Acacia 1

Titre : La guerre du Mein
Cycle : Acacia, tome 1
Auteur : David Anthony Durham
Éditeur : Le Pré-aux-clercs / Pocket
Date de publication : 2008 / 2010

Synopsis : Acacia. Une île qui a donné son nom à un empire prospère gouverné par un souverain absolu, Leodan Akaran. Descendant direct du sorcier fondateur de la dynastie, Leodan est un roi idéaliste qui fait régner la paix dans la vaste mosaïque des peuples qui composent l’empire. Veuf, il vit entouré de ses quatre enfants à qui il cache un lourd secret : la domination d’Acacia repose sur des trafics de drogue et d’esclaves dirigés par la toute-puissante Ligue des marchands. Tout bascule le jour où le roi est poignardé dans la salle du trône par un envoyé des Meins, un peuple de guerriers implacables exilés dans une lointaine forteresse du Nord.

Note 3.5

 

La dynastie des Akaran règne sans partage depuis des années sur un vaste territoire depuis leur île d’Acacia. Mais le fragile équilibre qui régnait jusqu’alors se rompt lorsque les Meins, redoutable peuple guerrier exilé aux frontières septentrionales de l’empire, entrent en rébellion. Le roi conçoit alors un plan pour assurer la sécurité de ses héritiers et les disperse aux quatre coins du royaume. Ces quatre enfants, Aliver, Corinn, Mena et Dariel, grandissent donc séparément et dans des mondes très différents jusqu’à ce que le moment de leur révéler leurs origines soit venu. Le scénario est plutôt alléchant et l’intrigue se distingue effectivement par son originalité et sa complexité. C’est notamment le cas pour tout ce qui concerne le « quota », un procédé commercial consistant en l’échange de jeunes enfants contre une puissante drogue ayant la capacité d’annihiler toute velléité de rébellion chez les sujets de l’empire. On devine sans mal le type de réflexions qui se cachent derrière cette idée et que l’auteur va développer au fil des trois tomes.

Rien n’est ni tout noir ni tout blanc chez David Anthony Durham et c’est sans doute là la plus grande force du roman. Même Hanish, leader cruel et ambitieux des Meins, parvient ainsi à trouver grâce aux yeux du lecteur grâce à son charisme. L’univers est quant à lui aussi riche qu’intelligemment conçu et c’est avec plaisir qu’on s’y laisse immerger, quant bien même l’auteur ne nous en donne ici qu’un aperçu succinct. Les personnages sont également convaincants, à commencer par ces quatre héritiers en exil dont les évolutions se révèlent complètement différentes les unes des autres. Bien que ployant sous le poids des responsabilités, Aliver, l’aîné de la fratrie, s’impose rapidement comme un leader né. Corinn ne manque pas non plus d’ambition et est sans doute le protagoniste doté de la personnalité la plus complexe et la plus torturée. Enfin Ména et Dariel sont certainement les personnages les plus attachants du roman et se distinguent de leurs aînés par leur impétuosité.

 

Un premier tome qui pose les bases d’un univers prometteur et qui annonce une trilogie de qualité qui devrait facilement séduire les amateurs de fantasy.

Voir aussi : Tome 2 ; Tome 3

Autres critiques : Jean-Philippe Brun (L’ours inculte)