L'assassin qu'elle mérite tome 1

Titre : Art nouveau
Série : L’assassin qu’elle mérite, tome 1
Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Yannick Corboz
Éditeur : Vents d’Ouest
Date de publication : 2010

Synopsis : Vienne, 1900. Deux riches noceurs, désabusés et cyniques portent un regard impitoyable sur ce milieu artistique viennois de la Sécession qui prétend révolutionner l’art. Un soir d’ivresse, ils font le pari de transformer un jeune homme pauvre en ennemi de la société, de le façonner à leur guise, comme une œuvre d’art vivante. Ils choisissent le jeune Victor qui passait par là. À leur côté, le jeune homme va découvrir des plaisirs insoupçonnés derrière les murs de la plus prestigieuse maison close de Vienne. Un monde de volupté et de raffinement s’ouvre à lui. Un monde dans lequel il y a la merveilleuse Mathilde. Un monde qui n’est pas le sien.

Note 4.0

– Quoi un pauvre ? Tu veux peindre sur un pauvre ?
– Pas peindre dessus, mais le façonner, le modeler pour en faire un messager de chair et d’os qui va frapper la société là où cela lui fait mal… ça, ça serait contestataire ! Et plus brulant que ce « brasier » !
– Hahaha ! N’importe quoi !
– Mais si ! C’est ça qu’il faudrait faire : créer de toute pièce un ennemi de la société à partir d’un être innocent ! Une œuvre d’art vivante…

Je continue mon immersion dans l’œuvre de Lupano… et c’est toujours aussi bien ! Ce premier tome nous plonge en 1900, à Vienne, où un jeune garçon subit régulièrement les coups d’un père un poil colérique. Alors, forcément, lorsque notre jeune héros (que son père voit tailleur de pierre) croise la route de noceurs argentés, le choix entre partir ou rester est vite fait. Mais Victor ne sait pas que sous cette générosité se cache un pari aussi absurde que méprisant. Le plaisir « lupanien » fait une nouvelle fois merveille, le scénariste possédant un sens du rythme et un talent de dialoguiste hors pair. Les aventures du naïf Victor donnent tout de suite le ton d’une série prometteuse qu’on a hâte de continuer à lire (et à regarder !). Un scénario et des dialogues solides conjugués à un dessin (signé Yannick Corboz) qui rend hommage aux décors et restitue l’ambiance de l’époque : vous avez là une histoire (en quatre tomes) qui accroche sans la moindre réticence.

Lupano et Corboz : duo gagnant 

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Voir aussi : Tome 2 ; Tome 3 ; Tome 4