La bataille des cinq armées affiche

Titre : Le Hobbit : La bataille des cinq armées
Réalisateur : Peter Jackson
Acteurs : Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage
Date de sortie : décembre 2014

Synopsis : Atteignant enfin la Montagne Solitaire, Thorin et les Nains, aidés par Bilbon le Hobbit, ont réussi à récupérer leur royaume et leur trésor. Mais ils ont également réveillé le dragon Smaug qui déchaîne désormais sa colère sur les habitants de Lac-ville. A présent, les Nains, les Elfes, les Humains mais aussi les Wrags et les Orques menés par le Nécromancien, convoitent les richesses de la Montagne Solitaire. La bataille des cinq armées est imminente et Bilbon est le seul à pouvoir unir ses amis contre les puissances obscures de Sauron.

Note 2.0

You started this, you will forgive me if I finish it.

 

Cette bataille des cinq armées s’annonçait comme une apothéose, sans doute notre dernière occasion de voir la Terre du Milieu et de dire au revoir à tous les personnages des deux trilogies de Jackson et surtout au monde de Tolkien. Seulement voilà, le résultat n’est pas à la hauteur. Et de loin… En tant que fan inconditionnelle du « Seigneur des anneaux » c’est avec beaucoup de regret que j’avoue avoir été déçue par ce dernier volet de la trilogie consacrée aux aventures de Bilbo et de la compagnie de nains menées par Thorin cherchant à reconquérir le royaume d’Erebor.

Au programme, nulle scène épique façon bataille du Gouffre de Helm ou charge des champs du Pellenor à vous faire dresser les poils sur les bras ou vous mettre la larme à l’œil. Peter Jackson se contente de filmer la mêlée et multiplie les scènes supposées spectaculaires mais qui ne font qu’ajouter à la confusion car souvent incompréhensibles et illogiques (mais pourquoi donc s’embêter à dresser un mur de bouclier pour assister l’instant d’après aux cabrioles des elfes passant par dessus les nains postés ainsi justement pour arrêter la charge des orques….?) Les scènes de duels sont également peu convaincantes, notamment celle opposant Thorin à son ennemi de toujours, l’orque blanc Azog où là encore Jackson mise sur le spectaculaire au dépend de la cohérence et du réalisme. La palme revient cela dit au personnage de Légolas qui multiplie les cascades au point que cela en devienne ridicule (le passage « saut façon Super Mario sur un escalier qui s’écroule dans le vide » et celui « chauve-souris taxi » auront vraiment été la goutte de trop). Une fois en guise de clin d’œil comme dans « Les deux tours » ou « Le retour du roi » passe encore, mais dix fois dans le film, ça en devient lassant.

THE HOBBIT: THE BATTLE OF THE FIVE ARMIES

Les dialogues ne sont guère plus convaincants, de même que les personnages : Tauriel ne sert strictement à rien à part rajouter une touche de féminité à la trilogie ; à l’exception de Thorin et de deux ou trois autres, tous les nains sont quasiment transparents et n’ont droit à aucune ligne de dialogue ; Légolas est au contraire sur le devant de la scène alors même qu’il n’est pas vraiment le personnage le plus charismatique de la saga, de même que Thranduil qui ne fait qu’agacer avec ses airs forcés de mystère et de mauvais caractère. Le pire reste toutefois Alfrid, le conseiller du maître de Lacville, qui bénéfice de beaucoup trop de temps d’écran et pour des scènes très lourdes qui n’amuseront pas un gamin de dix ans. On peine également à retrouver la magie du monde de Tolkien que Jackson avait pourtant si bien réussi à retranscrire à l’écran jusqu’à présent. Nains chargeant sur des bouquetins, vers géants faisant une apparition remarquée mais ratée pour ensuite disparaître totalement, elfes aux manières d’automates… tout est de trop et je ne reconnais pas là la Terre du Milieu des précédents films. Le final n’est pas plus satisfaisant et paraît même bâclé : les adieux entre Bilbo et la compagnie durent en tout et pour tout trente secondes et ne font pas naître la moindre émotion ; et surtout, le spectateur n’aura le droit à aucune explication concernant tout ce qui justement importait jusqu’à présent : que devient l’Arkestone ? Qu’en est-il du roi sous la Montagne ? Et le retour de Sauron, quelles conséquences et quelles réactions de la part des différents peuples ?

La bataille des cinq armées

Ce troisième et dernier opus des aventures de Bilbo aura en ce qui me concerne été une immense déception. On a avant tout à faire à un film « grand public », où le spectaculaire prime sur le réalisme et la cohérence et où la présence à outrance de cascades et de scènes impressionnantes mais exagérées au point d’en devenir ridicules aura fini par tuer toute l’émotion et tout l’aspect épique du film. Un conseil : contentez-vous de la trilogie du Seigneur des Anneaux et du premier opus (« Un voyage inattendu »), vous ne perdrez rien.

Voir aussi : Un Voyage inattendu ; La Désolation de Smaug

Autres critiques : Ameni (Le blog d’Ameni), Arwen (Mythologica), Escroc-Griffe (Les Pirates de l’Escroc-Griffe), Guillaume (Le Traqueur stellaire), Le Hulk (L’Ecran miroir), Les Toiles Héroïques, Marc Von Buggenhout (Le Blog science-fiction de Marc), MissG (Le Monde de MissG), Nico (L’Écran miroir) et Un Odieux Connard (hilarant)