Marc Simonetti Coverama

Titre : Marc Simonetti Coverama : Alternate Worlds
Auteur/Illustrateur : Marc Simonetti
Éditeur : It’s Art
Date de publication : 2014 (octobre)

Synopsis : Quel est le point commun entre « Le trône de fer », les romans du Disque Monde de Terry Pratchett et les livres de H. P. Lovecraft ? Ce sont tous des livres excellents. Il se trouve également que Marc Simonetti les a tous illustrés, et voici son Art Book.

Note 4.0

Look on his works, ye mighty, and despair ! (G. R. R. Martin à propos du travail de Marc Simonetti sur le Trône de fer)

 

S’il y a bien un illustrateur dont la plupart des œuvres ornent aujourd’hui les couvertures des ouvrages de fantasy ou de science-fiction, c’est bien Marc Simonetti. Réputé notamment pour son travail sur les univers du « Trône de fer » de G. R. R. Martin, des « Annales du Disque-Monde » de Terry Pratchett et des romans de H. P. Lovecraft, l’artiste a publié en 2014 un magnifique « art-book » dans lequel il a regroupé une grande partie de ses dessins. L’ouvrage se divise en chapitres dans lesquels Marc Simonetti explique brièvement l’intérêt qu’il porte à chaque univers et expose ensuite certaines de ses œuvres. Trois chapitres sont ainsi consacrés aux mondes de Martin, Practchett et Lovecraft tandis que les autres regroupent des illustrations effectuées à titre personnel, pour des jeux vidéos ou pour quantité d’autres auteurs de fantasy ou de science fiction. L’illustrateur a également tenu à retranscrire certains échanges qu’il a pu avoir avec des auteurs dont il devait illustrer l’œuvre comme Sam Sykes (« La porte des éons ») ou encore Emmanuel Chastellière (« Le village »). Un bon moyen de se rendre compte de la façon dont travaille l’artiste et dont il tient compte des demandes ou exigences des auteurs. Le chapitre consacré au monde de Westeros est particulièrement appréciable, d’autant plus qu’il contient une longue explication de G. R. R. Martin qui explique pourquoi la version du trône de fer illustrée par Marc Simonetti est celle qui correspond le mieux à sa propre vision. J’ai également personnellement apprécié trouver une illustration de Dunk et l’Oeuf, deux autres héros emblématiques de l’auteur, que je n’avais jusqu’à présent jamais vu.

Dunk et l'oeuf

A la lecture de cet ouvrage, on ne peut s’empêcher de constater que la force de l’illustrateur tient à sa capacité à donner instinctivement envie de plonger dans l’histoire illustrée. Et cela vaut aussi bien pour le monde coloré et humoristique de Pratchett que celui inquiétant et peuplé de créatures monstrueuses de Lovecraft. Marc Simonetti passe avec une aisance impressionnante de l’une à l’autre de ces ambiances complètement opposées et représente avec un égal talent un homme rendu fou de terreur devant une hydre monstrueuse évoluant dans un décor baignant dans une inquiétante lumière verte, qu’une troupe bigarrée constituée de magiciens, sorcières ou lutins déambulant gaiement dans un champ. En ce qui concerne les autres illustrations, chacune possède un charme particulier même si j’ai évidemment quelques petites préférences. Parmi elles je citerais essentiellement les couvertures réalisées pour Patrick Rothfuss (et notamment celle ayant servi à illustrer « Le nom du vent »), David Coe (intégrales de « La couronne des sept royaumes » chez J’ai lu) ou encore Robin Hobb (« L’assassin royal »). L’artiste éprouve manifestement beaucoup d’intérêt pour les paysages grandioses et c’est justement lorsqu’il représente les hauts murs de King’s Landing (« Le trône de fer »), le fleuve Mississipi au crépuscule (« Riverdream ») ou encore la cité de Percepliquis dans toute sa splendeur (« Les révélations de Riyria ») qu’il donne à mon sens la pleine mesure de son talent.

Marc Simonetti Trône de fer

Un très bel ouvrage qui recense certaines des couvertures de fantasy les plus célèbres de ces dernières années (notamment chez les éditions Bragelonne et J’ai lu) et qui permet d’apprécier pleinement toute l’étendue du talent de Marc Simonetti. L’auteur confie qu’il souhaiterait illustrer dans l’avenir des auteurs tels que Jean-Philippe Jaworski, Glen Cook, Steven Erikson ou encore Michael Moorcock… Voilà qui laisse envisager de splendides nouvelles possibilités !

Autres critiques : Allison (Allison-line)