements en fin de volume et le croisement des routes des différentes factions de personnages qui viennent amener un peu d’huile sur le feu dans un récit déjà très bien rythmé. Morrison et compagnie auront fort à faire et c’est de bon augure pour la suite.

    Avec un dessin plutôt réaliste, Daniel Brecht met en image ce western dans un découpage relativement classique dans lequel de nombreux plans larges permettent d’apprécier les grandes étendues ouest-américaines. Classique. Les cadrages de Brecht n’en permettent pas moins d’insuffler une belle dose de dynamisme dans les scènes de fusillades et de cavalcades. Les décors sont toutefois, pour certains, un peu avares en détails et relativement uniformes en termes de couleurs, dominés par des nuances de jaune/ocre. Tous les personnages sont quant à eux très agréables à l’oeil grâce au trait très lisible de l’auteur. Pas de visages burinés par le soleil ici à manière d’un Blueberry, les personnages sont aisément reconnaissables, par leurs costumes aussi, très réussis tant du point de vue du design que de la couleur.

    L’Or de Morrison s’inscrit dans la grande famille des westerns avec une histoire à première vue classique mais dont on ne doute pas qu’elle réserve de belles surprises pour sa conclusion.

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