Walking Dead 22 Une autre vie

Titre : Une autre vie
Série : Walking Dead, tome 22
Scénariste : Robert Kirkman
Dessinateur : Charlie Adlard
Éditeur : Delcourt Comics (Contrebande)
Date de publication : 22 janvier 2015 (2014 en VO chez Image Comics)

Synopsis : La Colline, Alexandria. Quelque temps après la Guerre totale. Une autre vie commence pour les survivants de la terrible bataille qui a opposé Negan, Rick et Ézéchiel. La menace directe de Negan écartée, chacun espère retrouver une existence à peu près normale. Mais c’est sans compter sur les zombies, les vivres qu’il faut trouver et, surtout, Robert Kirkman et son sens du drama. C’est une autre vie qui commence.

Note 4.0

Je sais que ça ne l’intéresse pas, et je me doute que j’ai peu de chances de conclure… mais moi, l’autorité, ça me fait craquer. Et il faut que je me lance des défis, sinon je m’emmerde.
Sinon, à quoi bon me lever le matin ? Pour me faire envoyer dans l’inconnu retrouver un gars qui aurait mieux fait d’éviter de s’y perdre ? Je n’ai pas d’enfants. Je ne me suis pas marié. J’ai perdu toute ma putain de famille. Et le monde est parti en couille. L’idée de coucher avec la femme qui donne les ordres à tout le monde, c’est à peu près le seul truc qui me fait vibrer. Et bander.

Walking Dead poursuit son inexorable avancée, sa popularité étant telle que chaque parution appelle la meilleure vente de volumes comics en librairie en France ! Vingt-deuxième tom et « Une Autre vie » s’offre à nous !

Avec « Une Autre vie », on ne peut que s’attendre à un peu de changement bienvenu, et c’est (enfin) le cas ! Robert Kirkman fait violemment changer de paradigme sa série-phare et prend (enfin) des risques pour aller chercher d’autres concepts. Quand je dis qu’il nous fait changer de paradigme, cela renvoie à deux nouvelles situations.

Tout d’abord, nous retrouvons la communauté d’Alexandria quelques temps après la fin de la « Guerre totale » contre Negan dont le sort est désormais stable, même si son ombre tend toujours à apeurer le tout-venant. Nous retrouvons les habituels survivants mais leur condition a autant changé que le look de leur leader, Rick Grimes. Charlie Adlard, pour ce personnage comme pour un certain nombre d’autres, a dû se forcer à faire évoluer le faciès, les mimiques et les poses habituelles. On trouve ainsi un Carl qui a bien grandi, un Rick qui a changé volontairement de tenue physique et leurs compagnons qui ont pris un peu de bouteille. De la même façon, les considérations évoluent : le commerce aidant, les communautés retrouvent un certain confort tout en se souvenant de la bêtise humaine pré-apocalypse. C’est l’occasion pour Robert Kirkman de faire ressurgir les fameuses « interactions sociales » dont il est friand même si un zombie frappe à la porte. La meilleure de ces interactions est bien sûr celle tissée entre Rick et son fils Carl, dont le foyer s’est agrandi depuis quelques temps de l’apport très réconfortant de la batailleuse Andrea. En tant que lecteur espérant bien des rebondissements, on pourrait s’attendre à quelque chose de pus passionnant, mais c’est le bon côté des tomes de Walking Dead : même les tomes de transition comme celui-ci, normalement les moins haletants, ont leur comptant de suspense bien placé et sont malgré tout des tomes sympathiques à savourer.

D’autre part, le paradigme évolue positivement aussi parce que désormais il faut chercher ailleurs l’intrigue. Il faut, pour Robert Kirkman, dépasser la simple condition de « survie en milieu hostile » qui nous a été rebattue pendant 21 volumes (et donc 126 épisodes). Trouver de nouveaux concepts est compliqué quand on pense à l’éternel angle de vue choisi par tout médium concernant les apocalypses zombies, un phénomène en vogue depuis maintenant de nombreuses années mais peu renouvelé : Walking Dead avait secoué les arcanes de cette tendance et il était temps qu’il se renouvelle lui-même. Grâce à un soupçon dont je vous laisse découvrir le principe, ce tome de transition s’égaye dans les dernières pages d’une idée encore une fois bien retorse dès qu’il s’agit pour Robert Kirkman de fouiller les atrocités humaines ou morts-vivantes, tout dépend comment on voit les choses, évidemment.

Ainsi, nous pourrions conclure que Walking Dead en comics poursuit son petit bonhomme de chemin, mais ce ne serait pas très proche de la vérité. « Une Autre vie » ouvre, espérons-le en tout cas, un nouveau pan de l’aventure qui pourrait nous offrir autre chose qu’une simple course à la survie très habituelle dans le genre « post-apocalypse zombie ».

Voir aussi : Tome 1 ; Tome 2 ; Tome 3 ; Tome 4 ; Tome 5 ; Tome 6 ; Tome 7 ; Tome 8 ; Tome 9 ; Tome 10 ; Tome 11 ; Tome 12 ; Tome 13 ; Tome 14 ; Tome 15 ; Tome 16 ; Tome 17 ; Tome 18 ; Tome 19 ; Tome 20 ; Tome 21 ; Tome 23 ; Tome 24Tome 25 ; Tome 26 ; Tome 27

Autres critiques : Frédéric Leray (YoZone), Kameyoko (Fant’Asie), Méli (Le Sang des Livres), Olvidame (My Zombie Culture), Yaneck Chareyre (Chroniques de l’Invisible) et Yvan Tilleul (Sin City)