Quinzinzinzili

Titre : Quinzinzinzili
Auteur : Régis Messac
Éditeur : L’Arbre vengeur (L’Alambic)
Date de publication : 20 septembre 2007 (1935 pour la 1ère édition)

Synopsis : Bien sûr, cela fait des décennies que la littérature nous annonce l’anéantissement de la race humaine, notre capacité à nous détruire ne se discutant plus. Beaucoup de livres pour un sujet aussi crucial, mais dans le lot peu de chefs-d’œuvre… Quinzinzinzili, ce roman au titre improbable, est pourtant de ceux-là, ses rares lecteurs n’en démordent pas, qui s’étonnent toujours de son ironie visionnaire, de son pessimisme halluciné et de ses trouvailles géniales. Publié en 1935, il a été imaginé par Régis Messac (1893-1945), considéré comme l’un des précurseurs du genre, et nous entraîne après le cataclysme, à la suite du dernier des adultes, témoin stupéfait de la renaissance du genre humain : sous ses yeux désabusés, un groupe d’enfants réinvente une Humanité dont l’Histoire a disparu. Et Messac, qui sait que la Civilisation est mortelle, nous offre le spectacle d’une poignée de gosses en train de lui régler son compte… Stupéfiant, Quinzinzinzili renaît et devrait susciter l’admiration de ceux qui croient davantage aux vertus des Lettres qu’à celles de l’Homme.

Note 4.0

L’intelligence n’est pas très répandue dans le monde nouveau. Aussi, on y est grand homme à bon compte.

Quinzinzinzili ! En voilà un titre qui dépote. Et personnellement, je prononce toutes les lettres, histoire de faire authentique. Mais qu’est-ce donc que cet O.V.N.I. ?

Grâce à Verdorie, j’ai pu découvrir non seulement une maison d’édition trop peu connue, L’Arbre vengeur, mais également un roman de science-fiction française des années 1930 (exactement comme je les aime !), et surtout une immense frange de la littérature française qui s’ouvre maintenant à moi. Dans le même genre, j’avais adoré L’œil du purgatoire, de Jacques Spitz, mais pourquoi aimer une telle vieille science-fiction française ? Je dirais que c’est avant tout l’aspect introspectif qui me parle totalement, au plus profond de moi-même. Cette façon de creuser la psychologie humaine au plus profond me touche toujours, immanquablement.

La présente édition avec son avant-propos des plus inspirants met le lecteur dans les meilleures dispositions pour apprécier cet ouvrage. Éclairage sur la biographie de l’auteur, analyse en amont des enjeux du récit, Éric Dussert nous sert une préface intéressante et nécessaire qui est complétée comme il faut par l’avant-propos de l’édition originale de 1935 et quelques autres documents annexes.

Mais alors, damned, que nous raconte Quinzinzinzili ? L’histoire d’un homme seul face à la totale déchéance de son monde et à la création du suivant. Rien que ça. Dès 1935, Régis Messac prédit une Deuxième Guerre mondiale qui détruira, avec force explosions et changements climatiques, notre bonne vieille civilisation. Point besoin de s’appesantir sur cet état de fait, car pour l’auteur, là n’est pas l’essentiel. Le plus important est de réaliser, en compagnie du personnage principal, que quand tout part à vau-l’eau, il n’y a définitivement rien à faire.

Encore une belle découverte signée L’Arbre vengeur, il faut dire que cette forme de science-fiction paraît simple, mais se révèle toujours aussi profonde émotionnellement sur notre fin à tous. Et quand vous saurez de quelle expression provient ce « Quinzinzinzili »…

Autres critiques : Amartia (Mes lectures instantanées) ; Moglug (Synchronicité et Sérendipité) ; Ô Grimoire !