Thor Vikings

Titre : Thor : Vikings
Scénariste : Garth Ennis
Dessinateur : Glenn Fabry
Éditeur : Panini Comics (Marvel Dark)
Date de publication : 30 octobre 2013 (2004 en VO chez Marvel Comics)

Synopsis : Venus d’un lointain passé, des Vikings morts-vivants assoiffés de sang envahissent et saccagent New York. Même les efforts combinés de Thor et du Docteur Strange ne semblent en venir à bout. Qui donc pourra arrêter ce massacre ? Un récit complet au vitriol, signé Garth Ennis (Punisher) et Glenn Fabry (Preacher).

Note 3.0

Dieux ou non, les vivants se lassent ! Les morts, eux, sont éternels !

On l’oublierait presque à force de le voir incorporer dans des équipes de super-héros terriens, mais Thor est bien plus qu’un guerrier venu d’ailleurs dans l’univers : il est le dieu viking du Tonnerre, la figure nordique rugissante et parfois salvatrice. Garth Ennis, accompagné de Glenn Fabry, tente dans cette mini-série de revenir à l’essence du personnage entre tradition scandinave et tentatives super-héroïques, tout en conservant ses habitudes sur ce genre de « héros ».

Comme nous prévient la préface des éditions Panini Comics, Garth Ennis n’est pas un habitué des super-héros mainstream et ses rares incursions dans le genre ont été l’occasion pour lui de montrer son désintérêt pour ce genre d’action grand public. Au contraire, l’auteur de Crossed, The Boys et The Preacher semble faire montre d’un malin plaisir à torturer la fibre super-héroïque de ces personnages parfois en profond décalage avec la réalité. Après un Spider-Man en simple appât ou un Wolverine castré, c’est un Thor qui va se faire mettre la tête dans le sable par une bande de morts-vivants vikings uniquement portés sur la destruction et le pillage pur et simple, accessoirement maudits sur un millénaire. Dans son scénario et sa résolution, Garth Ennis ne s’embarrasse par de possibles complications : c’est franc, c’est direct et ça ne fait pas dans la dentelle. Du sang, du viol et des grosses batailles viennent forcément ébranler le dieu du Tonnerre qui aura bien besoin, pause bienvenue, du soutien du Docteur Stephen Strange afin de faire varier ses attaques.

Glenn Fabry, quant à lui, est habitué à collaborer avec Garth Ennis, puisqu’ils ont notamment travaillé ensemble sur le fameux Preacher. Il nous livre son style réaliste habituel sans s’encombrer de décors très chargés, ce qui est un peu dommage. Il s’acharne plutôt à détailler, par des pleines pages voire des doubles pages, la cruauté de ces vikings et surtout les têtes coupées qui émaillent les planches comme ultime et plus flagrante conséquence de leurs actions. Le sang gicle, les têtes volent et les coups pleuvent : à n’en pas douter, il ne vaut mieux par lire cette mini-série si on a le cœur ou l’estomac fragiles. La violence fait clairement partie de cette aventure, tellement qu’on croirait presque que le vrai personnage principal est en fait le chef de ces vikings.

Et c’est là que nous retrouvons l’art de Garth Ennis : non content de démoraliser ce pauvre Thor, il démonte un par un la lâcheté des hommes politiques, mais aussi de certains super-héros censés défendre leur prochain. L’humour est clairement douteux et chaque pique fait mouche, c’est vraiment l’atout de cette histoire. Heureusement qu’il y a cela, car sinon les erreurs historiques concernant les habitudes médiévales scandinaves, ici dignes des plus beaufs de nos contemporains (alors que les Vikings incorporaient bien plus que nous les femmes à la vie politique et guerrière), font plutôt mal aux yeux et aux oreilles.

L’idée était des plus enthousiasmantes, le résultat laisse un goût d’inachevé, de mal terminé et surtout d’un peu trop horrifique. Une entrée forcément biaisée dans le monde de Garth Ennis et de Glenn Fabry qui incorporent ici de manière un peu trop forcenée leurs habitudes trash dans le monde super-héroïque.

Autres critiques : Bruce lit (Brucetingrale)