Cosplay

Titre : Cosplay

Cycle : Réédité en tant que tome 1 du cycle Cosplay, tome renommé « Adamas maître du jeu »
Auteur : Laurent Ladouari
Éditeur : HC Éditions
Date de publication : 2 janvier 2014

Synopsis : ADAMAS, milliardaire cynique et haï de tous, rachète une ancienne gloire de l’industrie au bord de la faillite : 1T.
Le redoutable prédateur déclare vouloir la détruire.
Cela n’a aucun sens.
Le même jour, par un invraisemblable concours de circonstances, KATIE DÛMA parvient à se faire recruter par 1T.
Comme les trois mille autres employés, KATIE est invitée à plonger dans l’univers virtuel du COSPLAY : un jeu de masques où chacun agit et communique sous le couvert de l’anonymat.
Le COSPLAY n’a pas de règles : ce jeu de simulation prône une liberté totale. Protégé par son masque, chacun révèle sa véritable humanité : calomnies, délations et règlements de compte se déchaînent dans une explosion de violence sans précédent.
Le COSPLAY est la bombe envoyée par ADAMAS pour anéantir 1T.
Mais depuis l’intérieur du jeu, KATIE organise la résistance.

Note 3.5

Regardez autour de vous. Regardez ce monde qui bouge. Qui est fort, qui est faible ? Chacun lutte courageusement pour mériter sa place au fond de ce bocal : c’est la vie. Alors cessez d’avoir peur et, quelle que soit la raison qui vous donne momentanément l’illusion d’être faible, battez-vous. L’univers vous sera toujours hostile, un déluge se prépare peut-être, alors, dans le doute, battez-vous encore pour être pleinement vous-même. Sinon… disparaissez.

Folklore des conventions et de certains festivals, le cosplay, jeu de rôle consistant à se déguisant en des personnages célèbres ou de fiction, est mis à contribution par Laurent Ladouari pour créer une simulation virtuelle au sein d’une industrie en total délabrement.

De prime abord, la couverture et le résumé au dos de cet ouvrage m’ont paru particulièrement atypiques, mais bon pourquoi pas, le bizarre sait attirer parfois. Clairement, j’ai eu du mal à me lancer, puisqu’il ne faut pas moins d’une centaine de pages pour découvrir ce Cosplay que nous attendons impatiemment. Heureusement, par la suite, la narration alerte et fluide nous entraîne sans temps mort, avec un style, ma foi, très agréable à lire. Sans être un page-turner consommable à n’importe quel moment, Cosplay nous saisit au col, une fois qu’on a pris la peine de se plonger un peu dans l’histoire, et nous fait passer ces 500 pages relativement rapidement, la petite taille des chapitres aidant énormément.

Au niveau du contenu, nous suivons les aventures des employés et des dirigeants d’une entreprise en chute libre, 1T. Venant d’être rachetée par un cador de la finance, aussi roublard que mystérieux et aux abonnés absent, elle se compose, caricaturons un peu, de dirigeants peu dignes de leur statut et de sous-fifres trop compétents pour leur poste et surtout leur salaire. Avec son lot de naïveté et de poncifs du genre, Cosplay se construit au fur et à mesure comme une fable sur les forts et les faibles. Et pour renverser cet état de fait, Laurent Ladouari joue sur la corde sensible de la révolution, et notamment autour du slogan « Pas d’évolution sans cataclysme ». C’est un peu présomptueux, mais c’est drôle et suffisamment revigorant dans le contexte économique délicat qui est le nôtre. On en vient même très facilement à se satisfaire d’un certain sentiment de jubilation quand vient la « revanche des faibles ». Et la simulation du Cosplay est justement faite pour cela : sous couvert d’anonymat, chacun peut agir bien différemment de la vie réelle au sein de la vie de l’entreprise.

Le gros point noir, pour moi, viendra enfin de l’immersion de ce Cosplay dans un monde crédible. En effet, l’auteur nous dévoile avec grande parcimonie quelques événements historiques : une grande guerre, une Commune particulièrement marquante et sanglante, une montée du grand banditisme et d’entreprises multinationales au détriment des plus grandes villes, enfin la construction d’un grand Mur de séparation. Si les références à notre propre histoire sont intéressantes par l’effet de décalage qu’elles provoquent, la construction de ce monde uchronique ou parallèle (je ne saurais même pas dire) est particulièrement floue tant il reste totalement voilé à nos yeux de spectateur. Le fait que l’épilogue soit très bon, en dévoilant un pan entier d’intrigues supplémentaires, donne largement à penser que l’auteur ne propose ici, avec cet opus, qu’une introduction à une saga potentiellement riche de plusieurs tomes aux intrigues connectées.

Grâce aux éditions HC et à la Masse Critique de Babelio, j’ai donc pu découvrir en avant-première ce roman plutôt surprenant. Un 3.5 encourageant finalement, car malgré quelques maladresses et facilités, je retiendrai surtout le plaisir de voir bon nombre de personnages célèbres ou fictionnels devenir des jouets pour les esprits amusés des utilisateurs du Cosplay, mais également le style agréable de l’auteur qui, malgré tout, fait que l’on s’attache toujours à tourner la page suivante.

 

Autres critiques : Maedhros909 (Lire, voir, jouer, écouter, découvrir) ; Torospatillo (Fant’Asie)