La mort en tête

Titre : La mort en tête
Auteur : Sire Cedric
Éditeur : Le Pré-aux-clercs
Date de publication : 2013 (novembre)

Synopsis : Le duo d’enquêteurs, à présent incontournable, Svärta/Vauvert est de nouveau sur la brèche. Comme toujours, ils traquent sans relâche les tueurs psychopates mais cette fois ils sont eux aussi les proies de malfaisants. Le suspens est à double sens, vous n’aurez pas une seconde de répit. Tout commence par la mort d’un enfant de huit ans au domicile d’un faux prêtre exorciste. Le désenvoûtement a tourné au drame. Eva, enceinte d’Alexandre Vauvert, se rend sur les lieux. Depuis quelques jours déjà, elle se sent observée, une impression désagréable, ou mauvais pressentiment ? Elle sait que le danger rôde…

Note 3.5

-Sorcière, murmure Barbarossa. Au cours de ses voyages, dans les bas-fonds illettrés du tiers monde, il a rencontré bien des femmes qui se prétendaient sorcières. Toutes, elles n’étaient que des menteuses et des manipulatrices, faisant jaillir à travers la peau des organes de volailles supposés être des tumeurs, jouant des drogues et du folklore pour abuser la crédulité des miséreux. Des impostures. Il n’y croyait plus. Il ne sait même pas s’il y a jamais vraiment cru. Et, malgré tout, cette rencontre, il l’a secrètement désirée, sans trop se l’avouer. Il l’a attendue, si longtemps…

De Sire Cedric, je n’avais jusqu’à présent lu que quelques nouvelles publiées ici où là dans des anthologies consacrées à l’imaginaire, sans jamais oser franchir le cap et me lancer dans l’un de ses romans. C’est désormais chose faite grâce à Babélio et aux éditions Le Pré-aux-clercs, et la découverte fut des plus plaisantes. Guère habituée aux thrillers, je dois dire que je me suis agréablement laissée embarquer dans cette chasse à l’homme haletante dans laquelle interviennent également certains éléments fantastiques. A ceux qui l’ignoreraient, je signale au passage que « La mort en tête » s’inscrit dans une série de romans consacrés aux enquêtes menées par Eva Svärta, enquêtrice parisienne albinos possédant un puissant pouvoir emphatique, et son conjoint, Alexandre Vauvert, lui-aussi policier mais au sein du SRPJ de Toulouse. Nul besoin cela dit d’avoir lu « De fièvre et de sang » ou encore « Le premier sang », pour pleinement apprécier le roman de Sire Cedric qui n’hésite pas à parsemer son récit de nombreux repères visant à le rendre compréhensible aux plus novices d’entre nous (attention toutefois si vous désirez également découvrir les autres tomes, la contrepartie étant que le roman regorge de gros spoilers).

Un couple d’enquêteurs réputés pour leur efficacité et leurs méthodes peu orthodoxes, un tueur en série obsédé par ses proies et redoutablement intelligent, un complot, une traque… Voilà, en gros, ce qui vous attend, avec en prime quelques phénomènes surnaturels qui, bien qu’arrivant tardivement, rajoutent un peu de piment au récit. Malgré une intrigue finalement assez peu complexe et une tendance à privilégier les scènes d’action au dépend de la subtilité, il devient dès les premiers chapitres difficile de lâcher le roman qui se lit avec une rapidité déconcertante (à peine trois jours pour près de six cent pages…). Impossible une fois lancé de s’arrêter en chemin tant les deux protagonistes sont attachants et tant le lecteur est avide de les voir enfin saisir la dangerosité de l’engrenage dans lequel ils se sont laissés prendre au piège. Sire Cedric parvient à maintenir du début à la fin un rythme endiablé qui pousse le lecteur à tourner encore et encore les pages sans que jamais l’ennui ou la lassitude ne viennent pointer le bout de leur nez. En ce qui concerne les points négatifs, outre le léger manque de complexité et de subtilité de l’intrigue, il faut toutefois avouer que les personnages secondaires sont souvent un peu caricaturaux, à commencer par le « méchant » de l’histoire, que j’aurai souhaité plus nuancé.

Avec « La mort en tête » Sire Cedric nous offre un thriller fantastique particulièrement haletant et très divertissant. Si je n’irai pas jusqu’à parler de coup de cœur, je n’hésiterai en tout cas pas à poursuivre ma découverte de cet auteur talentueux et de ce couple d’enquêteurs atypique dont je suis tombée sous le charme. Merci à Babélio et aux éditions Le-Pré-aux-clercs pour cette lecture !

Autres critiques : Davalian (Kriticon) ; Juliette (Je lis et je raconte) ; Reading in Black