• La cité exsangue, tome 2 : Flamboyance

    Titre : Flamboyance
    Cycle/Série : La cité exsangue, tome 2
    Auteur : Mathieu Gaborit
    Éditeur : Mnémos
    Date de publication : 2022 (avril)

    Synopsis : Abyme, la cité baroque et grandiose n’est plus que l’ombre d’elle-même. Terne et défigurée, elle s’étiole sous le joug de lois austères et liberticides. Mais Maspalio, célèbre Prince-voleur revenu des Abysses, ne compte pas laisser sa cité périr. Au sein du labyrinthique et sulfureux quartier des Mille Portes, il a découvert que la révolte grondait dans les entrailles de la ville. Le vieux farfadet, aidé par une ogresse et cinq gamins des rues, se relève pour défier le pouvoir implacable et rendre à la Cité des Ombres son âme perdue. Exaltant, poignant, démesuré, tragique, et surtout, flamboyant, ce récit d’une rare puissance conclut l’un des plus grands cycles de la fantasy française. Habité par ce souffle enlevé et ardent, Mathieu Gaborit nous livre un dernier tome audacieux et épique au style prodigieux de poésie, à l’image de son univers dont les images ont marqué au fer rouge l’imaginaire de nombreux lecteurs depuis plus de vingt ans.

    Elle était là, sans aucun doute possible. La Mufle observa un moment l’étrange silhouette humanoïde assise sur la margelle de la fontaine circulaire, surmontée en son centre d’une vasque de bronze. Composé exclusivement de parchemins froissés, brûlés ou roulés en boule, le corps évoquait les formes vagues d’une femme gironde à la chevelure abondante. Sa « peau » révélait des milliers de mots éparpillés et semés d’auréoles de Morabie ou de larmes et de sueur. Elle était une créature constituée exclusivement de manuscrits et de lettres reniées par leurs auteurs. Affublée parfois du surnom de Contre-Muse, la Dame Froissée palpitait d’échecs et de frustrations. 

  • L’âge de la folie, tome 2 : Le problème avec la paix

    Titre : Le problème avec la paix
    Cycle/Série : L’âge de la folie, tome 2
    Auteur : Joe Abercrombie
    Éditeur : Bragelonne
    Date de publication : 2022 (janvier)

    Synopsis : Ancienne reine des affaires à Adua, Savine dan Glokta a tout perdu lors des émeutes de Valbeck. Sa fortune, son flair et sa réputation… Il ne lui reste plus que son ambition et une solide absence de scrupules. Pour un héros de guerre comme Leo dan Brock, la paix est une source d’ennui et de frustration. Mais avant de repartir au combat, il lui faut forger des alliances… et la diplomatie n’est pas son fort. Pendant ce temps, son amie Rikke lutte pour maîtriser son don maudit – avant qu’il finisse par avoir sa peau. Fraîchement couronné, Orso doit avant tout se garder des coups de poignard que lui réservent ses « partisans ». Sans pour autant négliger ses ennemis désireux de libérer le peuple de ses chaînes, les nobles, concentrés sur leurs intérêts privés, ou encore les créanciers qui l’attendent au tournant de la dette. L’ancien temps est mort et ses monarques avec. Les nouveaux découvriront vite que rien n’est éternel. Ni les pactes, ni les allégeances… ni la paix.

    Tant qu’à faire, Orso espéra que son attitude passerait pour du courage, voire de la bravoure. En réalité, il n’y avait pas de quoi se rengorger. L’explication, c’était sans doute une stupidité sans bornes, et une arrogance dénuée de limites. Au fond, le courage, c’était peut-être toujours ça. Convaincu de sa propre importance, un type – surtout un peu con – pouvait commencer à croire que la mort ne concernait que les autres.

  • Sous le vent de la liberté

    Titre : Sous le vent de la liberté
    Auteur : Christian Léourier
    Éditeur : Argyll
    Date de publication : 2021

    Synopsis : Élevé par un père libertin et un prêtre humaniste, Jean de Kervadec est jeté dans le tourbillon du monde lorsqu’il perd la possession du manoir familial. Il embarque alors pour l’Amérique à la recherche de son frère aîné, héritier légitime, le seul à même de reconquérir leur domaine. Cependant, le jeune homme est loin d’imaginer des multiples destinations où le pousseront vents et courants : de l’Amérique, où naît une république, aux côtes d’Afrique où sévit la traite ; de la course contre les pirates de l’océan Indien aux guerres du Deccan ; de la révolte des esclaves de Saint-Domingue aux spasmes de la Révolution qui secouent Paris.
    Et si sa route croisera celle de nombreuses figures historiques, la destinée prendra quant à elle le visage d’une femme, Maria, son amour d’enfance, qui l’obsède au moins autant que son désir de vengeance envers ceux qui l’ont obligé à fuir sa terre natale.

