Les manteaux de gloire

Titre : Les manteaux de gloire
Auteur : Sébastien de Castell
Éditeur : Bragelonne
Date de publication : 2015 (juin)

Synopsis : Le roi est mort. Désormais considérés comme des traîtres, les Manteaux de gloire, son fidèle ordre, ont été séparés. Falcio Val Mond et ses amis Kest et Brasti en sont réduits à travailler comme gardes du corps pour un noble qui refuse de les payer. Cependant la situation pourrait être pire : leur employeur pourrait être étendu au sol, baignant dans son sang, au cœur d’une mise en scène faisant du trio le coupable idéal. Ah, attendez, c’est exactement ce qui vient de passer… Mais ce n’est que le début des réjouissances : une conspiration se trame dans la cité la plus corrompue du monde et menace tout ce pour quoi Falcio et ses alliés se sont battus. S’ils veulent déjouer le complot et réunir les Manteaux de gloire, les trois amis ne pourront compter que sur leurs épées et le serment qu’ils ont prêté…

Note 3.0

Kest, la prochaine fois que l’issue la plus optimiste que tu puisses envisager lors d’un combat est notre mort à tous sauf la tienne, continue de réfléchir, d’accord ?

 

Le roi est mort et avec lui l’ordre qu’il avait créé afin de contrer l’influence des ducs et faire régner la justice dans l’ensemble du royaume. Esseulés, humiliés, décriés, les rares « Manteaux de gloire » qui arpentent encore les routes se voient forcés à la discrétion afin de ne pas subir la vindicte de la populace. Dans le reste du royaume, chaque duc complote pour s’emparer du trône resté vacant depuis le meurtre de son dernier possesseur. C’est dans ce contexte politique particulièrement troublé que le lecteur fait la connaissance de Falcio, Kest et Brasti, trois anciens « Manteaux de gloire » aujourd’hui réduis à vendre leurs services au plus offrant. Ou plutôt à celui ou celle qui accepterait d’engager des « caches-misères », nom ignominieux désignant désormais les rares survivants de cet ordre couvert d’opprobre. Si je ne n’irai certainement pas jusqu’à parler de nouvelle « révélation en matière de fantasy » comme le fait Bragelonne, Sébastien de Castell réussit malgré tout son entrée sur la scène française. Le roman nous entraîne sans guère de temps mort dans les pas de ces trois aventuriers qui se retrouvent malgré eux embourbés dans les dangereuses machinations ourdis par les grands du royaume. L’action est au rendez-vous et ne décroît qu’à de rares moments tout au long de ces quelques trois cent pages qui se lisent avec une déconcertante rapidité.

Le principal intérêt du roman réside dans son protagoniste, homme brisé par la mort de sa femme, de son roi et de tous les idéaux qu’il s’était échiné à défendre. Les personnages secondaires sont quant à eux prometteurs, même si la plupart auraient mérité d’être davantage étoffés. C’est notamment le cas des deux plus proches compagnons de notre héros (l’un taciturne et bretteur d’exception, l’autre débonnaire et archer hors pair) à propos desquels on ne sait que très peu de choses et qui ne sont finalement mis en scène que peu de fois dans le roman. Et c’est d’autant plus dommage, car l’alchimie fonctionne parfaitement lorsque nos trois compères se trouvent réunis. Moqueries ou réparties mordantes ne tardent alors pas à fuser, et c’est dans ces moments que l’auteur parvient à véritablement nous faire ressentir la camaraderie et la profonde amitié unissant ces « Manteaux de gloire » qu’on ne peut alors s’empêcher d’assimiler brièvement aux célèbres mousquetaires de Dumas. Je serai un peu plus nuancée concernant la qualité de l’intrigue qui tend trop souvent vers la facilité, ainsi que par la fin, très décevante à mon goût. Autre aspect ennuyeux : l’univers dans lequel évoluent nos héros est finalement peu dépeint si bien que, en l’absence de précisions concernant le décor ou l’ambiance, j’ai à quelques reprises eu du mal à me représenter certaines scènes.

 

Un roman divertissant consacré aux épreuves traversées par les derniers représentants d’un ordre condamné et à deux doigts de sombrer dans l’oubli. C’est sans ennui aucun que l’on suit les aventures de Falcio et ses compagnons, même si l’intrigue et l’univers mis en scène par l’auteur se révèlent (pour l’instant) trop peu ambitieux à mon goût. Merci aux éditions Bragelonne et à Babélio pour cette découverte.

Autres critiques : Lutin 82 (Albédo – Univers imaginaires) ; Gillossen (Elbakin) ; Jean-Philippe Brun (L’Ours inculte) ; Mlle Niall (La Croque-Livres) ; Sia (Encres & Calames)