Nephilim 2

Titre : L’Éveil
Cycle : Néphilim, Intégrale II (Les Dracomaques ; L’effet Orphée)
Auteur : Fabien Clavel
Éditeur : Mnémos (Icares)
Date de publication : 2012

Synopsis : Dans ce second tome, Fabien Clavel entraîne le lecteur à la découverte de deux nouvelles capitales : Rome et Londres. À Rome, l’on rencontrera les derniers membres de la fraternité de l’Hepta. Le père Leonidas sera confronté à des disparitions inexpliquées de jeunes séminaristes alors même que la belle Khesziv revient dans la capitale italienne. À Londres, les Immortels de l’Hepta se retrouvent enfin après cent cinquante ans d’errance. Tous les protagonistes des premiers romans sont réunis autour de Nej, personnage emblématique du premier volume. Fabien Clavel offre un final de haute volée et totalement inédit, soutenu par son intrigue qui emprunte au thriller sa narration efficace et sa tension.

Note 4.0

Ces derniers temps je n’ai pas pu écrire beaucoup. La Cornua, Donington, Katowice, Nurburg, Oslo… Les dates s’enchaînent. Aza sort de ses concerts complètement défoncé. J’aimerais bien qu’il m’écrive une chanson, mais comme elle risque de s’intituler « Fucking Whore » ou « Satanic Bitch » je ne suis pas pressée. Au fond je pense que l’Hepta lui manque. Et le plus bizarre c’est que cette fraternité dysfonctionnelle me manque aussi. Nej.

Après « Les déchus » voici enfin la seconde intégrale de la série « Nephilim » de Fabien Clavel regroupant les deux derniers livres des aventures des sept Immortels (« Les Dracomaques » et « L’effet Orphée »). Nous y retrouvons tous les membres de l’Hepta, ces fameux anges déchus condamnés à traverser les siècles en s’incarnant dans le corps de simples mortels et à cacher leur véritable nature, ainsi que leurs principaux ennemis, une organisation secrète baptisée Rose-Croix et dirigée par la redoutable Madame N. Encore une fois l’auteur nous plonge dans un cadre urbain contemporain et nous propose un petit tour des principales capitales européennes d’aujourd’hui dont il nous fait découvrir les facettes ésotériques. Après Paris et Budapest, nous passons ainsi aux villes de Rome et de Londres dans lesquelles vont se jouer le sort de cette fraternité d’Immortels, fragilisée depuis près de deux siècles par la perte de l’un des leur. Comme dans la première intégrale, il est aisé de deviner la formation classique de l’auteur tant les références à la littérature et aux mythes antiques abondent, de l’Enéide de Virgile à la Divine comédie de Dante en passant par les divinités romaines Janus et Juturne ou encore le mythe d’Orphée et Eurydice qui se retrouve au centre de toute l’œuvre de Clavel.

Avec « Les Dracomaques » nous découvrons une nouvelle paire de Nephilims constituée de Léonidas et Khésiv qui vont se retrouver confrontés au réveil d’une puissance ancestrale enfouie au cœur de la ville sainte. Si les personnages ne manquent certes pas de piquant, ce troisième tome souffre malgré tout de petits problèmes de rythme qui le placent nettement en dessous des autres. « L’effet Orphée », quatrième et dernier livre, en revanche, est à mon sens le plus réussi : tous les fils de l’intrigue se regroupent, le rythme se fait endiablé et ne décélère pas jusqu’à la toute fin, et surtout tous les protagonistes que l’on a suivi jusqu’à présent se retrouvent réunis pour la première fois. L’épilogue est également extrêmement réussi et nous offre un final largement à la hauteur de ce que l’on pouvait espérer et qui répond à toutes nos interrogations. Les personnages, pour leur part, ne déçoivent pas et se révèlent toujours aussi attachants et complexes les uns que les autres. Ma petite préférence va tout de même à Nej, jeune paumée au caractère bien trempé tout juste informée de sa condition d’immortelle, et surtout au cynique et incorrigible Akarian dont les répliques mordantes ont le don de faire mouche à chaque coup.

Il est extrêmement rare que je me laisse tenter par des romans de fantasy prenant place dans un cadre contemporain, mais je n’ai aucun regret de m’être plongée dans les péripéties de ces Nephilims que l’on quitte avec un petit pincement et l’espoir, sait-on jamais, de les retrouver un jour pour d’autres aventures. Un excellent moment de lecture.

Voir aussi : Intégrale I

Autres critiques : Aranae (La plume ou la vie) ; Laea (L’univers de Laea) ; Atanaheim (Elbakin) ; Thomas Riquet (Mythologica) ; Stegg (Psychovision) ; Yumiko (Evasions littéraires)