    Si Monsieur Goureaud attendait de ma part la moindre compassion, il se trompait lourdement.
    -Nous vivons dans un monde impitoyable, affirmai-je, où l’homme est un loup pour l’homme. Que dis-je, un loup ? Un tigre ! Ainsi, il m’a été rapporté que, pour accumuler cette fortune dont vous déplorez aujourd’hui la perte, les colons de Saint-Domingue éreintent des hommes privés de leur droit le plus naturel à disposer d’eux-mêmes au seul motif qu’ils ont la peau noire et les cheveux crépus !
    Il sursauta, comme s’il avait marché sur une vipère.
    -Vous ne pouvez comparer…
    -Votre argent à leur liberté ? Certes, ce serait indécent. 

  • Ru

    Titre : Ru
    Auteur : Camille Leboulanger
    Éditeur : L’Atalante
    Date de publication : 2021 (mars)

    Synopsis : « – Ru ? Pourquoi Ru ? Il n’y a pas assez de salles de concerts à l’air libre, peut-être ? – Tu n’as jamais eu envie de savoir ce que cela fait de chanter à l’intérieur d’un être vivant ? »

    A l’entendre, le cœur de Youssoupha s’est mis à battre à toute vitesse, plus rapidement que jamais. En cet instant, perché sur cette bretelle d’autoroute au-dessus d’une foule dont les cœurs grondaient aussi fort que le sien, il était plus vivant qu’il ne l’avait jamais été. Il a ouvert la bouche pour répéter encore une fois « C’est pas normal », mais voilà ce que ses lèvres écartées ont laissé passer à la place « Assez ! Assez ! » Et ce n’est pas seulement sa bouche qui a parlé mais son corps tout entier. Il a scandé dans un souffle venu du ventre. C’est elle qui le fait ajouter sa voix et son acrimonie, car, s’il ne sait pas grand-chose, Youssoupha possède au moins le sens de la reconnaissance et une intuition. Voilà le crime : un professeur, des professeurs, qui prennent leur propre vie à force de construire, envers et contre Ru entière, celle de dizaines d’enfants dont personne ne s’occupe.

  • L’âge de la folie, tome 1 : Un soupçon de haine

    Titre : Un soupçon de haine
    Cycle/Série : L’âge de l’a folie, tome 1
    Auteur : Joe Abercrombie
    Éditeur : Bragelonne
    Date de publication : 2020 (décembre)

    Synopsis : Dans le ciel d’Adua, les cheminées industrielles crachent leur fumée et le monde nouveau regorge de possibilités. Mais les temps anciens ont la peau dure. À la frontière du Pays des Angles, dans un bain de sang, Leo dan Brock cherche à se couvrir de gloire… et à écraser les hordes de maraudeurs. Pour vaincre, il a besoin du soutien de la couronne. Hélas, le prince Orso ne vit que pour trahir… Fondatrice de la Société Solaire, femme d’affaires et fille de l’homme le plus redouté de l’Union, Savine dan Glokta entend bien gravir l’échelle sociale par tous les moyens. Mais chez les miséreux couve une fureur qu’aucun privilège ne saurait contrôler. Avec l’aide d’une femme des collines réputée pour sa folie, la jeune Rikke lutte pour maîtriser la vue longue, un don précieux… ou une malédiction. Voir l’avenir est une chose, mais lorsque le Premier des Mages le tient entre ses mains, le changer en est une autre.

     

    Mais c’était ça, la guerre. Une sale affaire qui bénéficiait uniquement à de sales types. Même sous la torture, Rikke n’aurait su dire pourquoi les gens bêlaient des chansons sur les grands guerriers. Pourquoi ne pas honorer plutôt les bons pêcheurs, les boulangers géniaux ou les couvreurs d’élite qui contribuaient à rendre le monde plus agréable et plus sûr ? Des gens qui ne passaient pas leur temps à empiler des cadavres et à carboniser des choses. Étaient-ce vraiment des comportement à encourager ?

  • Jusqu’ici tout allait bien

    Titre : Jusqu’ici tout allait bien
    Cycle/Série : Les contes ordinaires, tome 2
    Auteur : Ersin Karabulut
    Éditeur : Fluide Glacial
    Date de publication : 2020

    Synopsis : Qu’adviendrait-il de notre société si elle renonçait à ses libertés à cause de croyances, des nouvelles technologies, d’un virus ou même du carcan familial ? Dans cette anthologie de récits d’anticipation, l’auteur turc Ersin Karabulut décrit à la perfection les maux de notre société et le moment où tout bascule.

