Roue du Temps 1 France Loisirs

Titre : La Roue du temps (The Eye of the World)
Cycle : La Roue du temps, tome 1
Auteur : Robert Jordan
Éditeur : France Loisirs
Date de publication : 2003 (d’abord en 1995 chez Payot & Rivages ; 1990 en VO)

Synopsis : Au pays des Deux Rivières, on fête le printemps: Rand part livrer le cidre au bourg avec son père. Osera-t-il demander une danse à Egwene ? Et pourquoi voit-il ce cavalier noir derrière lui ? Dame Moiraine lui révèle que le cavalier noir le cherche : Rand doit se réfugier à Tar Valon, chez les Aes Sedai, maîtresses du pouvoir unique. Le pouvoir unique… Le Seigneur de l’Ombre ayant jadis voulu conquérir le monde, les Aes Sedai, conduites par le Dragon, le repoussèrent aux confins de l’univers. Pour se venger, il suscité chez les vainqueurs une folie meurtrière. On dit que le Dragon renaîtra pour délivrer la Terre ravagée… et voici que le vent se lève dans les Montagnes de la Brume.

Note 4.0

La feuille vit le temps prescrit et ne lutte pas contre le vent qui l’emporte. La feuille ne cause aucun mal et finit par tomber pour nourrir les feuilles nouvelles. Ainsi devrait-il en être avec tous les hommes. Et les femmes.

Des fois, sans trop le savoir, alors que l’on veut juste aborder une longue série de fantasy, histoire de voir ce que c’est, eh bien… sans trop le savoir donc, on plonge droit dans le filet d’une bonne vingtaine de tomes, alors même que la série s’est à peine achevée fin 2012 après quatorze tomes originaux et un préquel ! Il y a des fois comme ça où on se demande si on aurait pas dû s’abstenir !

Le premier tome de cette saga ô combien particulière et si peu comparable nous offre un départ somme toute très classique du genre heroic fantasy. Un village paisible avec des héros qui ne sont pas encore conscients de leur réalité, un ou deux guides spirituels, une menace fantôme qui se matérialise progressivement dans le récit, l’obligation de prendre la route… : cela ne rappellerait-il pas le modèle du genre qu’est le Seigneur des Anneaux ? À l’évidence oui, et Robert Jordan ne s’en cachait pas car le but était d’aller voir après ce qui se passait et ce qui tourmentait ces jeunes héros aussi frêles qu’inexpérimentés.

De plus, on se rend rapidement que cette saga montre un attachement particulier à détailler parfaitement les émotions et la psychologie de chaque personnage ou presque, ce qui laisse toujours augurer de bonnes choses pour la suite. De même, les promesses sont intéressantes concernant de futures explications sur les Aes Sedai, les Réprouvés et tout l’univers créé ici : l’originalité prend finalement le pas sur le reste et c’est ce qui donne tout son attrait à son premier tome.

Une bonne mise en bouche, une entrée en matière de qualité dans un monde tourmenté qui se laisse découvrir avec envie et qui promet de bien belles épopées au cours des vingt-huit tomes (publication française oblige… comparés aux quatorze tomes originaux) qui sont prévus.