Petites morts

Titre : Petites morts
Auteur : Laurent Kloetzer
Nouvelles: Éva ; Mademoiselle Belle ; L’orage ; Toujours être ailleurs ; Immmacolata
Éditeur : Mnémos (Dédales)
Date de publication : 2012

Synopsis : Libertin, bretteur, Casanova imaginaire, écrivain, menteur, tel est Jaël de Kherdan… Jeunes filles en fleur ou dames aux moeurs légères, les femmes l’aiment et l’entraînent tour à tour dans leurs jardins secrets. Éva la lunaire, Léora la solaire, la magicienne Kirsten, Mademoiselle Belle, Sara la bravache… Toutes ont succombé à son verbe et à son charme. Mais quand la fête tourne au cauchemar, quand l’amour mène aux larmes et le sexe à la souffrance, Jaël s’enfuit toujours, pour recommencer ailleurs, autre part, une nouvelle histoire. De songe en songe, le rêve et la réalité se confondent dans cette fantasie légère et élégante où jeux de miroir et de plume s’entremêlent pour un plaisir de tous les sens.

Note 3.0

L’univers se rationalise, il se concentre sur l’industrie, la science. Les joyeuses fantaisies d’autrefois passent maintenant pour des rêveries de poète, on dit que tout cela n’a jamais vraiment existé

Déroutant. Voilà le premier mot qui me vient à l’esprit pour qualifier ce livre. L Kloetzer retrouve ici son personnage de Jaël de Kherdan, héros de « Mémoire vagabonde », et revient sur ses relations avec la gente féminine. Le roman est organisé en cinq grands « tableaux », chacun relatant un pan de la vie mouvementée de Jaël et de ses amours contrariés et chacun dominé par une figure féminine ayant marqué notre héros. Certains sont extrêmement complexes et j’avoue ne pas avoir toujours réussi à en saisir toutes les subtilités. C’est le cas pour le premier acte consacré à la figure d’Éva, jeune enfant malade enfermée dans un palais qui voit en Jaël sa seule planche de salut et l’entraîne de rêve en rêve.

Le second tableau, « Mademoiselle Belle » (déjà paru sous forme de nouvelle dans l’anthologie « Légendaire » parue en 1999), est de loin mon favori : l’auteur nous entraîne cette fois à la découverte d’un jardin enchanté où les convives et les jeux prennent une toute autre tournure à la tombée de la nuit (au programme : énigme, labyrinthe magique, jeux plus sadiques les uns que les autres, décors mystérieux et inquiétants…). Jaël poursuit ensuite ses aventures, ses rencontres (L’orage, Toujours être ailleurs) et se retrouve sans qu’on ne s’y attende dans un univers familier, contemporain (Immacolata). Cette ambiance onirique donne un charme certain au roman dont la lecture est assez déstabilisante, le lecteur comme le héros ignorant où s’arrête la réalité et ou commence le rêve.

Une expérience de lecture intéressante mais qui ne plaira certainement pas à tout le monde.