     

    Qui n’a pas été manipulé par des partis qui ne sont en réalité pas en phase avec le fond de notre pensée ? Il est temps de changer les choses grâce à notre application interactive Votedox qui évalue votre profil grâce à une analyse hyper précise des données figurants sur les réseaux sociaux. Le vote sera déterminé par votre réelle personnalité et vos propres intérêts. Et ça, vous savez ce que c’est n’est-ce pas ? C’est la première vraie démocratie de l’histoire de l’humanité !

  • La part des ombres, tome 2

    Titre : La part des ombres
    Cycle/Série : La part des ombres, tome 2
    Auteur : Gabriel Katz
    Éditeur : Scrinéo / Pocket
    Date de publication : 2018/2020

    Synopsis : Dans le royaume de Goranie déchiré par l’occupation, la nasse se resserre autour de la rébellion naissante. Sous la poigne du redoutable chef de guerre Akhen Mekhnet, les Traceurs sont en chasse, et la fragile résistance menée par celui qu’on appelle « le Fantôme » semble vivre ses dernières heures.
    Mais rien n’est encore joué. La lutte se poursuit sur tous les fronts, par le sang, la diplomatie ou la trahison, de forêts en marécages, de chaumières en palais. Une lutte qui entraînera les trois mercenaires Kaelyn, Desmeon et Olen jusqu’aux montagnes interdites de la Trace, ce royaume inconnu, tribal et sauvage, où les villes culminent au-dessus des nuages.

     

    -Comment il s’appelle, ton petit guerrier ? demanda poliment Desmeon.
    -J’en sais rien, répondit très sérieusement Eden Vekh.
    -Comment ça t’en sais rien ?
    -Je crois que c’est Aderan. Ou Kenen, peut-être, mais il est un peu grand.
    -Sérieusement, tu ne connais pas tes gamins ?
    -J’en ai trois, six, sept et huit ans. Ça fait dix ans que je suis stationné en Goranie, je remonte très rarement à la Crète.
    -C’est toi qui les a fait quand même ?

  • Le livre des martyrs, tome 2

    Le Livre des Martyrs, tome 2 : Les portes de la maison des morts

    Le livre des martyrs, tome 2

    Titre : Les portes de la maison des morts
    Cycle/Série : Le livre des martyrs, tome 2
    Auteur : Steven Erikson
    Éditeur : Léha
    Date de publication : 2018

    Synopsis : Deuxième tome de la saga épique de Steven Erikson, Les Portes de la Maison des Morts nous emmènent sur le vaste continent de Sept-Cités, au cœur du Saint-Désert de Raraku où l’oracle Sha’ik rassemble son armée pour une rébellion des plus sanglantes : un maelström de fanatisme et de férocité qui façonnera des destinées et enfantera des légendes… Félisine, la plus jeune fille de la Maison Paran, tombée en disgrâce, rêve de vengeance dans les mines d’Otataral. Pendant ce temps, le sapeur Violain et l’assassin Kalam, deux Brûleurs de Ponts devenus hors-la-loi, se sont fixé comme mission de ramener la jeune Apsalar chez elle et, ce faisant, de confronter l’Impératrice Laseen. Tandis qu’à Hissar, Coltaine, commandant de la 7ème Armée de Malaz, s’apprête à lancer ses fidèles Wickiens et ses troupes dans une ultime bataille pour sauver les populations jetées sur les routes par le chaos de la rébellion.

     

    Je ne reprendrai jamais ma Liste des Morts aux Champs d’Honneur, car je sais désormais qu’un soldat anonyme est une bénédiction. Le soldat dont l’identité est connue – mort, de la cire fondue – exige une réponse des vivants… une réponse que nul ne peut fournir. Les noms ne nous sont d’aucun réconfort, ils sont un appel à parer ce qui est imparable. Pourquoi est-elle morte et pas lui ? Pourquoi les survivants demeurent-ils privés de nom, comme maudits, alors que les morts se voient révérés ? Pourquoi faut-il que nous nous accrochions à ce que nous avons perdu tandis que nous ignorons ce que nous possédons encore ? Nous ne devons pas nommer ceux qui tombent au combat, car ils se tiennent à notre place et y restent jusqu’à la fin de nos jours. Que ma mort ne charrie nulle gloire, que l’on me laisse mourir dans l’oubli et l’anonymat. Qu’on ne dise pas de moi que j’étais parmi les morts afin d’en accuser les vivants. 

  • Le concile de fer

    Titre : Le concile de fer
    Auteur : China Mieville
    Éditeur : Fleuve noir / Pocket
    Date de publication : 2008 / 2011

    Synopsis : La révolution gronde aux portes de Nouvelle-Crobuzon. Un gouvernement répressif, une économie en plein chaos : les habitants sont à bout. Un complot est mené pour assassiner le maire protégé par la Milice aux pouvoirs surnaturels. Le groupe de rebelles décide de faire appel au Concile de Fer, un train mythique qui traverse les contrées désertiques loin de la ville. Seul ce dernier, dont l’existence semble tant effrayer le maire et ses sbires, pourra aider les révolutionnaires à prendre le contrôle de la cité.

     

    A la Fourche du Tricorne, des impacts de balles grêlaient les murs, là où, moins d’un an auparavant, la Milice avait affronté des centaines de manifestants. Tout avait démarré aux Ateliers Paradoxes, des doléances spontanées devant certains licenciements, qui avaient gagné les rues à une vitesse foudroyante. A mesure que les rangs des manifestants grossissaient, les rez-de-chaussée des boutiques avaient été fracturés. Les slogans réclamaient la réintégration des copains, des augmentations de salaire, et soudain, on s’était mis à dénoncer le maire et la loterie électorale, à revendiquer le droit au suffrage. Il y avait eu des jets de bouteilles, de phlogiston corrosif. Puis des coups de feu : la Milice avait riposté, ou peut-être tiré la première, et seize personnes avaient été tuées.

  • Une histoire populaire de la France

    Une histoire populaire de la France

    Titre : Une histoire populaire de la France
    Auteur : Gérard Noiriel
    Éditeur : Agone
    Date de publication : 2017

    Synopsis : « En 1841, dans son discours de réception à l’Académie française, Victor Hugo avait évoqué la populace pour désigner le peuple des quartiers pauvres de Paris. Vinçard ayant vigoureusement protesté dans un article de La Ruche populaire, Hugo fut très embarrassé. Il prit conscience à ce moment-là qu’il avait des lecteurs dans les milieux populaires et que ceux-ci se sentaient humiliés par son vocabulaire dévalorisant. Progressivement le mot ?misérable?, qu’il utilisait au début de ses romans pour décrire les criminels, changea de sens et désigna le petit peuple des malheureux. Le même glissement de sens se retrouve dans Les Mystères de Paris d’Eugène Sue. Grâce au courrier volumineux que lui adressèrent ses lecteurs des classes populaires, Eugène Sue découvrit les réalités du monde social qu’il évoquait dans son roman. L’ancien légitimiste se transforma ainsi en porte-parole des milieux populaires. Le petit peuple de Paris cessa alors d’être décrit comme une race pour devenir une classe sociale. »

     

     A chaque fois, les élites en lutte contre le pouvoir de l’état encouragèrent « ceux d’en bas » à se révolter car ils avaient besoin de cette violence de masse pour triompher des forces royales. Mais dès que cette violence se déchaîna, ils furent contraints, pour sauver leurs propres privilèges, de se soumettre à la loi du monarque en implorant sa protection, contribuant bien souvent à massacrer eux-mêmes ce peuple qu’ils avaient mobilisé.

    Grand historien spécialiste de l’histoire de la classe ouvrière et pionnier de l’histoire de l’immigration en France, Gérard Noiriel a publié tout au long de sa carrière une quantité impressionnante de travaux. En 2018, il s’inspire de l’œuvre d’Howard Zinn sur les États-Unis (adapté en BD sous le même titre : « Une histoire populaire de l’empire américain ») et décide de proposer à son tour une « histoire populaire » de la France, de la Guerre de Cent ans à nos jours. Un travail colossal, qui vise à mettre en lumière non pas le point de vue exclusif des dominés ou des dominants, mais plutôt de proposer une analyse de la domination et de la manière dont s’articulent et se mettent en place les relations de pouvoir qui lient les hommes entre eux. Le résultat est un ouvrage de près de huit cent pages d’une densité et d’une richesse incroyables qui apporte un contre-point bienvenu à l’histoire réactionnaire qui a actuellement le vent en poupe, notamment dans les médias. Ici, il n’est pas question d’étudier l’histoire de France par le biais de tel souverain ou tel grand homme politique. Non, ce qui intéresse Gérard Noiriel, c’est le peuple où, pour être plus précis, les classes populaires. L’ouvrage se décline en une quinzaine de chapitres, chacun consacré à une période bien précise, dans lesquels l’auteur détaille les spécificités des classes populaires de l’époque : comment vivent-elles ? Quelles sont ses interactions avec le pouvoir en place ? Quel est son degré d’implication dans la vie publique ?…

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